Organisé par Christian Bivel, fondateur du label culte Adipocere avec l'aide précieuse de Sylvie, sa moitié, la seconde édition du Dark Breath festival se tenait les 7 et 8 décembre dans les entrailles de la MJC de Bourg-en-Bresse.
AU PIF
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KröniK | Nydvind - Seas Of Oblivion (2018)
Nydvind est un paradoxe. Alors qu'il aurait pu être oublié, du fait d'une discographie réduite (jusqu'à aujourd'hui) à deux uniques offrandes depuis 2003, l'engouement autour du groupe n'a jamais été entamé, devenant au contraire au fil du temps une référence en matière de black metal épique et païen, réputation que "Eternal Winter Domain" puis "Sworn To The Elders" ont autant forgé que de nombreux et mémorables concerts qui le voient à chaque fois souffler le vent du Grand Nord avec puissance et décontraction. Empoisonnés par des problèmes de labels qui ont mis la clé sous la porte (Sacral Productions) ou sont en passe de le faire (Trollzorn), les Français n'ont donc pas pu mener la carrière qu'ils auraient souhaitée.
Gageons que la signature avec Malpemesita, qui héberge aussi depuis peu Azziard, l'autre formation du guitariste Nesh, devrait leur fournir le soutien qui leur a toujours manqué et les débarrasser de ces tracas contractuels. Sans compter le (petit) split partagé avec Bornholm, huit ans se sont donc écoulés depuis la sortie du deuxième album, (trop) longue période de diète que Nydvind a pu mettre à profit pour amasser une quantité de matériel suffisante pour élaborer non pas un seul opus mais une véritable saga baptisée "Tetramental" et dont "Seas Of Oblivion" sera le premier volet. Mais cette troisième épopée n'est pas que cela. Si elle s'inscrit dans le sillage de ses prédécesseurs (nous y reviendrons), l'œuvre ouvre avant toute chose une nouvelle ère pour ses créateurs, comme semble le laisser penser la décision de Richard "Hingard" Loudin de quitter un Monolithe dont il occupait pourtant le poste de chanteur depuis quinze ans, comme s'il souhaitait désormais se concentrer sur ce projet qui reste sans doute celui qui lui tient le plus à cœur. Nouvelle ère donc et nouveau chapitre pour un drakkar qui voit ses voiles gonflées par un souffle plus épique encore, offrant un album aux allures de périple mythologique, long de plus d'une heure. Cette ambition se double d'une exigence accrue qui commande au trio un ensemble conceptuel basé sur une tempétueuse aventure maritime. A son écoute, nous pouvons ainsi, bercés par la houle, sentir la morsure du vent dans la peau, percevoir l'odeur des embruns. Le chant des mouettes, le bruit du ressac et l'effort de ces hommes de la mer lorsqu'ils rament en cadence posent le cadre nautique d'un récit guerrier au goût de fer et de sang, au service duquel des pièces fleuves ont été imaginées. Si le black metal nordique qu'il aime sculpter dans une roche froide et abrupte a toujours été propice à l'érection de tertres grandioses, le groupe va cette fois-ci plus loin encore dans l'expression démesurée d'un art héroïque, même si 'Skywrath' et 'The Dewellers Of The Deep' affichent une durée plus resserrée, qui fait d'ailleurs d'eux les titres les plus agressifs du lot. Sur le socle minéral édifié par "Eternal Winter Domain" et "Sworn To The Elders", "Seas Of Oblivion" hisse un pagan metal d'une dimension inédite, à la fois plus ample et évocateur, ce qui ne l'exonère pas d'une dureté abrasive qui enrobe ce menu épique duquel jaillit un blizzard qui emporte tout dans son sillage. Digne héritier des 'The Godless', 'Riding Majestic Crests' et autres 'The Call Of Mother Earth', 'Sailing Towards The Unknown' dévoile un Nydvind plus grandiose que jamais, majestueux et furieux tout ensemble, évoquant autant Kampfar que Immortal, témoin le break démentiel qui le cisaille, ouvrant la porte à une partie échevelée. 'Till The Moon Drown', 'Sea Of Thalardh' et 'Through Primeval Waters' allient avec une réussite et un souffle identiques atmosphères enivrantes et emphase féroce. Clôturant ce voyage titanesque, 'Unveilling A New Earth' voit nos Vikings atteindre le Valhalla, pièce s'étalant sur près de treize minutes où l'émotion affronte une rudesse nerveuse et minérale. Le chant tour à tour valeureux ou rageur de Richard et les guitares granitiques et affûtées de Nesh creusent un fjord au bout duquel le périple pourra s'achever enfin, atteignant la terre promise. Sans altérer sa fureur glaciale, Nydvind forge avec "Seas Of Oblivion" un album à la fois plus posé et ambitieux où les reliefs rocailleux forment les contours épiques d'un récit majestueux. (28/01/2018)
Gageons que la signature avec Malpemesita, qui héberge aussi depuis peu Azziard, l'autre formation du guitariste Nesh, devrait leur fournir le soutien qui leur a toujours manqué et les débarrasser de ces tracas contractuels. Sans compter le (petit) split partagé avec Bornholm, huit ans se sont donc écoulés depuis la sortie du deuxième album, (trop) longue période de diète que Nydvind a pu mettre à profit pour amasser une quantité de matériel suffisante pour élaborer non pas un seul opus mais une véritable saga baptisée "Tetramental" et dont "Seas Of Oblivion" sera le premier volet. Mais cette troisième épopée n'est pas que cela. Si elle s'inscrit dans le sillage de ses prédécesseurs (nous y reviendrons), l'œuvre ouvre avant toute chose une nouvelle ère pour ses créateurs, comme semble le laisser penser la décision de Richard "Hingard" Loudin de quitter un Monolithe dont il occupait pourtant le poste de chanteur depuis quinze ans, comme s'il souhaitait désormais se concentrer sur ce projet qui reste sans doute celui qui lui tient le plus à cœur. Nouvelle ère donc et nouveau chapitre pour un drakkar qui voit ses voiles gonflées par un souffle plus épique encore, offrant un album aux allures de périple mythologique, long de plus d'une heure. Cette ambition se double d'une exigence accrue qui commande au trio un ensemble conceptuel basé sur une tempétueuse aventure maritime. A son écoute, nous pouvons ainsi, bercés par la houle, sentir la morsure du vent dans la peau, percevoir l'odeur des embruns. Le chant des mouettes, le bruit du ressac et l'effort de ces hommes de la mer lorsqu'ils rament en cadence posent le cadre nautique d'un récit guerrier au goût de fer et de sang, au service duquel des pièces fleuves ont été imaginées. Si le black metal nordique qu'il aime sculpter dans une roche froide et abrupte a toujours été propice à l'érection de tertres grandioses, le groupe va cette fois-ci plus loin encore dans l'expression démesurée d'un art héroïque, même si 'Skywrath' et 'The Dewellers Of The Deep' affichent une durée plus resserrée, qui fait d'ailleurs d'eux les titres les plus agressifs du lot. Sur le socle minéral édifié par "Eternal Winter Domain" et "Sworn To The Elders", "Seas Of Oblivion" hisse un pagan metal d'une dimension inédite, à la fois plus ample et évocateur, ce qui ne l'exonère pas d'une dureté abrasive qui enrobe ce menu épique duquel jaillit un blizzard qui emporte tout dans son sillage. Digne héritier des 'The Godless', 'Riding Majestic Crests' et autres 'The Call Of Mother Earth', 'Sailing Towards The Unknown' dévoile un Nydvind plus grandiose que jamais, majestueux et furieux tout ensemble, évoquant autant Kampfar que Immortal, témoin le break démentiel qui le cisaille, ouvrant la porte à une partie échevelée. 'Till The Moon Drown', 'Sea Of Thalardh' et 'Through Primeval Waters' allient avec une réussite et un souffle identiques atmosphères enivrantes et emphase féroce. Clôturant ce voyage titanesque, 'Unveilling A New Earth' voit nos Vikings atteindre le Valhalla, pièce s'étalant sur près de treize minutes où l'émotion affronte une rudesse nerveuse et minérale. Le chant tour à tour valeureux ou rageur de Richard et les guitares granitiques et affûtées de Nesh creusent un fjord au bout duquel le périple pourra s'achever enfin, atteignant la terre promise. Sans altérer sa fureur glaciale, Nydvind forge avec "Seas Of Oblivion" un album à la fois plus posé et ambitieux où les reliefs rocailleux forment les contours épiques d'un récit majestueux. (28/01/2018)
4/5 | Music Waves
Soon | Nydvind - Seas Of Oblivion
Live Report | Ethmebb + Nydvind + Gargantua + Kozmik Monkeys (Paris - 21/01/2017)
Ceux qui s'attendaient à voir Nydvind en tête d'affiche de cette soirée du 21 janvier en seront pour leur frais car, release party oblige, c'est Ethmebb qui patronne cette date. Pour l'occasion, nos furieux chevaliers se sont bien entourés, comme vous allez vous en rendre compte.
Quand les membres de Kozmik Monkeys déboulent sur scène, affublés de masques piqués à la série de La planète des singes des années 70, on se dit que la rigolade va être rendez-vous avec ce chauffe-salle improbable. Tout faux, le groupe nous assène au contraire une sorte de stoner doom (forcément) velu qui ne plaisante pas vraiment. Qui sont les gars qui se cachent derrière cet attirail de boutique de farces-et-attrapes ? Nous l'ignorons, mais la teneur jubilatoire de cette bûche aux relents cosmiques nous a fait regretter l'absence de merchandising. Les compos, la technique, l'attitude, tout y est. A revoir et à écouter d'urgence !
Changement de registre (à tous les niveaux) avec Gargantua, formation francilienne visiblement très attendue ce soir. Refusant d'être inféodé à quelque style que ce soit, celle-ci propose un metal extrême décoiffant qui passe à la moulinette black, death, thrash, prog et bien d'autres choses encore, avec une maîtrise un peu folle. Cela pourrait être bordélique sinon pesant comme un repas indigeste mais réussit au contraire à tout emporter sur son sillage, grâce à une bonne humeur évidente et une envie d'en découdre qui ne l'est pas moins. Au côté du chanteur Forcister Usuroae particulièrement en forme, cohabitent notamment une guitariste à l'énergie féline et un claviériste qui n'hésite à se lancer dans un solo d'accordéon ! Une bonne surprise pour ceux qui ne connaissaient pas ce combo auteur d'un EP, "Avant-propos", des plus prometteurs.
Place ensuite à Nydvind qui tranche par rapport au reste de l'affiche, tant par sa notoriété qui n'est plus à démontrer que par son nordic heathen black metal. Comme d'habitude, le groupe envoie le petit bois sans avoir besoin de quelconque artifice. C'est la pureté d'un art séculaire et majestueux, taillé dans la roche froide de montagnes mythologiques. Arc-bouté sur son Ibanez, Richard Loudun (aka Hingard) donne tout ce qu'il a, solidement soutenu par ses frères d'armes Kraban (Heol Telwen, Bran Barr) à la basse, Nesh (Azziard) à la guitare et Stig derrière les fûts. La set-list a la bonne idée d'être axée sur "Eternal Winter Domain", première offrande légendaire dont la pièce éponyme ou 'Thunderhymn' font toujours souffler le blizzard. Si "Sworn To The Elders n'est pas oublié, un nouveau titre qui nous met l'eau à la bouche, se glisse judicieusement au milieu de ces hymnes éternels, avant-goût d'un troisième album (enfin !) que les plus pessimistes n'espéraient plus. Bref, encore un concert impeccable de la part de nos Vikings préférés.
Après cette déflagration glaciale, on s'inquiète un peu pour Ethmebb qui a donc la lourde tâche de succéder à Nydvind et de clore la soirée, inquiétude vite balayée par une formation qui peut compter sur un public acquis à sa cause. En dépit de sa relative fraîcheur (il a déjà dix ans au compteur), le quatuor livre une prestation qu'aucune approximation ne vient grever, resituant avec précision et fidélité toutes les nuances de "La quête du Saint Grind" dont on fête ce soir la sortie. Point de grind à l'horizon mais un death metal épico-progressif à la fois sautillant et implacable. Heureux d'être là et décontractés, les musiciens déroulent un set galopant, qui s'achève en joyeuse partouze lorsque débarque sur scène l'accordéoniste de Gargantua avec au bout du chemin le (sacré) Graal !
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