Avant-dernière collaboration entre le réalisateur Budd Boetticher et l'acteur Randolph Scott, La chevauchée de la vengeance s'impose même comme le meilleur des sept films qu'ils ont tournés ensemble sur une période très courte, entre 1956 (Dix hommes à abattre) et 1960 (Comanche Station).
AU PIF
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Ray Enright | Ton heure a sonné (1948)
Succédant à La vallée maudite, réalisé un an plus tôt par George Waggner, Ton heure a sonné est le deuxième film né de l'association entre l'acteur Randolph Scott et le producteur Harry Joe Brown. Pour l'occasion, le comédien embauche Ray Enright qui vient alors de le diriger dans Du sang sur la piste et qu'il retrouvera quelques mois plus tard pour La descente tragique. Sous ses airs de modeste série B, Coroner Creek préfigure cependant les grands westerns que Scott enchaînera dans les années 50 sous la direction de André de Toth (Les massacreurs du Kansas, Terreur à l'ouest) et et Budd Boetticher (l'homme de l'Arizona, Comanche Station etc...) dont il constitue en quelque sorte le brouillon. Ce faisant, il fait entrer le western bis dans l'âge adulte en recourant, pour la forme, à la couleur et aux décors naturels et pour le fond, à des personnages à la psychologie plus complexe.
Méchant savoureux, George MacReady annonce les rôles tenus par Raymond Massey dans Les conquérants de Carson City ou par lui-même dans The Stranger Wore A Gun. Face à lui, Randolph Scott commence à élaborer son personnage d'homme torturé par la vengeance qui le pousse dans une quête obsessionnelle, auquel il prête son visage plus expressif qu'il n'y parait tant les émotions, les sentiments qui le traversent sont grands. Artisan modeste, Enright signe là un des meilleurs films avec Les écumeurs (1942) et Kansas en feu (1950). Les cadrages, l'éclairage des intérieurs et la manière dont les personnages entrent dans le champ offrent ainsi un travail intéressant, quand bien même ce n'est peut-être pas à son crédit qu'il faut porter ses qualités techniques. (vu le 06/11/2018)
Méchant savoureux, George MacReady annonce les rôles tenus par Raymond Massey dans Les conquérants de Carson City ou par lui-même dans The Stranger Wore A Gun. Face à lui, Randolph Scott commence à élaborer son personnage d'homme torturé par la vengeance qui le pousse dans une quête obsessionnelle, auquel il prête son visage plus expressif qu'il n'y parait tant les émotions, les sentiments qui le traversent sont grands. Artisan modeste, Enright signe là un des meilleurs films avec Les écumeurs (1942) et Kansas en feu (1950). Les cadrages, l'éclairage des intérieurs et la manière dont les personnages entrent dans le champ offrent ainsi un travail intéressant, quand bien même ce n'est peut-être pas à son crédit qu'il faut porter ses qualités techniques. (vu le 06/11/2018)
Edward Ludwig | Garde-côtes (1939)
Coast-Guard est réalisé en 1939. Toujours à l'aise avec l'aventure - personne n'a oublié son Réveil de la sorcière rouge (1948) - comme l'illustre la séquence de sauvetage maritime en ouverture, Edward Ludwig se montre en revanche moins convaincant lorsqu'il s'agit de filmer un triangle amoureux lequel, il est vrai, n'évite pas les clichés. Le coeur de Frances Dee (madame Joel McCrea à la ville) balance ainsi entre Randolph Scott et Ralph Bellamy, l'éternel ami auquel les femmes préfèrent le héros plus viril. Dans la peau de celui-ci, son partenaire est encore loin du personnage vengeur et fermé qu'il construira au gré d'admirables westerns des années 50. Curieusement, lors des scènes finales en arctique, c'est presque un second film que l'on découvre, polaire et haletant et qui sauve de justesse cette série B de la banalité. (vu le 05/11/2018)
John Sturges | Les aventuriers du désert (1949)
Les chevaux, le désert et surtout Randolph Scott ne doivent pas vous tromper, Les aventuriers du désert ressemble plus à un film noir qu'à un vrai western. L'histoire se déroule dans les années 40 et l'intrigue policière prend le pas sur la quête du trésor perdu dans les sables. Bien que réalisée par John Sturges dont c'est le premier film important, l'oeuvre porte avant tout la marque de son producteur (avec le fidèle Harry Joe Brown) et vedette, Randolph Scott donc : tournage à l'économie, récit efficace, mise en scène au cordeau etc... S'il tient en haleine tout du long, notamment grâce à son excellente distribution (avec Kennedy, Ireland et Buchanan quand même) et un noir et blanc riche en contraste, The Walking Hills se révèle pourtant inférieur aux westerns que l'acteur tournera plus tard avec Budd Boetticher (La chevauchée de la vengeance...), la faute à un ensemble un peu étriqué justement et des personnages dont le passé aurait mérité d'être plus approfondi. (vu le 30/10/2018)
Allan Dwan | L'aigle des frontières (1939)
L'aigle des frontières raconte l'histoire fameuse de Wyatt Earp et de Doc Holliday, deux personnages qui ont façonné la mythologie de l'Ouest et qui seront maintes fois évoqués au cinéma. De fait, ce western souffre de la comparaison avec La poursuite infernale de John Ford (1946) et Règlements de compte à OK Corral de John Sturges (1957), ne partageant ni le lyrisme du premier ni la force du second. Si Randolph Scott campe un Wyatt Earp convaincant, Cesar Romero fait pale figure à côté de Kirk Douglas et même de Victor Mature dont les interprétations seront bien plus tourmentées. Mais en artisan chevronné, Allan Dwan connaît son métier, signant un film truculent, avalé par la marée d'obscurité qu'étale un noir et blanc profond.
Nous avons aussi le plaisir de retrouver dans de petits rôles les indispensables John Carradine et Ward Bond. Ce n'est donc la pas meilleure adaptation de cet affrontement légendaire mais reste largement supérieure aux plus récents et lourdingues Wyatt Earp de Lawrence Kasdan et Tombstone de George P. Cosmatos, grâce notamment à son économie de moyens et le charme du cinéma des années 30. | IMDb
Nous avons aussi le plaisir de retrouver dans de petits rôles les indispensables John Carradine et Ward Bond. Ce n'est donc la pas meilleure adaptation de cet affrontement légendaire mais reste largement supérieure aux plus récents et lourdingues Wyatt Earp de Lawrence Kasdan et Tombstone de George P. Cosmatos, grâce notamment à son économie de moyens et le charme du cinéma des années 30. | IMDb
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