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Ray Enright | Ton heure a sonné (1948)


Succédant à La vallée maudite, réalisé un an plus tôt par George Waggner, Ton heure a sonné est le deuxième film né de l'association entre l'acteur Randolph Scott et le producteur Harry Joe Brown. Pour l'occasion, le comédien embauche Ray Enright qui vient alors de le diriger dans Du sang sur la piste et qu'il retrouvera quelques mois plus tard pour La descente tragique. Sous ses airs de modeste série B, Coroner Creek préfigure cependant les grands westerns que Scott enchaînera dans les années 50 sous la direction de André de Toth (Les massacreurs du Kansas, Terreur à l'ouest) et et Budd Boetticher (l'homme de l'Arizona, Comanche Station etc...) dont il constitue en quelque sorte le brouillon. Ce faisant, il fait entrer le western bis dans l'âge adulte en recourant, pour la forme, à la couleur et aux décors naturels et pour le fond, à des personnages à la psychologie plus complexe.
Méchant savoureux, George MacReady annonce les rôles tenus par Raymond Massey dans Les conquérants de Carson City ou par lui-même dans The Stranger Wore A Gun. Face à lui, Randolph Scott commence à élaborer son personnage d'homme torturé par la vengeance qui le pousse dans une quête obsessionnelle, auquel il prête son visage plus expressif qu'il n'y parait tant les émotions, les sentiments qui le traversent sont grands. Artisan modeste, Enright signe là un des meilleurs films avec Les écumeurs (1942) et Kansas en feu (1950). Les cadrages, l'éclairage des intérieurs et la manière dont les personnages entrent dans le champ offrent ainsi un travail intéressant, quand bien même ce n'est peut-être pas à son crédit qu'il faut porter ses qualités techniques. (vu le 06/11/2018)












John Sturges | Les aventuriers du désert (1949)


Les chevaux, le désert et surtout Randolph Scott ne doivent pas vous tromper, Les aventuriers du désert ressemble plus à un film noir qu'à un vrai western. L'histoire se déroule dans les années 40 et l'intrigue policière prend le pas sur la quête du trésor perdu dans les sables. Bien que réalisée par John Sturges dont c'est le premier film important, l'oeuvre porte avant tout la marque de son producteur (avec le fidèle Harry Joe Brown) et vedette, Randolph Scott donc : tournage à l'économie, récit efficace, mise en scène au cordeau etc... S'il tient en haleine tout du long, notamment grâce à son excellente distribution (avec Kennedy, Ireland et Buchanan quand même) et un noir et blanc riche en contraste, The Walking Hills se révèle pourtant inférieur aux westerns que l'acteur tournera plus tard avec Budd Boetticher (La chevauchée de la vengeance...), la faute à un ensemble un peu étriqué justement et des personnages dont le passé aurait mérité d'être plus approfondi. (vu le 30/10/2018)