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LR | Black Leather Jesus + Vomir + Rien (Montreuil - 03.05.2018)
Les Instants Chavirés proposait en cette soirée du 3 mai 2018 une affiche destinée à être culte, regroupant en cela trois "cadors" de la scène Harsh Noise dont le Black Leather Jesus de Richard Ramirez pour une date unique en France. La seule présence de l'Américain est donc un événement qui a suffi à remplir la salle de Montreuil.
Äärvö | Onde | Echarde (2018)
Errant aux confins du drone, du harsh noise, du dark ambient et des musiques électroniques et industrielles, Äärvö s'est imposé comme une des entités les plus intrigantes découvertes ces derniers temps. Et une des plus fascinantes en cela que son art, indescriptible et pourtant évocateur, ne s'explique pas, se vit, se ressent, échappant de fait aux classifications.
Vomir | Untitled (2018)
"Untitled" appartient à une série de courts albums initiée par The Level Of Vulnerability, le propre label de Daniel Kozma (Necrotik Fissure, Ikuuna, Vacant Wasteland...), diffusés sous la forme de mini CDr, qu'une seule piste, plus ou moins longue, remplit.
Ia-HA-Crax | Sci Vias Homini (2018)
Coincé entre "La foi en ces murs jusqu'aux rats" du maître des lieux, Choisir le Pire et "Onde | Echarde" de Äärvö, au sein d'une triple salve aussi précieuse que décapante, "Sci Vias Homini" appartient à ces hosties qui ne laissent pas indifférents, hantant la mémoire et creusant dans la peau des stigmates aux allures de cratères béants.
Choisir le pire | La foi en ces murs jusqu'aux rats (2018)
Quatrième signe de mort de Choisir le pire, sans compter quelques enregistrements en format digital, "La foi en ces murs jusqu'aux rats" a été capturé live à Lille le 28 juin 2018, rituel sonore dont la brutalité froide et grouillante confine à une forme d'aliénation.
Camecrude | Enclave I. (2018)
Plus il progresse plus Enclave I. s’abîme dans la démence, déroulant un labyrinthe dont l’auditeur n’a pas la clé. Et son auteur non plus…
Il existe des albums, de plus en plus rares, qui creusent de profonds stigmates dans la mémoire, qui remue les boyaux comme une sonde chargée de vous ausculter pour dépister des tumeurs. Leur écoute laisse un goût amer en bouche et suinte des remugles malsains qui la rendent peu confortable. Pourtant, l’envie d’y retourner est au moins aussi grande que le malaise que ces créations inspirent, agissant comme un aimant mortifère. Celles-ci n’en sont que plus précieuses. Enclave I. compte ainsi parmi ces opus qui ne peuvent laisser indifférent, qui se vivent, se ressentent plus qu’ils ne s’appréhendent comme de simples collections de chansons.
Des morceaux, il y en a bien, dans cette masse grouillante de sonorités et de bruitages hallucinés mais, au nombre de six, collés les uns aux autres comme les différentes parties d’un corps humain entre les mains d’un sinistre baron, ils s’assemblent en un tout déglingué que l’on ne peut toutefois découper, séparer, au risque de le vider de sa substance trouble et dérangeante. Violé par les émanations oppressantes d’un harsh noise mâtiné de drone dissonant, sa défloration est pénible. Et grande est la tentation d’abandonner en cours de route l’immersion dans ses entrailles gangrenées par une folie contaminatrice. Car seul un esprit torturé a pu accoucher d’un tel pandémonium strident. Son géniteur, tapi derrière le nom de Camecrude, est Valentin Laborde, musicien pratiquant la vielle à roue et installé dans les montagnes pyrénéennes. De ce cadre et folklore géographiques, il extrait la dimension rituelle qui ronge un art marqué par la souffrance, par la douleur, jusque dans sa chair. Des incantations occitanes se mêlent aux mots écrits par Emil Cioran dans lesquels il puise un humus dépressif afin de cultiver les tourments qui le rongent (‘A l'Endarrèr çò de Maudit’). D’une certaine manière, Enclave I. est une œuvre plus égoïste que personnelle tant elle semble n’avoir été enfantée que pour seul auteur, qui y a convoqué tous ses démons réunis à travers ces images cauchemardesques et désincarnées (‘Variations sur la mort’). De fait, il y a presque quelque chose d’impudique à pénétrer cet album dont on repousse les portes comme les lèvres ténébreuses d’une caverne intime. Du coup, on prend en pleine face, en pleine âme, ce torrent de mal-être qui se déverse comme une bile corrosive. On ne sort donc pas indemne d’une telle perforation d’autant plus que celle-ci parait interminable. L’offrande donne l’impression d’être beaucoup plus longue qu’elle n’est en réalité, tant elle se répand comme une marée toxique. Dans les profondeurs de son âtre crépite un magma sonore démentiel qui allie la noirceur apocalyptique du harsh noise et la beauté souterraine de l’ambient. Car il est permis de déceler de la beauté qui s’écoule de ces fentes obscures et des psalmodies du maître des lieux (ce 'Te Dobti' qui égrène une décrépitude envoûtante). Reste que plus il progresse plus Enclave I. s’abîme dans la démence ('l'ombre de soi'), déroulant un labyrinthe dont l’auditeur n’a pas la clé. Et son auteur non plus… Son titre semble promettre un second chapitre : d'avance, on frissonne d'un effroi mêlé d'un bonheur masochiste... (12/12/18)
Il existe des albums, de plus en plus rares, qui creusent de profonds stigmates dans la mémoire, qui remue les boyaux comme une sonde chargée de vous ausculter pour dépister des tumeurs. Leur écoute laisse un goût amer en bouche et suinte des remugles malsains qui la rendent peu confortable. Pourtant, l’envie d’y retourner est au moins aussi grande que le malaise que ces créations inspirent, agissant comme un aimant mortifère. Celles-ci n’en sont que plus précieuses. Enclave I. compte ainsi parmi ces opus qui ne peuvent laisser indifférent, qui se vivent, se ressentent plus qu’ils ne s’appréhendent comme de simples collections de chansons.
Des morceaux, il y en a bien, dans cette masse grouillante de sonorités et de bruitages hallucinés mais, au nombre de six, collés les uns aux autres comme les différentes parties d’un corps humain entre les mains d’un sinistre baron, ils s’assemblent en un tout déglingué que l’on ne peut toutefois découper, séparer, au risque de le vider de sa substance trouble et dérangeante. Violé par les émanations oppressantes d’un harsh noise mâtiné de drone dissonant, sa défloration est pénible. Et grande est la tentation d’abandonner en cours de route l’immersion dans ses entrailles gangrenées par une folie contaminatrice. Car seul un esprit torturé a pu accoucher d’un tel pandémonium strident. Son géniteur, tapi derrière le nom de Camecrude, est Valentin Laborde, musicien pratiquant la vielle à roue et installé dans les montagnes pyrénéennes. De ce cadre et folklore géographiques, il extrait la dimension rituelle qui ronge un art marqué par la souffrance, par la douleur, jusque dans sa chair. Des incantations occitanes se mêlent aux mots écrits par Emil Cioran dans lesquels il puise un humus dépressif afin de cultiver les tourments qui le rongent (‘A l'Endarrèr çò de Maudit’). D’une certaine manière, Enclave I. est une œuvre plus égoïste que personnelle tant elle semble n’avoir été enfantée que pour seul auteur, qui y a convoqué tous ses démons réunis à travers ces images cauchemardesques et désincarnées (‘Variations sur la mort’). De fait, il y a presque quelque chose d’impudique à pénétrer cet album dont on repousse les portes comme les lèvres ténébreuses d’une caverne intime. Du coup, on prend en pleine face, en pleine âme, ce torrent de mal-être qui se déverse comme une bile corrosive. On ne sort donc pas indemne d’une telle perforation d’autant plus que celle-ci parait interminable. L’offrande donne l’impression d’être beaucoup plus longue qu’elle n’est en réalité, tant elle se répand comme une marée toxique. Dans les profondeurs de son âtre crépite un magma sonore démentiel qui allie la noirceur apocalyptique du harsh noise et la beauté souterraine de l’ambient. Car il est permis de déceler de la beauté qui s’écoule de ces fentes obscures et des psalmodies du maître des lieux (ce 'Te Dobti' qui égrène une décrépitude envoûtante). Reste que plus il progresse plus Enclave I. s’abîme dans la démence ('l'ombre de soi'), déroulant un labyrinthe dont l’auditeur n’a pas la clé. Et son auteur non plus… Son titre semble promettre un second chapitre : d'avance, on frissonne d'un effroi mêlé d'un bonheur masochiste... (12/12/18)
KröniK | Chier / Choisir le pire - La jeune fille et la mort (2018)
Si tous les artisans du harsh noise se confondent avec des stakhanovistes diarrhéiques, Chier se montre plus fertile encore, auteur d'une oeuvre pléthorique qu'il ne cesse d'enrichir car incapable de retenir bien longtemps sa semence aussi funéraire que nihiliste, aussi vicieuse que goudronneuse, dont il tapisse les murs de l'âme de ceux qui l'avalent comme une hostie licencieuse au goût d'interdit. Ainsi, après avoir enfanté (entre autres) le gigantesque "Putrescence" dont la vermine se répandait sur trois tapes éditées par Ominous Recordings pour près de trois heures d'un mur sinistre de putréfaction, Matthieu Wagner s'associe au jeune pousse Choisir le pire le temps d'une alliance qui n'est en réalité que pour moitié inédite.
En effet, "La jeune fille et la mort" est une piste qui a déjà été publiée en 2015 sous format digital uniquement. Pour l'occasion, Le Tombeau des muses a l'excellente idée de lui offrir un écrin magnétique, orné d'un nouveau visuel particulièrement réussi. Durant plus de dix-huit minutes, c'est un rempart crépitant et massif qui se dresse dans toute sa force noire, écrasante et statique, bande-son d'un monde rongé par la pourriture, qui s'effondre en un cataclysme hypnotique. De ce fracas immersif reflue un pur magma harsh noise wall qui emporte tout en nous plongeant dans une nuit opaque dont les tentacules fouaillent les chairs à vif. Invité sur l'autel par le maître de cette cérémonie apocalyptique, Choisir le pire se lance en face B sur une ré-interprétation de 'La jeune fille et la mort' qu'il s'approprie en l'enkystant de miasmes plus bruitistes encore. En lui injectant une brutalité éprouvante, l'élève ouvre les abysses comme un vagin édenté. La terre tremble sous les secousses de ce HNW atomique et dévasté qui ne laisse dans son sillage qu'un mausolée de cendres au goût de rouille. Si elle conserve la puissance souterraine et crépusculaire de son patron ainsi que cette aura nécrophile, cette relecture permet à CLP d'imprimer sa marque à la manière de stigmates grouillants qui suintent des émanations aussi corrosives que polluées. Bel objet tant sonore que visuel élaboré comme un tout, cette collaboration se révèle indispensable, réveillant la sève perverse de cette 'jeune fille et la mort' aux multiples visages... (03/09/2018)
En effet, "La jeune fille et la mort" est une piste qui a déjà été publiée en 2015 sous format digital uniquement. Pour l'occasion, Le Tombeau des muses a l'excellente idée de lui offrir un écrin magnétique, orné d'un nouveau visuel particulièrement réussi. Durant plus de dix-huit minutes, c'est un rempart crépitant et massif qui se dresse dans toute sa force noire, écrasante et statique, bande-son d'un monde rongé par la pourriture, qui s'effondre en un cataclysme hypnotique. De ce fracas immersif reflue un pur magma harsh noise wall qui emporte tout en nous plongeant dans une nuit opaque dont les tentacules fouaillent les chairs à vif. Invité sur l'autel par le maître de cette cérémonie apocalyptique, Choisir le pire se lance en face B sur une ré-interprétation de 'La jeune fille et la mort' qu'il s'approprie en l'enkystant de miasmes plus bruitistes encore. En lui injectant une brutalité éprouvante, l'élève ouvre les abysses comme un vagin édenté. La terre tremble sous les secousses de ce HNW atomique et dévasté qui ne laisse dans son sillage qu'un mausolée de cendres au goût de rouille. Si elle conserve la puissance souterraine et crépusculaire de son patron ainsi que cette aura nécrophile, cette relecture permet à CLP d'imprimer sa marque à la manière de stigmates grouillants qui suintent des émanations aussi corrosives que polluées. Bel objet tant sonore que visuel élaboré comme un tout, cette collaboration se révèle indispensable, réveillant la sève perverse de cette 'jeune fille et la mort' aux multiples visages... (03/09/2018)
4/5
KröniK | Choisir Le Pire - (2017)
Entité basée à Metz, Choisir Le Pire nous offre son premier signe de mort. Celui-ci ne porte aucun titre, seulement un trait. Trait d'union ? Symbole de vide, de néant, de négation ? Chacun l'interprétera à sa façon, tout comme cet opus dont la matière bruitiste ouvre la porte à tous les ressentis, à tous les sentiments. Désolation, décrépitude, mort, haine, rage, voilà à quoi renvoie cet essai hermétique qui semble être avalé par une obscurité épaisse comme une marée noire, plongée sans espoir de retour ans les entrailles ferrugineuses de l'indicible. Entre Harsh Noise (Wall) et Power Electronics, Choisir Le Pire balaie le spectre effroyable d'une noirceur insondable.
Editée en cassette par Le Tombeau des Muses, propre label du maître de cérémonie, la bestiole arbore plusieurs visages néanmoins complémentaires car toujours corrosifs et corrompus. Ainsi, les sonorités froides et grouillantes qui rongent 'De Charybde en Scylla', cèdent brutalement la place à une pure déflagration Harsh Noise avec 'Oracle - Vivre par l'épée', qui dresse un mur infranchissable lardé de fissures desquelles suinte une lointaine et pourrissante beauté. Power Electronics viciée et chaotique, 'Réaction | Invariable' charrie une tension insoutenable et malsaine qui s'infiltre en nous tel une lèpre empoisonnée évocatrice de ruines et de monstres de ferrailles. Mais c'est bien quand il libère la puissante crépitante d'un Harsh Noise sismique, témoin le gigantesque 'Orbe I' ou le plus torturé encore ('Orbe II'), que le projet atteint sa pleine démesure. Ce faisant, il s'impose comme un artisan à suivre de près car déjà riche de belles et mortifères promesses. Choisir Le Pire pousse la porte de sous-sols humides, antre de toutes les peurs et de tous les tourments de l'âme humaine. (27/04/2018)
Editée en cassette par Le Tombeau des Muses, propre label du maître de cérémonie, la bestiole arbore plusieurs visages néanmoins complémentaires car toujours corrosifs et corrompus. Ainsi, les sonorités froides et grouillantes qui rongent 'De Charybde en Scylla', cèdent brutalement la place à une pure déflagration Harsh Noise avec 'Oracle - Vivre par l'épée', qui dresse un mur infranchissable lardé de fissures desquelles suinte une lointaine et pourrissante beauté. Power Electronics viciée et chaotique, 'Réaction | Invariable' charrie une tension insoutenable et malsaine qui s'infiltre en nous tel une lèpre empoisonnée évocatrice de ruines et de monstres de ferrailles. Mais c'est bien quand il libère la puissante crépitante d'un Harsh Noise sismique, témoin le gigantesque 'Orbe I' ou le plus torturé encore ('Orbe II'), que le projet atteint sa pleine démesure. Ce faisant, il s'impose comme un artisan à suivre de près car déjà riche de belles et mortifères promesses. Choisir Le Pire pousse la porte de sous-sols humides, antre de toutes les peurs et de tous les tourments de l'âme humaine. (27/04/2018)
4/5
KröniK | V/A - La gamme du vide (2018)
Tirant son nom de l'auteur du Précis de décomposition, Cioran Records offre avec "La gamme du vide", une somme agglomérant neuf projets et autant d'approches du pessimiste et du nihilisme. Parler de compilation serait pour le moins réducteur tant cet ensemble massif tient au final davantage de la collaboration entre des explorateurs du son aussi différents que complémentaires. L'entreprise balaie un spectre effrayant allant du Harsh noise au Dark ambient en passant par le drone en un kaléidoscope de sonorités et d'images tour à tour terrifiantes ou fantomatiques, désespérées parfois, perturbantes toujours.
Sa nature s'y prêtant, nous allons donc nous plonger successivement dans le fruit de chacun des neuf protagonistes quand bien même c'est dans son entièreté démentielle que "La gamme du vide" prend toute sa (dé)mesure hallucinée. Stase:Orgone pousse les portes de cet asile avec 'Abolir l'âme, ses aspirations et ses abîmes', pièce stridente et bourdonnante dans les viscères de laquelle copulent bande-son industrielle et Harsh Noise oppressante. Dans une veine plus maladive et polluée encore, Un Regard Froid fait de 'Le vide parasite les murs / les murs dévorent le vide' un pandémonium bruitiste entre noise pestilentiel et power electronics gangreneuse, le tout étant rongé par une folie immersive. Pour sa part, Vomir fait ce qu'il sait faire de mieux, du pur HNW, mur statique de parasites qui confine à une forme de transe immobile. Suivent au centre du menu les participations de Macadam Charogne et son rituel qui fourmillent de miasmes electro noise, The Processus et ses deux pistes où s'emboîtent pistons mécaniques et démence corrosive et Viande à Viol dont le 'Trois fois rien et Rien de tes Morts' grouille d'ondes grésillantes et monotones. Puis avec Ouro, "La gamme du vide" entame sa troisième et dernière partie, entre drone et dark ambient. Plus posée peut-être mais pas moins sombre et désincarnée, témoin ce '[...]' dont la trame, hantée par des voix lointaines, est perturbée par un souffle funèbre comme échappée d'une architecture de fer abandonnée. Opasse livre avec 'Malconfort' une longue plage enveloppée d'ambiances spectrales aux allures de lente et paroxysmique élévation qui débouche sur un monde au bord du néant peuplé de fantômes et d'esprits échappés d'un gouffre mortifère. L'écoute meurt avec le curieux 'Sur les cimes du Styx' que Camecrude tricote grâce à des effluves étranges, presque spatiales et irréelles. "La gamme du vide" est une plongée dans les abîmes insondables de l'indicible, variations bruitistes et mortuaires sur un même thème nihiliste. 4/5 (08/04/2018)
Sa nature s'y prêtant, nous allons donc nous plonger successivement dans le fruit de chacun des neuf protagonistes quand bien même c'est dans son entièreté démentielle que "La gamme du vide" prend toute sa (dé)mesure hallucinée. Stase:Orgone pousse les portes de cet asile avec 'Abolir l'âme, ses aspirations et ses abîmes', pièce stridente et bourdonnante dans les viscères de laquelle copulent bande-son industrielle et Harsh Noise oppressante. Dans une veine plus maladive et polluée encore, Un Regard Froid fait de 'Le vide parasite les murs / les murs dévorent le vide' un pandémonium bruitiste entre noise pestilentiel et power electronics gangreneuse, le tout étant rongé par une folie immersive. Pour sa part, Vomir fait ce qu'il sait faire de mieux, du pur HNW, mur statique de parasites qui confine à une forme de transe immobile. Suivent au centre du menu les participations de Macadam Charogne et son rituel qui fourmillent de miasmes electro noise, The Processus et ses deux pistes où s'emboîtent pistons mécaniques et démence corrosive et Viande à Viol dont le 'Trois fois rien et Rien de tes Morts' grouille d'ondes grésillantes et monotones. Puis avec Ouro, "La gamme du vide" entame sa troisième et dernière partie, entre drone et dark ambient. Plus posée peut-être mais pas moins sombre et désincarnée, témoin ce '[...]' dont la trame, hantée par des voix lointaines, est perturbée par un souffle funèbre comme échappée d'une architecture de fer abandonnée. Opasse livre avec 'Malconfort' une longue plage enveloppée d'ambiances spectrales aux allures de lente et paroxysmique élévation qui débouche sur un monde au bord du néant peuplé de fantômes et d'esprits échappés d'un gouffre mortifère. L'écoute meurt avec le curieux 'Sur les cimes du Styx' que Camecrude tricote grâce à des effluves étranges, presque spatiales et irréelles. "La gamme du vide" est une plongée dans les abîmes insondables de l'indicible, variations bruitistes et mortuaires sur un même thème nihiliste. 4/5 (08/04/2018)
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