En quelques : A première vue mais à première vue seulement, La proie de l'autostop fait figure d'ovni dans la carrière de son réalisateur car il se rattache aux films de genre, et plus particulièrement de terreur, comme en témoignent la présence de David Hess (La dernière maison sur la gauche) au générique, ainsi que sa publication en DVD dans la collection "rape & revenge" d'Artus Films qui, pour le coup en a soigné l'édition qu'agrémente un livre sur cette mode parmi les plus mal aimées du bis, écrit par David Didelot qui en assure également la présentation. Et si l'amateur de sensations fortes en aura pour son argent, le film s'inscrit en réalité pleinement dans l'oeuvre de Pascale Festa Campanile qui utilise les codes du genre (viol, humiliation, vengeance) pour explorer son thème favori de la guerre des sexes à travers ce récit qui voit un couple en plein déchirement prendre en stop un psychopathe, auteur d'un casse. Avec intelligence et loin du manichéisme souvent de mise, le metteur en scène inverse les rôles, faisant de la femme (superbe et désirable Corinne Cléry), le seul personnage positif et vraiment courageux, face au tueur et son mari, que campe un Franco Nero en très grande forme, dont on découvrira qu'il n'est pas seulement un journaliste raté et machiste mais un être vil qui ne vaut pas mieux que l'autostoppeur. En cela, il s'agit d'un film profondément féministe qui voit la jeune femme prendre doublement sa revanche, sur son mari tout d'abord, lors d'un viol consenti où elle parait jouir devant celui-ci dans une séquence démentielle rythmée par la partition de Ennio Morricone, et son bourreau ensuite, qu'elle abat d'un coup de fusil. Malsain et tendu, baignant dans un voyeurisme dérangeant, La proie de l'autostop débouche aussi sur une mise en abîme de sa propre histoire lorsque Adam propose à Walter de rédiger un livre sur cette cavale. Il n'y a enfin aucune morale à attendre du film, comme l'illustre sa conclusion qui voit Nero se débarrasser de sa femme pour garder le butin !
AU PIF
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Pasquale Festa Campanile | Adulterio All'italiana (1966)
En quelques mots : Un mari trompe sa femme. Lorsqu'elle le découvre, celle-ci décide de se venger non pas en le trompant à son tour mais en lui faisant croire qu'elle lui fait porter des cornes. Voilà le point de départ de cette comédie italienne colorée aussi méconnue que jubilatoire. Nino Manfredi est remarquable en clown triste tandis que Catherine Spaak, plus ravissante que jamais dans son rôle habituelle de jeune femme émancipée et gentiment délurée, est à croquer comme une délicieuse sucrerie. Pasquale Festa Campanile imprime un rythme enlevé et égratigne avec malice et élégance les moeurs de la société italienne de l'époque et les relations entre les hommes et les femmes.
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