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KröniK | Whitesnake - Live... In The Heart Of The City (1980)


Avec Live… In The Heart Of The City, Whitesnake offre l’un des plus grands lives de l’histoire du hard rock.

Il est de bon ton pour un groupe d’offrir un live après avoir publié quelques albums, soit pour marquer une pause ; soit parce qu’il a alors atteint une certaine osmose le lui permettant. En gravant ce Live… In The Heart Of The City légendaire, Whitesnake entre plutôt dans la seconde catégorie. Le groupe est alors à son apogée car il est conduit par son meilleur line-up : David Coverdale au chant (forcément !), Bernie Mardsen et Micky Moody aux guitares, Neil Murray à la basse, Jon Lord aux claviers et Ian Paice à la batterie.

On peut difficilement rêver mieux. En outre, ce live s’inscrit en héritier d’une longue tradition initiée par Deep Purple, dont Coverdale, Lord et Paice furent des membres quelques années auparavant, et qui fût un des premiers combos à enregistrer des lives régulièrement (Made In Japan, Made In Europe). Cet album n’a pas été capturé sur une seule date (ce qui est rarement le cas) mais sur trois concerts à l’Hammersmith de Londres (deux en 1980 et un en 1978) ; et délivre 11 des meilleurs morceaux du groupe extraits essentiellement de Snakebite, Trouble, Lovehunter et surtout Ready An’ Willing, ainsi que deux classiques issus du répertoire du Pourpre profond (“ Might Just Take Your Life ” et le superbe “ Mistreated ” pour une très bonne interprétation, à laquelle il manque toutefois la présence sombre et unique de Ritchie Blackmore). Du fait, Live… In The Heart Of The City a des allures de best of, tous les brulôts étant joués, d’une manière fidèle et somptueuse : les énergiques “ Come On ”,  “ Sweet Talker ” et “ Ready An’ Willing ” ; les grandioses “ Walking In The Shadow Of The Blues “  et “ Love Hunter ”, dans une version dantesque de plus de dix minutes, et dont les racines blues sont encore davantage accentuées sur scène. L’imparable “ Fool For You Loving ” qui a permis la même année à Whitesnake de lui ouvrir la porte des charts ne manque bien sûr pas à l’appel, tout comme l’énorme “ Ain’t Gonna Cry No More ”, l’efficace “ Take Me With You ”, sans oublier “ Ain’t No Love In The Heart Of The City ”, gorgé de feeling. Coverdale livre tout au long de ces titres une performance impeccable quand bien même elle impressionne moins que lorsqu’il était dans Deep Purple. Les cinq autres musiciens ne sont pas en reste non plus : Mardsen et Moody brillent de mille feux, Lord se déchire avec ses claviers et Murray et Paice forgent une rythmique solide. Avec Live… In The Heart Of The City, Whitesnake offre l’un des plus grands lives de l’histoire du hard rock. Il constitue enfin un témoignage scénique rare de la première partie de carrière (la meilleure) du groupe. (2006)


KröniK | West, Bruce & Laing - Live 'n' Kickin' (1974)


Troisième et dernier album de ce power-trio, Live ‘n’ Kickin’, comme son nom l’indique, est donc un live. Mais contrairement à la plupart des albums de ce type, il ne s’agit pas d’un best of déguisé, le track listing ne se résumant qu’à quatre morceaux seulement, chacun étant d’une durée conséquente à la manière de ce qui se faisait dans les années 70. De plus, aucune chanson n’est extraite du second (et meilleur) disque, Whatever Turns You On (1973).
Malgré tout, et même s’il ne constitue donc pas l’album adéquat pour découvrir le groupe, Live ‘n’ Kickin’ demeure un bon live où éclate le talent de ses membres, du jeu de guitare bluesy et parfois furieux de l’imposant Leslie West (c’est lui qui se taille d’ailleurs la part du lion) à la batterie de Corky Laing en passant par les lignes de basse du légendaire Jack Bruce. Les meilleurs titres sont aussi les deux plus longs car ils prennent des allures de jams : “ Play With Fire ” (des Rolling Stones) et surtout “ Powerhouse Sod ”. (2006)



KröniK | Rainbow - Memories In Rock II (2018)


Suscitant des réactions généralement embarrassées quand elle n'est pas franchement raillée, il est fréquent de lire un peu partout que la résurrection de Rainbow est un naufrage au point d'affirmer que Ritchie Blackmore aurait été plus inspiré de se contenter de son rôle de ménestrel au lieu d'abîmer sa légende. Mais que reproche-t-on au juste à l'ombrageux guitariste ? Premièrement, de ne pas avoir réellement reformé l'Arc-en-Ciel puisque aucun des (nombreux) membres ayant autrefois participé à l'une de ses (nombreuses) incarnations, n'a été invité à le rejoindre pour ce nouveau et dernier chapitre.
C'est oublier que Rainbow n'a jamais été un vrai groupe mais avant toute chose le jouet de l'ex Deep Purple qui en a toujours fait qu'à sa tête, usant les musiciens comme les cordes de sa Fender. Corollaire de ce grief qui n'en est donc pas un, la troupe qui l'accompagne ne serait pas à la hauteur des line-up précédents. Certes le jeu du batteur David Keith manque cruellement de patate. Mais ni Bob Nouveau et sa basse toute en rondeurs ni Jens Johansson qui fait le job sans forcer son talent ne déméritent et encore moins Ronnie Romero dont l'aisance ne peut qu'impressionner. Surtout cessons de le comparer avec l'incomparable, c'est-à-dire avec l'inégalable Ronnie James Dio que la mort a porté au rang de dieu. Rappelons que Graham Bonnet, Joe Lynn Turner et Doogie White ont eux aussi en leur temps fait les frais de cette comparaison. Bref d'aucuns se complaisent à ranger cette réunion au niveau d'un quelconque tribute band, certains allant même jusqu'à prétendre que ceux-ci sonnent parfois mieux que ce Rainbow déformé. Ils ont peut-être la puissance mais il leur manque l'âme du groupe qui ne peut être incarnée que par Blackmore lui-même. Ce qui nous conduit au dernier point, le plus pénible car, en dépit de toute la dévotion qu'il nous inspire, il faut bien admettre que l'Homme en noir, les doigts perclus d'arthrose, ne possède plus sa légendaire dextérité, jouant plus lentement (ce n'est pas grave) ou simplifiant ses interventions quand il ne bousille pas certains de ses soli (ça l'est plus). Il suffit d'écouter les versions de 'Spotlight Kid' ou de 'Child In Time', proposées par « Memories In Rock II », que sauvent cependant le claviériste Suédois, qui semble pallier les passagères carences du maître, pour mesurer combien celui-ci peine parfois à honorer son répertoire. Mais s'il a perdu en vélocité, encore que ce 'Burn' volcanique infirme quelque peu cette impression, il a incontestablement gagné en feeling. De fait, à l'instar des deux précédents lives publiés depuis la reformation, cet enregistrement capturé durant les concerts en terre anglaise de l'été 2017, atteint ses moments les plus magiques lorsque le guitar hero fait parler l'émotion plus que la poudre, témoins les 'Mistreated', 'Catch The Rainbow' '16th Century Greensleeves', 'Temple Of The King' ou 'Carry On Jon', l'hommage à Jon Lord qu'il a composé pour Blackmore 's Night et, dans une veine plus épique, 'Stargazer'. Bénéficiant d'une meilleure enveloppe sonore que « Live In Birmingham », ce nouveau signe de vie scénique de Rainbow permet également au claviériste de Stratovarius et ex Yngwie Malmsteen de se montrer extrêmement volubile, notamment sur un 'Difficult To Cure' dont il remplit presque à lui seul le quart d'heure ! Poussive pour les grincheux, cette incarnation de l'Arc-En-Ciel, malgré ses défauts, n'est au final pas sans charme et on se surprend même à s'habituer à ces relectures plus lentes, moins vivantes peut-être, que les versions originales mais pas moins belles en définitive avec leurs maladresses qui les rendent presque touchantes. Et puis, même s'il a perdu de sa superbe, Ritchie reste cette force sombre qui emporte tout. A noter que le menu de "Memories In Rock II" est complété par les trois titres gravés récemment en studio dont 'Waiting For A Sun', chroniqué ans ses pages et enrichi d'un DVD gavé d'interviews. Indispensable pour les (vrais) fans du troubadour ! 4/5 (16/04/2018)






KröniK | Rainbow - Live In Birmingham 2016 (2017)


Au moment de chroniquer "Memories In Rock", premier témoignage live de cette nouvelle incarnation (plutôt que reformation) de Rainbow, nous regrettions que les deux performances allemands aient été choisies au détriment du gig britannique qui dévoilait pourtant quelques jours plus tard un groupe déjà mieux rôdé, plus mordant surtout. Parallèlement à la nouvelle (petite) série de concerts estivaux, signe que le taciturne guitariste est heureux de cette escapade électrique en dehors du giron d'un Blackmore's Night qui fête aussi cette année ses vingt ans de carrière, Eagle Records a donc la bonne idée de publier sous la forme d'un double live ce show qui s'est tenu à Birmingham le 25 juin 2016.
Si la prise de son manque de pêche, ne rendant pas justice au travail de chacun des musiciens, son écoute confirme que cette formation gagne en puissance au fil des dates, se révèle plus en place à l'image d'un Ritchie moins tendu que lors des échauffements allemands. Par rapport à ceux-ci, la setlist a été enrichie de deux titres de Deep Purple (encore !) mais s'agissant de 'Soldier Or Fortune', que le ténébreux moustachu a par ailleurs souvent revisité avec Candice Night, et de 'Burn', inutile de dire que cet ajout ne peut que nous ravir, d'autant que les versions proposées ne manquent ni de justesse (pour le premier) ni de vigueur (pour le second). Et puis quel pied de revoir Blackmore interpréter cet hymne emblématique de l'ère Coverdale ! Alors bien entendu, le maître de cérémonie ne possède plus sa dextérité, son doigté nerveux (l'homme a de l'arthrose, ne l'oublions pas) qui étaient encore les siens en 1995 lorsqu'il relançait (déjà) l'Arc-en-ciel avec Doogie White au chant, offrant aujourd'hui une relecture au ralentie (poussive dirons les râleurs) de brûlots qui mériteraient il est vrai une rythmique plus hard que rock , laquelle permettrait alors de propulser le jeu néanmoins toujours aussi flamboyant de Ritchie. Ceci explique pourquoi ce sont les compositions les plus atmosphériques ('Mistreated', 'Catch The Rainbow) ou les plus lentes ('Perfect Strangers', 'Stargazer') qui résistent le mieux à cette nouvelle mouture, laquelle se fend en outre d'un 'Child In Time' incandescent car zébré d'un solo de guitare enflammé. Reste que, plus qu'à un tribute band, comme le prétendent certaines mauvaises langues, on a (presque) l'impression d'avoir à faire à un Blackmore's Night revisitant le répertoire passé de son leader, le chant féminin en moins (sauf pour les choeurs) et l'organe de feu de Ronnie Romero en plus dont on comprend pourquoi il a été préféré à un Joe Lynn Turner, par exemple, capable de tout chanter, aussi bien du Gillan que du Dio. Avec une autre section rythmique (Bob Nouveau et David Keith sont plus à leur place au milieu des ménestrels, ce qui n'enlève rien à leur savoir-faire) et tout en confirmant Jens Johansson derrière les claviers, ce Rainbow pourrait davantage emporter l'adhésion, susciter sinon la passion au moins l'intérêt plutôt que cet accueil tiède, cette indifférence polie que beaucoup lui opposent. Les nouveaux concerts et l'espoir d'un nouvel opus permettront peut-être au groupe de s'imposer dans le coeur des fans. Souhaitons-le car l'homme en noir mérite mieux comme épitaphe que cette reformation en demi teinte. Ne faisons toutefois pas la fine bouche face à ce "Live In Birmingham 2016" au demeurant savoureux grâce à un Blackmore toujours impérial même un peu rouillé, dont l'empreinte sombre et brutale fera à jamais la différence avec Steve Morse et tous ceux qui entendent l'imiter. 3.5/5 (2017) | Facebook






KröniK | Galactic Travellers - Live - 1975 (2014)


Si la présence dans ses rangs de l'ex Reverend Bizarre, Kimo Karki, lui a conféré une exposition dont il n'aurait peut-être pas bénéficié sans lui, le fait est qu'on aurait tort de ne réduire E-Musikgruppe Lux Ohr qu'au seul guitariste. En effet le groupe, bien que collégial, reste avant tout le jouet de Jaakko Penttinen et Ismo Virta, qui n'ont de cesse de rendre hommage à la kosmische musik allemande des années 70 y compris en dehors du giron maternel, comme le démontre Galactic Travellers, leur projet parallèle.
Avec ce dernier, ils osent même aller encore plus loin dans l'exploration de cet art cosmique. Ce "Live – 1975", uniquement édité en format digital, porte ainsi bien son nom, non parce qu'il a été capté cette année-là (son enregistrement date en réalité de février 2014 !) mais parce que son écoute donne l'impression d'avoir affaire à une quelconque relique déterrée par des archéologues du Krautock. Découvrir l'objet sans aucune information pourrait laisser croire qu'il s'agit en fait d'un concert que Klaus Schulze aurait donné au milieu des années 70, à l'époque de "Moondawn", "Body Love" et "Mirage" soit la période la plus spatiale de l'ex Ash Ra Tempel. Il suffit de fermer les yeux pour être transporté quarante ans en arrière. Même feeling, même patine sonore soyeuse et cosmique. Orgue Farfisa, Moog... La simple évocation des claviers utilisés suffit à donner des frissons, à évoquer la toile bourgeonnante que tricotent les deux Finlandais, démiurges d'une trame qui semble s'étirer à l'infini, tapissant l'espace d'une myriade de sons électroniques dont le caractère répétitif lui confère des allures de transe hypnotique. Que ce live ne soit composé que d'une seule et unique piste d'une demi-heure n'étonne pas, cadre idéal pour ce type d'exploration, de voyage dans les étoiles, au fin fond du cosmos, longue plainte quasi immobile qui déploie sa toile grouillante. Cela pourrait être lassant et tourner à vide mais il réussit pourtant à captiver tout du long car, avec un brio rare, Penttinen et Virta parviennent à capter l'essence même de cette musique belle et inquiétante à la fois, envoûtante et hantée. Happening sonore, cet enregistrement nous entraîne loin, très loin, vers des sphères célestes, vers l'Absolu. Le temps paraît suspendu, presque figé. Capturé lors d'une soirée à Turku, ce live ne peut que séduire les amoureux de cette musique électronique allemande finalement intemporelle... 4/5 (2014)


KröniK | Rainbow - Memories In Rock : Live In Germany (2016)


Les 17, 18 (en Allemagne) et 25 juin (à Birmingham) marquent le retour de Ritchie Blackmore sous les couleurs de l'arc-en-ciel. Ces trois dates sont événementielles car cela fait alors vingt ans que l'homme en noir n'a pas foulé une scène en dehors du giron acoustique qu'il forme avec sa muse Candice Night depuis 1997 et ce quand bien même il n'a pas manqué de visiter régulièrement son ancien répertoire, en studio ('Child In Time' sur « The Village Lanterne », 'Temple Of The King' sur « Dancer And The Moon ») ou en live, occasions pour lui de ressortir sa légendaire Stratoscaster blanche pour le plus grand plaisir des fans parmi lesquels nombreux sont ceux à n'avoir jamais fait le deuil de son passé électrique. S'ils se sont soldés par un chaleureux succès, ces trois concerts n'en non pas moins fait râler les éternels grincheux. Premier reproche fait à Ritchie, cette réunion est moins une reformation de Rainbow à laquelle aucun ancien membre, hormis le maître des lieux bien entendu, ne prend part, que la réunion de musiciens, dont la plupart jouent (le batteur David Keith, Candice aux choeurs et jamais bien loin de sa légende de mari) ou ont joué (le bassiste Bob Nouveau aka sir Robert Of Normandie, Jens Johansson de Stratovarius en tant qu'invité sur « Under The Violet Moon ») avec Blackmore's Night, autour du ténébreux guitariste. C'est oublier que celui-ci a toujours préféré s'entourer d'un personnel neuf plutôt que de faire appel à de vieux combattants, comme ce fut le cas en 1995 lorsqu'il relança le groupe suite à son départ de Deep Purple, s'entourant alors de jeunes loups et non pas des Joe Lynn Turner, Bobby Rondinelli et consorts qui n'attendaient pourtant que cela. Deuxième reproche, Ronnie Romero (Lords Of Black) fait pale figure à côté de tous ces grands chanteurs qui ont accompagné Ritchie, de Ian Gillan à Dio, de David Coverdale à Graham Bonnet, grief sur lequel nous reviendrons plus loin. Troisième et dernier regret, justifié celui-ci, la setlist retenue ne sort jamais des sentiers battus quand nombre de pépites, extraites de « Down To Earth »,« Straight Between The Eyes » ou même « Stranger In Us All » moins connues auraient facilement pu s'y glisser à la place d'hymnes purpleliens qui représentent à eux seuls une bonne moitié du programme ! Là encore, quitte à revisiter le riche répertoire de Deep Purple, pourquoi ne pas avoir remplacé les «'Perfect Strangers', 'Black Night' et autre 'Smoke On The Water' archi rabachés par des titres issus de « Stormbringer » ou de l'injustement oublié «Slaves And Masters » que le six-cordiste tient pourtant pour un de ses préférés ? Edité en plusieurs formats (CD et/ou DVD avec ou sans livre), « Memories In Rock : Live In Germany » pioche comme son nom l'indique dans les deux concerts allemands. Quoiqu'on aurait préféré qu'il privilégie la date britannique qui a vu le groupe briller encore davantage, ce live ne peut que ravir les inconditionnels de l'ombrageux troubadour. Le menu démarre avec 'Highway Star' suivi de 'Spotlight Kid' dans des versions qu'on a connu plus mémorables. Alors qu'il a toujours eu besoin de un ou deux titres pour s'échauffer, l'Homme en noir paraît tout d'abord qui plus est crispé, presque rouillé et il faut attendre l'immense 'Mistreated' pour que son jeu flamboyant se réveille vraiment. Difficile, cette composition mythique permet en outre de mesurer le talent de Ronnie Romero qui se frotte avec aisance à ce classique, quand bien même, il n'égale pas tout à fait ses aînés, Glenn Hughes en tête dont on a encore en mémoire certaines interprétations atomiques en solo. A ce titre, qui peut affirmer que le vocaliste, malgré un déficit en charisme et une attitude scénique parfois agaçante dans sa manière d'haranguer le public, n'assure pas son rôle ? Capable aussi bien d épouser les lignes vocales de Dio, Turner, Coverdale ou Gillan, ce qui n'est pas donné à tout le monde, reconnaissons-le, sa performance n'est émaillée d'aucune vraie faiblesse, ce qui n'est pas non plus un mince exploit lorsque l'on se trouve dans le viseur d'une forte personnalité de l'acabit de Blackmore, pas vraiment réputé pour être bienveillant avec ceux qui l'accompagnent ! Alignant les habituels 'Since You've Gone ', 'Long Live Rock'n'Roll', 'Man On The Silver Mountain', le canevas de ces concerts se révèle certes avare en réelle surprise, reste que pouvoir admirer, peut-être pour une des dernières fois, le maestro se frotter à l'émotionnel 'Catch The Rainbow' ou à l'épique 'Stargazer', n'a pas de prix. Ce sont d'ailleurs les pièces les plus lentes, les plus longues qui lui permettent de démontrer que son touché unique demeure intact et inimitable. 'Child In Time', couplé à « Woman From Tokyo' et 'Perfect Strangers' complètent cette envoûtante série. Au final, si « Memories In Rock » ne détrônera jamais dans notre cœur « On Stage » ou « Live In Munich 1977 » et que la comparaison avec le « Boston 1981 », édité au même moment ne joue pas forcément en sa faveur, on ne saurait bouder notre plaisir à son écoute d'autant plus que, si quelques dates supplémentaires sont dors-et-déjà envisagées, une reformation durable semble hautement improbable. Ce qu' on ne peut que regretter, surtout quand on sait que Ritchie a composé ces dernières années plus de deux cents titres dans cette veine électrique, sans doute condamnés à rester dans ses tiroirs... 4/5 (2016)


                                   

Satyricon | Live At The Opera (2015)


Que Satyricon ait décidé de s'associer le temps d'une seule performance qui s'est tenue le 8 septembre 2013 à Olso, avec le choeur d'un opéra, est-il en cela si surprenant ? Ceux qui suivent le groupe depuis plus de vingt ans maintenant répondront sans doute par la négative, l'hydre à deux têtes ayant très tôt dans sa carrière choisi de briser les chaînes du pur Black Metal pour expérimenter, quitte à décevoir ("Rebel Extravaganza"). De fait, véritables rock-stars du genre, les Norvégiens ont depuis longtemps déserté l'underground, scellant ainsi en 2006 leur destinée à celle de Roadrunner sans pour autant renier leurs racines extrêmes, témoin le furieux "Now, Diabolical". Mais, quelque peu déçus par un dernier album éponyme sans saveur, l'annonce de ce "Live At The Opera", n'augurant à priori rien de bon, n'était pas pour nous rassurer quant  à la santé de notre éternel duo. Or, contre toute attente, ce premier DVD live, édité sous la bannière Napalm Records, s'impose comme une incontestable réussite car loin d'en saper la ténébreuse puissance, la présence de ces cinquante-cinq choristes de l'opéra d'Oslo, confère à ce répertoire une dimension tragique et baroque absolument superbe, renforçant même sa sombre nature au point de procurer des frissons que nous n'espérions pas vraiment. Loin des prétentions symphoniques de certains (anciens) ténors du genre dont nous avons par le passé pu faire les frais, Satyricon sort grandi de ce mariage à première vue - mais à première vue seulement - antinomique car il a su conserver sa froide identité, et son essence venimeuse. De toute façon, artistes visionnaires, Satyr et Frost ont trop de talent et d'intelligence pour se compromettre dans la médiocrité sinon l'indigeste. Au contraire, les compos, transcendées par ce choeur judicieusement utilisé,  gardent toute leur force obscure et ce, d'autant plus qu'elles sont interprétées avec une grande fidélité. Quel plaisir de voir et d'entendre le groupe jouer des monuments tels que 'To The Mountains', 'K.I.N.G.', 'Now, Diabolical' et bien sûr l'incontournable 'Mother North' ! La réalisation est à l'image du contenu, sobre mais efficace car doté d'un montage clair, heureusement bien différent des mises en scène actuelle, souvent trop parkinsonienne pour être agréable à regarder.  Au final, alors que nous n'en attendions pas grand chose, reconnaissons-le, ce "Live At The Opera" se révèle être une très bonne surprise. 3,5/5 (2015)


                                   

Paradise Lost | Symphony For The Lost (2015)


Comme son titre le laisse deviner, "Symphony For The Lost" voit Paradise Lost s'accoupler avec un orchestre symphonique. Or, nous avons tendance à nous méfier - souvent à raison - de ce genre d'exercice ô combien casse-gueule, novateur à l'époque de Deep Purple en 1969 mais rarement réussi et qui du reste n'étonne désormais plus personne. Si les Anglais ont toujours été inspirés, quoiqu'en disent ceux que le virage plus commercial entamé avec "One Second" et achevé avec "Believe In Nothing" a déçus, force est de reconnaître que cette fois-ci, ils ont eu tort de tenter cette expérience en 2014. Mais d'où viennent les grumeaux ? Tout simplement du fait que l'orchestre (de Plovdiv en Bulgarie pour être précis) n'apporte rien aux compos choisies par le groupe. Pire, il semble même les vider de leur substance froide et mélancolique. Il suffit d'écouter la version du classique parmi les classiques 'Gothic', qui ressemble à du mauvais Therion, pour mesurer l'étendue des dégâts. La prise de son bâclée achève de faire de ce live un produit pour le moins dispensable. Le jugement peut paraître sévère mais nous attendions mieux de la part de Paradise Lost qui, à l'instar d'un Satyricon dont le "Live At The Opera" est une réussite exemplaire, aurait pu (dû) transcender un répertoire dont la relecture orchestrale n'était pas forcément absurde quand bien même interpréter dans ces conditions un titre tel que 'Soul Courageous' ne se révèle pas un choix très judicieux. Nous pourrions alors nous consoler avec la seconde partie de "Symphony For The Lost" où le groupe joue seul. Las, si le résultat convainc davantage, l'ensemble sonne plat, sans vie ni passion. Rien à dire sur les morceaux retenus, tous comptent parmi les hymnes des Britanniques, de 'True Belief' à 'The Enemy', de 'Say Just Words' à 'As I Die',  mais sont joués sans grande conviction par des musiciens qui semblent fatigués. Là encore, le verdict tient de la sentence (trop) implacable. Reste qu'on a connu Paradise Lost plus en forme, plus concerné. Au final, "Symphony For The Lost" est à conseiller aux fans purs et durs qui veulent tout posséder, jusqu'aux miettes. Quant aux autres, ils peuvent passer leur chemin au risque de se fâcher avec ce groupe pourtant si exigeant ... (2015)


                                     

LR | Earthless + 1000Mods (Paris - 06.11.2014)



















Une fois n'est pas coutume, seuls deux groupes se produisent ce jeudi 6 novembre dans le cadre des vénérées Stoned Gatherings aux affiches d'ordinaire plus blindées. Reste que et nonobstant la sympathique présence de 1000Mods, s'il n'y avait eu qu'Earthless, ce concert aurait quand même été indispensable car le combo américain se suffit amplement à lui même. Il aurait fait le plein également et sans l'ombre d'un doute. 

KröniK | Zone Six - Live At Sulatron Records Label Night (2011)


Non content d'avoir déjà accouché de quatre (!) albums sous la bannière Electric Moon durant les douze derniers mois, sans compter un nouvel opus solo à la sortie imminente et son job de manager de son propre label, Sulatron Records, Sula Bassana trouve encore le temps de jouer avec Zone Six, historiquement un de ses premiers projets à la discographie aussi riche que bordélique où de rares enregistrements studio voisinent avec des lives par palettes entières. Dernier en date, celui capturé le 30 septembre 2011 lors du Sulatron Festival. On reste en famille donc et entre amis, puisque la fidèle Komet Lulu et Modulfix sont de la partie. Avec son line-up à géométrie variable, à l'image de la place qu'y occupe Dave (son vrai nom) entre batterie, guitare et spacebass, Zone Six est moins un groupe qu'un laboratoire sonore à géométrie variable qui n'est jamais autant à sa place que sur scène, ceci expliquant le faible nombre d'albums studio officiels à mettre à son actif. Son Rock (bien évidemment) instrumental aux confins de la trance psychédélique est de fait taillé pour les happenings improvisés, pour les jams interminables. Ce soir-là, les Allemands ont interprété trois titres dont les noms importent peu. Ils n'en auraient joué qu'un seul, que nous n'aurions pas vu la différence tant leurs compos ne sont qu'un prétexte, une piste de décollage vers l'Absolu. De plus en plus proche d'Electric Moon (à moins que ce ne soit l'inverse), Zone Six tricote une musique éprise de liberté, noyée sous les effets de synthétiseurs généreux aux teintes spatiales, rythmée par une basse et une batterie sous hypnose et piloté par une guitare qui s'envole toujours très haut vers des cieux d'habitude inaccessible aux êtres humains. "Stones Washed" (21:28), "Timmee" (33:44 !) et "Isotoxick" (13:57) ont des allures de périples cosmiques nébuleux aux contours volontairement flous, où pourtant jamais nos cinq explorateurs ne paraissent s'égarer dans ce nuage aux saveurs parfois orientales, ni se prendre les pieds une architecture faussement lâche. Au contraire, ils savent parfaitement où ils vont et où ils nous entraînent, même lorsque le voyage dure plus de trente minutes nous rappelant les grandes heures des années 70 où les groupes n'hésitaient pas à se lancer, pour le plus grands plaisir des oreilles, dans des digressions aussi démesurées que jubilatoires. Zone Six est leur héritier. Quand bien même il semble inutile car fastidieux, de rentrer dans une description minutieuse des trois pistes remplissant ce live, le genre auquel elles se rattachent échappant à ce type d'exercice en cela qu'il se ressent plus qu'il ne s'explique, il convient toutefois d'insister sur la qualité du monumental "Timmee", source d'un orgasme hallucinant où les instruments se coulent les uns dans les autres pour une partouze dantesque dont on aurait presque envie qu'elle ne s'arrête jamais. Bref, encore une fois, Sula Bassana, même s'il n'est ici qu'un musicien parmi d'autres, démontre qu'il est capable de transformer tout ce qu'il touche en or. Divin et immense ! 4/5 (2012)


                                   

KröniK | Aluk Todolo - Live At The Music Hall Williamsburg The First Of October MMIX (2011)


Qui a déjà eu la chance d'assister à une des performances d'Aluk Todolo, entité aussi culte qu'indéfinissable (ceci expliquant sans doute cela), maladroitement décrite comme un mélange de Krautrock occulte et de Drone, sait. Sait que c'est bien sur scène que la puissance obscure dont est capable le trio peut prendre toute sa ténébreuse (dé)mesure. Non pas que les oeuvres studio ne le permettent pas, bien au contraire mais le groupe trouve dans ce contexte de rituel le cadre propice à la prolifération d'un art qui gronde, palpite d'une énergie qui semble provenir de très loin, d'un gouffre noir où règne l'indicible. De fait, capté le 1er octobre 2009 à New York, le happening sonore de 28 (trop petites) minutes publié sous le seul format cassette, baptisé Live At The Music Hall Williamsburg The First Of October MMIX, est  une manière de démonstration.
En trois titres aux contours flous dont on a l'impression qu'il ne forme qu'un unique bloc, Aluk Todolo façonne un magma tentaculaire plus malsain que bien des blasphèmes vomis par des hordes Black Metal. Cette musique repose sur trois éléments qui sont autant de strates qui s'empilent, se chevauchent, tectonique des plaques grondante et monstrueuse.  Une batterie aux allures de métronome humain imprimant une cadence hypnotique, une basse discrète mais déterminante servent de rampe de lancement pour la guitare ferrugineuse de Shantidas Riebacker, chef d'orchestre énigmatique d'une symphonie déglinguée aux relents de rouille et libérant des vibrations d'une négativité absolue. Extrêmement noir, cet organisme éjacule pourtant une espèce de beauté sourde à laquelle peu goûteront drapant ainsi l'ensemble d'une aura de trésor connu d'une petite poignée d'initiés. Inutile de se lancer dans la description précise de ce live qui se conçoit davantage comme une cérémonie cryptique que comme un simple concert car les compositions de Aluk Todolo se ressentent plus qu'elles ne s'écoutent, matériau à la fois dur et mouvant voire insaisissable et qui, sans être particulièrement technique ou compliqué, suintent un authentique et froid feeling obscur(e). Singulier et malsain à tout le moins, le groupe poursuit une oeuvre passionnante de bout en bout qui défie le règne du conformisme ambiant et ça, c'est forcément une bonne nouvelle ! (03/12/2011)
4/5 | La Horde Noire






KröniK | Leaves' Eyes - We Came with the Northern Winds / En Saga I Belgia (2009)


Le triomphe de la volonté. Quand bien même on peut juger - à raison - que cette somme pantagruélique rassemblant séparément un double DVD et deux cds peut paraître précoce pour un groupe qui n'a pour l'instant publié que deux albums, We Came With The Northern Winds est une manière de victoire pour la charmante Liv Kristine, petit bout de femme douce mais déterminée, jetée comme un tampax usagé par ses anciens partenaires de Theatre Of Tragedy et qui aujourd'hui leur fait la nique. En l'espace d'une poignée d'années, la Norvégienne a sû s'imposer comme une artiste à part entière, avec l'aide de son mari Alex Krull d'Atrocity, tandis que son ancien navire n'est quant à lui pas très loin du naufrage et ce, en dépit d'un Storm agréable et d'une nouvelle front woman de talent. Annoncée depuis longtemps, cette plongée dans l'univers de Leaves' Eyes saura combler les fans car les petits plats ont été mis dans les grands, c'est le moins que l'on puisse dire. Le premier dvd subdivisé en 16 chapitres représente pour les amoureux de la chanteuse un véritable trésor, porte d'entrée dans le jardin secret en même temps que dans l'âme de la jolie blonde. Ce film est comme un livre que l'on feuillette retraçant la vie de Liv, depuis ses premiers pas dans le chant jusqu'au succès de Leaves' Eyes, en passant bien entendu sur "l'affaire" Theatre Of Tragedy. On y découvre aussi son amour pour la Norvège, ses mythes, sa nature... sans oublier en bonus des clips, du live.... Bref, très (trop ?) ambitieux, le groupe en donne pour leur argent à ses admirateurs, ce que l'on ne saurait lui reprocher. Après lecture de la chose, il n'aura plus aucun secret pour vous. Tout ce que vous avez toujours voulu savoir sur... Le second volet, pendant video du double live publié à côté, est basé sur la prestation que la belle et son équipe ont exécuté lors du Metal Female Voices Fest en 2007. Au programme, vingt titres (!), dont le son trop propre peut sembler un brin suspect. Ceci dit, il s'agit là d'une habile synthèse de la (maigre) discographie du groupe. Encore que synthèse ne soit sans doute pas le terme qui convient le mieux car peut de titres sont finalement restés sur le bord de la route. Mais comme Lovelorn et Vinland Saga sont d'incontestables réussites, on ne se plaindra d'en retrouver ici la quasi intégralité. Même le EP Legend Land a droit de cité ("Lyset"...). Avec brio et bonne humeur, Leaves' Eyes interprète ses classiques : "Vinland Saga", "For Amelie", "Tales Of The Seamaid", "New Found Land", "Elegy"... pour n'en citer que quelque uns. Alors certes, We Came With The Northern Winds manque d'un peu de sel (de mer), de folie également, mais comme ce n'est pas vraiment le genre de la maison, on ne lui en tiendra pas rigueur. De la belle ouvrage donc et un groupe qui force la sympathie. 3.5/5 (2009)


                                   

KröniK | Arch Enemy - Tyrants Of The Rising Sun (2008)


Héritier d’une longue tradition de live capturé au pays du soleil levant (Tokyo Tapes de Scorpions, Live In Budokan de MSG) initié par le Made In Japan de Deep Purple, ce qui n’est pas pour déplaire à Mike Amott, grand fan de hard rock des seventies devant l’éternel, Tyrants Of The Rising Sun représente bien ce qu’est (devenu) Arch Enemy aujourd’hui : une machine. Oui, une machine que rien ne vient jamais gripper, froide et sans magie. Sans folie aussi, contrairement aux performances des dinosaures cités plus haut. Une machine du reste impressionnante par sa maîtrise technique. Tout est en place, tout est carré, ultra efficace.
Les frangins Amott démontrent encore une fois quels remarquables duellistes ils sont et Angela est une sacrée bête de scène. Toutes les cartouches tirées font leur trou, accrocheuses, puissantes et mélodiques. Publié sous plusieurs formats (DVD, double vinyle…), ce live enregistré durant la dernière tournée du groupe témoigne aussi clairement de la césure survenue avec l’arrivée de la teutonne derrière le micro avec l’album Wages Of Sin (2001). Son intronisation correspond à une double évolution car elle coïncide à la fois avec l’explosion commerciale des Suédois en même tant qu’elle les éloigne du death technique des débuts pour enfanter depuis une musique bien plus mélodique, biberonnée au hard rock (les soli de Michael et Christopher sont à ce titre éloquents, ce qui n’enlève rien à leur qualité). Parfois même, les branlettes de manche néo-classiques chères à Yngwie Malmsteen ne sont pas loin (“ Intermezzo Liberté ”). Alors certes, ca avoine encore sévère, notamment grâce à l’organe furieux de la blonde mais il est tout de même un peu triste de constater que les antédiluviens “ Fields Of Desolation ”, “ Dark Insanity ” (extrait de Black Earth en 1996) et “ Silverwing ” (Burning Bridges) sont les seul oripeaux du passé d’une set list qui faire donc la part belle aux quatre derniers opus et notamment du petit dernier Rise Of The Tyrants, représenté par six emprunts, dont “ Blood On Your Hands ”, “ The Day You Died ”, et “ Vultures ”. Ce live est donc à prendre pour ce qu’il est, une synthèse du Arch Enemy avec Angela Gossow, quand bien même il n’est pas le premier (citons le EP Dead Eyes See No Future et le DVD Live Apocalypse). Pourtant, paradoxalement, malgré ces lignes un peu critiques, Tyrants Of The Rising Sun est très bon. Il est même carrément jouissif quand les deux frères se lancent dans un étalage virtuose écœurant de classe. Et puis, comment résister à des hymnes de l’acabit de “ Ravenous ”, “ Taking Back My Soul ”, “ Burning Angels ”, Enemy Within ” ou bien encore “ Nemesis ” ? Impossible. Les fans de la dernière période du groupe, auxquels cet album est clairement destiné, seront donc comblés. Ceux qui suivent en revanche Amott depuis Carnage et Carcass, pourront continuer de passer leur chemin. Ils ont pourtant tort car la bonne musique reste de la bonne musique. Et ce que crée aujourd’hui les Suédois en est incontestablement… 3/5 (cT2008) | Facebook






KröniK | Doro - Live (1993)


Ce premier témoignage live de Doro ne couronne pas alors seulement ses quatre premières années en solo mais l’ensemble de sa carrière depuis les années Warlock, dont elle n’a pas manqué de récupérer l’héritage, jusqu'à Angels Never Die. Au total donc, un répertoire déjà bien garni, riche de huit disques, qu’elle honore sur les routes en 1993, moment où elle décide de laisser cette trace scénique aussi bien visuelle que sonore puisqu'une VHS est également mise sur le marché.
De fait, Doro Live peut à la fois être considéré comme un premier bilan pour la jeune femme en même temps que la fin d’un second chapitre en cela qu’il ferme la période la plus glorieuse de sa trajectoire, la suite représentée par Machine II Machine (1995) et Love Me In Black (1998) ne connaîtra pas en effet la même réussite tant artistique que commerciale, avant de renouer néanmoins avec une certaine forme de succès, plus européen qu’américain cette fois-ci, à partir de l’album Calling The Wild (2000). Avec ses 17 pistes, ce live, capturé en Allemagne les 6 et 7 octobre 1993, semble posséder des allures de best of déguisé. Pourtant, il n’en est rien… ou du moins pas tout à fait. Ainsi, alors que certains albums n’ont droit qu’à la portion congrue, ce qui est regrettable dans le cas de Doro par exemple ou du galop d‘essai de Warlock, respectivement représenté par les seuls "Only You" (une reprise qui plus est, aussi géniale soit-elle !) et "Burning The Witches", True As Steel se voit carrément écarté, ce qui est moins grave vu sa médiocrité, tout comme Force Majeure, ce qui l'est bien davantage. Triumph And Agony, en revanche, se taille la part du lion - comme c’est encore le cas aujourd’hui - avec quatre citations ("I Rule The Ruins", "Fur Immer"…) cependant que Angels Never Die lui dispute (forcément) la première place en terme de représentation, fort de ses cinq emprunts, dont la ballade "Alles ist Gut". Le reste se compose de titres plus rares, à l’image de "Children Of The Night", issu du single Bad Blood. Ceci étant dit, Doro Live se révèle être le juste reflet de qu’est la chanteuse à cet instant de sa carrière. Il montre tout le chemin que l’Allemande a alors déjà parcouru depuis ses débuts en 1983 à Düsseldorf. Qui a cette époque aurait pu croire que cette petite blonde s’imposerait comme la déesse du Heavy-Metal dont elle demeure une des plus dévouée ambassadrice encore aujourd’hui ? Cet instantané est une leçon quand bien même quelques grands titres manquent à l'appel ("Alive" par exemple). 3/5 (2010) | Facebook





KröniK | Pain Of Salvation - Ending Themes On The Two Death Of Pain Of Salvation (2009)


Lorsqu'un groupe décide de graver un live, cela peut répondre à plusieurs raisons : pause ou fin d'un chapitre notamment c'est selon. Dans le cas de Pain Of Salvation, c'est clairement vers la seconde possibilité que tend Ending Themes - On The Two Death Of Pain Of Salvation. Publié sous divers formats (double dvd, double cd et coffret réunissant les deux), c'est la version audio que je vais par la présente détailler. Fort d'une carrière déjà admirable, il manquait aux Suédois un vrai témoignage scénique. Alors certes, il y eu en 2004 12:5, mais il s'agissait seulement de relectures acoustiques de leur répertoire, aussi réussies furent-elles.
Ending Themes vient donc corriger cette lacune, ce qu'il fait avec panache et une classe folle. Balayant l'ensemble de la discographie du groupe avec un avantage (forcément) pour le petit dernier, le fabuleux Scarsick (avec six extraits sur seize), cette double ration possède de fait les allures d'un best-of déguisé et je ne saurais donc trop le conseiller à tous ceux désireux de découvrir ce monstre du metal progressif. Metal progressif, ai-je dis. Les fans de Pain Of Salvation savent bien que cette étiquette se révèle par trop réductrice pour qualifier une musique qui de toute façon a depuis longtemps briser son carcan pour aller goûter à d'autres sources. De même, si Daniel Gildenlöw et son équipe jouent avec un talent immense, jamais ils ne ressentent le besoin d'éclabousser l'auditoire par une virtuosité dont ils sont pourtant détenteurs. Non, le progressif des Scandinaves se conjuguent avec émotion et intelligence. A ce titre, un bijou tel que "Undertow" se veut particulièrement représentatif de l'art de ses auteurs : diaphane, gorgé d'une tristesse infinie mais malgré tout puissant. Bref, on n'est pas chez Dream Theater ici. On regrettera d'ailleurs que Remedy Lane, dont est tiré ce morceau, ne soit pas davantage honoré - il a droit à trois prélèvements - mais il en va de même de ses collègues. Qu'il est difficile de réduire des oeuvres aussi riches que Entropia, One Hour By The Concrete Lake, The Perfect Element 1 ou Be à une poignée d'extraits ! Pour autant, Ending Themes fait le tour du propriétaire avec justesse et équilibre (même si le contesté Be se limite à seul morceau : "Diffirencia"). Ainsi, tout Pain Of Salvation s'y trouve : son inspiration, son univers, son âme, ses incontournables. A l'image de son artwork en forme d'affiche de film (qui pourrait porté la signature de David Lynch), ce live est un kaleidoscope où se croise, se chevauche, se fracasse un panel d'émotions (colère, mélancolie, ironie...). Si les emprunts à Scarsick sortent encore grandis de l'épreuve de la scène (mention particulière à "Scarsick", "Flame To The Moth" et surtout au douloureux "Cribcaged"), il ne faut pas oublier de mentionner les superbes interprétations de "Nightmist", durant laquelle, Gildenlöw vous file des frissons, des parties II, III et IV de "Brickworks I", "Used" (et sa montée en puissance fiévreuse belle à en pleurer) et de "Chain Sling". Ending Theme est en définitive une parfaite porte d'entrée pour pénétrer dans le coeur de Pain Of Salvation, en espérant qu'il vous donne l'envie de vous plonger par la suite dans les albums dont il se veut le patchwork... Un groupe unique et rare. 3.5/5 (02/06/2010)






KröniK | Mostly Autumn - Live 2009 (2009)


Généralement et pour faire court, les lives peuvent revêtir au moins deux aspects pour un groupe : une pause soit la fin d’un chapitre. Volontairement ou non, cette double ration en public offerte par Mostly Autumn entre dans la seconde catégorie. En effet, vous n’êtes pas sans savoir si vous suivez l’activité des Britanniques, que leur fabuleuse chanteuse Heather Findlay a depuis quitté la formation pour mener une carrière solo.
De fait, ce live peut à juste titre être considéré comme une sorte de testament. Cette considération mise à part, Live 2009, qui répartit, sur deux disques séparés, un florilège de la discographie du groupe, se révèle absolument inattaquable autant sur le fond (tous les titres sont magnifiques) que sur la forme (l’interprétation et la prise de son, aussi). Les relectures sont fidèles, trop peut-être mais on s’enfiche pas mal car c’est un tel plaisir de pouvoir écouter des chefs-d’œuvre tels que « Fading Colours », « Unoriginal Sin », « Simple Ways », « Evergreen », « Carpe Diem », « Broken Glass », "Winter Mountain"… Moslty Autumn est alors au firmament de son talent et à aucun moment on croit déceler une quelconque fébrilité de la part de musicien tous parfaits, Heather et Bryan Josh en tête (forcément). Que dire de plus, si ce n’est une avalanche de superlatifs ? Si vous ne connaissez pas ce géant du (hard) rock progressif alimenté à l’école Blackmore, ce live se pose en entrée pratique pour le découvrir, tous les opus, hormis The Lord Of The Rings, étant cités. Une bonne synthèse donc en attendant la suite des évènements.  Une nouvelle chanteuse, Olivia Sparnenn, que les fans connaissaient déjà comme choriste, un prochain album, baptisé  Go Well Diamond Heart, forment la trame du prochain épisode dans la vie de ce groupe aussi talentueux que précieux. 3.5/5 (01/06/2010)





KröniK | Blackmore's Night - Paris Moon (2007)


Commençons par les choses qui fâchent, qui n’enlève pour autant rien (ou si peu) à la qualité incontestable de ce second DVD, après le gargantuesque Castles & Dreams, d’un groupe désormais accepté comme tel et non plus seulement perçu comme une fantaisie passagère née dans les brumes du cerveau du sombre Blackmore. Tous ceux qui assistèrent, émus et heureux, au premier concert des ménestrels dans le royaume de France (et à l’Olympia, qui plus est !) attendaient avec impatience cette sortie que la présence de nombreuses caméras le soir du show laissaient naturellement espérer.
La troupe nous ayant offert une prestation fleuve de près de 2h30, il était logique d’en retrouver la totalité sur le DVD. Las, plusieurs titres sont malheureusement passés à la trappe, et pas des moindres : citons surtout les deux reprises de Deep Purple, “ Child In Time ” (couplée à “ Mond Tanz ”) , pourtant éblouissante et celle, plus surprenante, du classique parmi les classiques, “ Smoke On The Water ”, que Ritchie interpréta davantage pour faire plaisir au public que par une réelle envie. Second reproche, pourquoi avoir joint au support numérique, un disque tronqué ne comprenant que quelques extraits de ce dernier et non pas son pendant fidèle ? Voilà pour les bémols de Paris Moon qui si non nous permet avec plaisir de nous replonger durant deux heures dans cette soirée que tous les fans du couple chérissent désormais comme un trésor. Equilibrée, la set-list traverse les cinq offrandes (déjà !) publiées alors par le groupe, de Shadow Of The Moon à The Village Lanterne. Si, toujours bien épaulé par des musiciens talentueux et sympathiques sur lesquels les journalistes ne s’attardent pas suffisamment et qui pourtant méritent toutes les éloges, des deux choristes (aujourd’hui parties voler de leurs propres ailes), Lady Madeline et Lady Nancy au remarquable et fidèle Squire Malcolm Of Lumley derrière les fûts, du brillant claviériste Bard David Of Larchmont au dynamique Sir Robert Of Normandie, lequel se fend d’un solo de basse puissant et jouissif durant l’instrumental “ Durch Dem Wald Zum Bach Haus ”, le duo brille de mille feux durant l’intégralité du concert, celui-ci a livré avec largesse nombre de moments de pure magie : le rythmé “ Past Times With Good Company ”, le ténébreux “ World Of Stone ”, le joyeux “ Home Again ”, qui témoigne pour ceux qui l’ignoraient, de l’incontestable humour que possède le maître, le très médiéval “ The Clock Ticks On ”, que le guitariste introduit par des notes orientalisantes échappées d’une espèce de vièle, sans oublier le gigantesque “ Fires Of Midnight ”. Candice, aussi charmante que charismatique, chante magnifiquement bien, tandis que Blackmore se montre aussi à l’aise en acoustique qu’en électrique lors des rares fois où il fait prendre l’air à sa divine stratocaster, à l’image de “ St Teresa ”, que précède les premières mesures de “ Difficult To Cure ” ou de la flamboyante relecture du “ Ariel ” de Rainbow, long de près de 10 minutes. Purple n’est pas oublié non plus, représenté par l’intimiste “ Soldier Of Fortune ”. Cette inoubliable soirée gravée à tout jamais dans nos mémoires et dans nos cœurs, est donc aujourd’hui immortalisée en DVD, et tant pis si une poignée de chansons brillent par leur absence. Mon dieu, quel groupe fabuleux ! 4/5 (2009) | Facebook






KröniK | Blackmore's Night - Past Times With Good Company (2002)


Ritchie Blackmore et les lives, c’est une longue histoire d’amour débutée en 1972. A cela rien de surprenant quand on sait que c’est bien sur scène, quand bien même il excelle aussi sur disque, que le talent du guitariste prend toute son envergure, toute sa dimension.
"Made In Japan" (1972), "Made In Europe" (1976) et le "Live In London" (1982) pour Deep Purple, "On Stage" (1977) pour Rainbow sans oublier tous les trésors exhumés ses dernières années tels que le "Mark III – The Final Concerts" (1996) pour le premier, "Live In Munich 1977" (2006) pour le second, sa carrière est balisée par des enregistrements de ce type tout bonnement mythiques. A cette litanie immortelle, nous pouvons désormais rajouter ce premier double live de Blackmore’s Night, projet que l’on ne présente plus maintenant. Capturé durant le Fires At Midnight Tour en Allemagne - le premier pays à avoir succombé à la musique écrite par le précieux duo, et dans lequel, sans doute avec le Japon, l'Homme en noir est un dieu vivant -, "Past Times With Good Company" pioche comme il se doit dans les trois albums que le groupe a alors dans sa besace : "Shadow Of The Moon" (« Shadow Of The Moon », absolument gigantesque, « Play Minstrel Play » et son bouquet final, l’instrumental « Minstrel Hall », « Renaissance Faire » et le très rock « Writting On The Wall »), "Under A Violet Moon" (« Past Time With Good Company », « Under A Violet Moon », le très beau « Beyond The Sunset », « Morning Star », introduit par un violon aux accents presque tziganes et le médiéval « Durch Den Wald Zum Bachhaus ») et bien sûr le petit dernier (« Fires At Midnight », long de plus de douze minutes, « Home Again » et « I Still Remember »). Le couple n’oublie pas cependant de revisiter deux classiques de l’ancien répertoire du ténébreux musicien avec le squelettique « Soldier Of Fortune » pour le Pourpre Profond et « Sixteenth Century Greensleeves » pour l’Arc-en-ciel. Mais avec intelligence et intégrité, Ritchie ne se repose jamais sur sa gloire d’antan et ces emprunts à son passé demeurent toujours parcimonieux là où de nombreux artistes auraient fait le choix prudent de ne proposer que des reliques propices à séduire les vieux fans. Pas de ça chez le britannique qui préfère faire honneur à ses nouvelles compositions, celles-ci le méritant d'ailleurs amplement puisque n’ayant rien à envier à leurs devancières. D’autant plus que, fidèle à son habitude, Blackmore, sur scène, ne se contente jamais de proposer des calques des versions studio. Ainsi, ces chansons ont bien souvent des allures de piste de décollage, portes ouvertes à toutes les transformations possibles, même si les années 70 et leurs dérives démentielles, qui voyaient les titres s’étirer d’une manière hallucinante, sont loin désormais. Ces morceaux n’en sont donc pas moins transcendés par une bande de ménestrels au talent énorme. Il suffit d’écouter le jeu du guitariste durant le monumental « Fires At Midnight » ou bien la seconde partie de « Past Time With Good Company » qui a quelque chose d’une fête médiévale colorée, pour s’en rendre compte. Et si Candice Night livre tout du long une performance dont il faut louer l’excellence, que dire d’un Ritchie qui brille lui aussi de mille feux, aussi à l’aise en électrique qu’en acoustique, format qui ne pardonne aucune approximation. Contrairement à ce que beaucoup pensent, il n’a donc rien perdu de sa maîtrise. Mieux, rarement son jeu aura été aussi précis, fin et surtout chargé d’émotion. Elégant et racé, "Past Times With Good Company" se révèle être donc un live incontournable, à conseiller aussi bien aux amateurs de Blackmore’s Night (cela va de soi) qu'à tous ceux (les plus nombreux, malheureusement) qui ont occulté ce pan dans la carrière du guitariste depuis le sabordage de Rainbow. Ces derniers se rendront compte alors qu’ils ont eu tort, même si Ritchie n’officie clairement plus (quoique) dans le registre que les fans de Deep Purple auraient voulu le voir embrasser à tout jamais. Mais l’homme n’en a toujours fait qu’à sa tête… et c’est tant mieux ! 4/5 (2009) | Facebook






Klaus Schulze | Dziękuję Bardzo - Vielen Dank (2009)



















Après Rheingold, publié en cd et DVD et en attendant le concert parisien de septembre prochain (le 23, à la Cigale) que le maître, accompagné pour l'occasion de sa déesse Lisa Gerrard, va offrir à son public qui n'en peut plus de patienter, voici débouler dans les bacs, Dziekuje Bardzo.