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Allan Dwan | Quatre étranges cavaliers (1954)


Sous couvert d'une série B, Quatre étranges cavaliers est un western extrêmement intéressant, qui prouve qu 'un "petit" film par son budget et sa durée (moins d'une 1h20) peut être grand. Il ouvre pour Allan Dwan le dernier et meilleur chapitre de sa carrière où, associé au producteur Benedict Bogeaus, il enfile westerns (Tornade), polar (Deux rouquines dans la bagarre) et aventures (Les rubis du prince Birman), passés inaperçus à l'époque mais que les cinéphiles chérissent à raison. Malgré ses belles qualités visuelles (nombreux plans séquences, travellings à travers cette petite ville que l'on sent vivre et cette façon de montrer les extérieurs par des fenêtres), Silver Lode séduit avant tout pour son scénario, à la fois classique de par son thème cher au cinéma américain, celui du lynchage (on pense à Furie de Fritz Lang) et son récit "attentiste" basé sur une unité de temps et de lieu (comme dans Le train sifflera trois fois) et pourtant courageux dans sa charge absolument pas voilée du Maccarthysme.
Ainsi, le scénariste ne s'embarrasse pas de pincettes ni de prudence, allant jusqu'à donner au méchant le nom du tristement célèbre sénateur, lequel sera d'ailleurs tué par une balle de son propre revolver ayant ricoché sur la cloche de la liberté ! Campé par un Dan Duryea grandiose, on sent pourtant que Mc Carthy n'est que l'allumette capable d'embraser une petite bourgade minée par les préjugés et de réveiller les bas instincts de ses habitants. Ce n'est pas pour rien que Dan Ballard (John Payne, parfait) trouvera de l'aide en une fille de saloon, elle aussi considérée comme le rebut d'une société bien pensante... (Vu le 09/03/2018 / Source : enregistré sur Ciné+ Classic en 2007)
















Irving Cummings | Les Dolly Sisters (1945)


Si on retient surtout de son oeuvre, La reine des rebelles (1941), western avec Randolph Scott et Gene Tierney, Irvin Cummings reste associé aux comédies musicales de la Fox des années 40. Les Dolly Sisters est son avant-dernier film. Il retrace la véritable histoire de deux soeurs juives hongroises qui vont s'imposer comme danseuses entre la France et les Etats-Unis dans les années 10. Plus que pour ses numéros musicaux, cette production aux couleurs chamarrées doit tout à la romance constamment contrariée entre Jenny et Harry Fox, laquelle lui sert de colonne vertébrale. Si la beauté généreuse de Betty Grable lui a assuré son succès, c'est clairement John Payne qui rehausse le film de sa présence virile et tranquille. Figure rugueuse du western et du polar des années 50, il prouve ici qu'il est aussi à l'aise en poussant la chansonnette qu'avec un flingue à la main.   
















Lewis R. Foster | L'aigle et le vautour (1950)


Durant sa carrière, John  Payne a multiplié les fructueuses collaborations avec Allan Dwan, Edward Ludwig, Phil Karlson et surtout l'oublié Lewis Foster. Après le très bon El Paso, ville sans loi et le plus anecdotique Dans les mers de Chine, L'aigle et le vautour marque leur troisième association. Malgré un format de série B, le film s'élève en fait bien au-dessus de cette catégorie et ce, pour plusieurs raisons. Pour sa mise en scène inspirée. Pour son scénario malin qui coule un pur suspense d'espionnage dans un récit westernien. Pour la photo en couleurs de James Wong Howe, lui, un des maîtres du noir et blanc.
Pour la relation entre les deux héros masculins cimentée par des dialogues savoureux. Pour John Payne bien sûr, dont la présence à la fois tendue et hiératique, n'appartient qu'à lui. Pour la beauté incendiaire de Rhonda Fleming avec laquelle l'acteur forme un vrai couple de cinéma. Pour sa cruauté enfin qui culmine lors de la séquence démentielle où Payne est écartelé par des Mustangs qui galopent. | IMDb












Edward Ludwig | Le trésor des Caraïbes (1952)


Tourné dans des Caraïbes de studio en 1952, Le trésor des Caraïbes est une série B largement supérieure à la production courante de l'époque car tout y est au-dessus de la moyenne : le scénario, assez ingénieux, la mise en scène d'un Edward Ludwig toujours à l'aise avec ce genre de thème (cf. Le réveil de la sorcière rouge), une figure de pirate plus nuancée que d'habitude (Sir Cedric Hardwicke) et bien entendu il y a le charme du couple John Payne / Arlene Dahl, quand bien même on préfère lorsque le comédien est accompagné d'une autre rouquine dans la bagarre, Rhonda Fleming...
















Phil Karlson | Le 4ème homme (1952)


En quelques mots : Réalisé en 1952 par Phil Karlson, Le 4ème homme vaut mieux que son étiquette de série B, bien qu'il en respecte les codes (noir et blanc, violence sèche, mise en scène nerveuse...). Suivant une trajectoire curieuse, le film démarre comme une histoire de braquage, dans un un milieu froid et urbain, inspirant aussi bien l'Affaire Thomas Crown (Norman Jewison - 1968) que Reservoir Dogs (Quentin Tarantino - 1992) avant de dévier vers la quête vengeresse dans un décor poisseux mexicain. Karslon, dont la mise en scène efficace et sans bavure est une merveille du genre à montrer dans toutes les écoles de cinéma, prouvant en cela qu'il pouvait aisément s'élever au niveau d'un Don Siegel, trouve en John Payne l'acteur idéal, toute en colère rentrée, qu'il retrouvera d'ailleurs l'année suivante pour L'affaire de 99ème rue sur un mode (un peu plus) mineur toutefois. Kansas City Confidential tire aussi une bonne part de son charme à sa belle brochette de sales gueules entre celles, excusez du peu, de Neville Brand, Jack Elam, Lee Van Cleef ! Coleen Gray complète l'affiche, troisième côté d'un triangle tragique qu'elle incarne avec John Payne et Preston Foster. Petit budget peut-être mais un film d'une grande richesse scénaristique.