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Denys de La Patellière - Le bateau d'Emile (1962)
























Le bateau d'Emile est un film assez curieux. Au départ, il y a une nouvelle de Georges Simenon dont la noirceur est diluée dans la comédie, grâce, notamment, aux dialogues de Michel Audiard.

Pierre Granier-Deferre | La cage (1975)
























J'ai vu La cage une première fois, il y a quelques années. L'oeuvre m'avait alors déçu. J'en attendais peut-être trop ou autre chose, un thriller psychologique étouffant et non pas un drame conjugal. Statique, le film m'a paru ennuyeux et creux.

Claude Pinoteau | L'homme en colère (1979)


Troisième des quatre films réalisés par Claude Pinoteau avec Lino Ventura, L'homme en colère est aussi le plus faible du lot. S'il louche vers Le silencieux, le scénario est trop confus, la mise trop impersonnelle et parfois maladroite (les flash-backs) pour partager la même réussite. On cherche en vain la marque du grand Jean-Claude Carrière dans ce simple véhicule pour un Lino qui multiplie alors les productions internationales (La grande menace, Les séducteurs...) cependant qu'autour de lui, la belle Angie Dickinson joue les utilités. Dans un rôle inquiétant comme il les a additionnés durant toute sa carrière, Donald Pleasence ne force pas trop son talent non plus. Bref, l'ensemble parait bien pantouflard comme si personne dans l'équipe ne s'était vraiment investi. S'il se suit toutefois sans ennui, le film le doit quasi exclusivement à Ventura dans la peau - encore une fois - d'un personnage solitaire et mutique, égaré dans une histoire qui le dépasse.
Malgré toute l'admiration qu'on a pour lui, on se demande quand même pourquoi le comédien a renoncé au registre humoristique (Les tontons flingueurs, Ne nous fâchons pas...) dont il ne voulait pas être prisonnier, pour finalement s'enfermer dans des thrillers, certes toujours efficaces, dans lesquels il déclinera souvent le même rôle bourru et fermé... (vu le 24/11/2018)













Robert Enrico | Les grandes gueules (1965)


Les grandes gueules, c'est déjà de vraies gueules de cinéma, celles, bien entendu, de Bourvil et de Lino Ventura mais aussi celles de tous ces seconds couteaux qu'on aime tant, de Michel Constantin à Paul Crauchet, de Jesse Hahn à Marcel Pérès. Il en résulte un film d'hommes qui s'affrontent dans une géographie rude où les femmes ne trouvent pas leur place, que ce soit Marie Dubois ou Hénia Suchar. Sorte de western vosgien en cela qu'il épouse tous les codes du genre (on pense même au Sept mercenaires), cette production franco-italienne porte l'incontestable griffe du tandem Robert Enrico / José Giovanni dont on retrouve le goût pour les histoires d'amitié virile (cf. Les aventuriers, La scoumoune...).
Rencontre de deux géants du cinéma français dans un cadre empreint d'une poésie froide et forestière, Les grandes gueules reste une oeuvre unique, rythmée par la musique de l'incontournable François de Roubaix.
















Gilles Grangier | Le rouge est mis (1957)


En quelques mots : Vieux de la vieille, Jean Gabin aimait s'entourer des mêmes personnes des deux côtés de la caméra. En cela, Le rouge est mis est très représentatif de sa façon de fonctionner, ce qui a pu agacer les tenants de la Nouvelle Vague pour lesquels un acteur n'avait pas à imposer ses choix. L'acteur confie donc cette adaptation d'Auguste Le Breton (déjà auteur de Razzia sur la chnouf) à au fidèle Gilles Grangier tandis que Michel Audiard assure scénario et dialogue. Lino Ventura (Touchez pas au grisbi), Marcel Bozzuffi (Gas-oil) ou Paul Frankeur ont tous déjà partagé l'affiche avec le patron, cependant que la jeune Annie Girardot le retrouvera dès l'année suivante dans Maigret tend un piège. Cette série noire peut compter sur le métier de chacun d'entre eux, film efficace que sa fin tragique élève au-dessus de la simple histoire de gangsters. Ajoutons à cela les dialogues percutants d'Audiard, taillés sur mesure pour les Gabin et Ventura et la vision d'un Paris à jamais disparu et vous obtenez un classique du polar des années 50 à la française.  

Pierre Granier-Deferre | Adieu poulet (1975)


En quelques mots :  S'il s'inspire d'une histoire vraie et aborde le sujet de la corruption politique, "Adieu poulet" tire cependant presque davantage vers la comédie, Francis Veber au scénario oblige, que vers le polar tendu et violent. Granier-Deferre n'est ni Costa-Gavras ni Yves Boisset et son film, tout en s'inscrivant dans une certaine tradition du cinéma engagé des années 70, manque de nerf et de nuances. Pourtant, on ne s'ennuie pas une seule seconde grâce à des dialogues percutants et surtout un casting trois étoiles qu'animent des gueules qui ont fait le charme des bobines françaises de l'époque, de Claude Rich à Victor Lanoux, de Julien Guiomar à Pierre Tornade et tous les autres. Et il y a bien sûr le tandem que composent Lino Ventura et Patrick Dewaere, duo qui fait des étincelles et justifie à lui seul le visionnage du film. D'un côté, le roc, hiératique et vieille école, de l'autre le jeune chien fou qui en fait des tonnes et bouffe l'écran comme le minou d'une fille. Différents et complémentaires, tout semble opposer personnages et comédiens qu'une évidente complicité cimente pourtant. "Adieu poulet" leur doit tout. Lino et Patrick, vous nous manquez et vous manquez au cinéma français qui a la gueule des sales jours...