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Jerry Hopper | Alibi meurtrier (1954)


S'il serait exagéré de compter Jerry Hopper parmi les maîtres de la série B américaine des années 50, il a son actif quelques petites films non dénués de charme : deux Charlton Heston pré Dix commandements (Le triomphe de Buffalo Bill et Le secret des Incas), un western bien troussé (Le fleuve de la dernière chance) un sous Douglas Sirk avec un jeune Clint Eastwood dedans (Ne dites jamais adieu) et surtout Alibi Meurtrier.
Découvert dans la fameuse et regrettée Dernière séance d'Eddy Mitchell, il s'agit d'un film noir tourné en 1954 qui doit beaucoup à Sterling Hayden, écrasant dans la peau de ce flic retors qui, renvoyée de la police, chasse jusqu'au Mexique celui dont il devine qu'il est coupable de la mort de plusieurs de ses collègues et ce, en dépit de son alibi, d'où le titre. Ambiance poisseuse et une Gloria Grahame moite et fragile hantent ce thriller tendu qui stoppe sa route dans un bouge mexicain aux allures de fin du monde où toutes les épaves se retrouvent. Mais on imagine ce qu'un réalisateur plus efficace aurait fait d'un tel sujet... (Vu le 23/09/2018)









André De Toth | Chasse au gang (1954)


Surtout connu pour L'homme au masque de cire (1953) et pour ses westerns, notamment ceux avec Randolph Scott, La rivière de nos amours (1955) avec Kirk Douglas et surtout La chevauchée des bannis (1959), André de Toth signe avec Chasse au gang un film noir de série B mais de (très) bonne facture, au point de nous faire regretter qu'il n'ait pas davantage honoré le genre. Avec son économie de moyens coutumière, il trousse cette histoire axée sur le portrait psychologique de plusieurs personnages, dont un flic retors qui machouille continuellement un cure-dent pour éviter de fumer.
Le noir et blanc est superbe, à l'image de la réalisation souvent ingénieuse (cf. la scène où le docteur se fait tuer) et l'interprétation parfaite, assurée il est vrai par le massif Sterling Hayden ou un (alors) débutant Charles Bronson. Le film est depuis devenu un classique et a probablement influencé, comme le fait très justement remarqué Jean Tulard, un metteur en scène comme Jean-Pierre Melville.