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KröniK | Dool - Here Now, Here Then (2017)
Raisonnablement enthousiasmés par "Oweynagat", leur (petite) carte de visite, nous attendions avec impatience le premier album longue durée des Bataves. Publié comme son brouillon par Prophecy Productions et emballé par Pieter Kloos, véritable gourou de la scène dutch rock, celui-ci est baptisé "Here Now, There Then". Si vous avez raté l'épisode précédent, vous devez forcément vous demander un peu ce que c'est, Dool. Si son nom, qui signifie en fait "exil", pourra évoquer chez certains fainéants le groupe de Maynard James Keenan, le quatuor ne noue pourtant aucun lien avec les Américains.
Si influences il y a, elles sont davantage à rechercher dans le sombre terreau hollandais, celui de The Devil's Blood notamment dont on croise ici l'ancienne section rythmique. Bien que d'une tessiture différente, le chant de Ryanne Van Dorst n'est parfois pas si éloigné que cela de celui de sa compatriote Farida Lemouchi, cependant que certains motifs mélodiques n'auraient pas dépareillé sur un disque de la regrettée formation, comme en témoigne par exemple ce 'Golden Serpents' à la fois moelleux et accrocheur. Ce serait toutefois se compromettre dans un raccourci maladroit que de réduire Dool à une simple resucée de son glorieux aîné en dépit d'incontestables racines communes. A l'instar de sa récente ébauche avec lequel il partage l'éponyme 'Oweynagat', dont on ne se lasse toujours pas, "Here Now, There Then" ne cesse d'intriguer tant il balance constamment entre morsures furieusement rock et rugosités déglinguées, ce qui rend son écoute parfois peu évidente. La mélancolie tordue qui infuse dans les replis de ses compositions aux traits tortueux achève d'en faire une œuvre beaucoup moins immédiate qu'il n'y parait de prime abord. Il suffit de s'enfoncer dans les arcanes de 'Vantablack', le titre le plus long du lot avec ses dix minutes au compteur et mystérieuse porte d'entrée, pour prendre la (dé)mesure de ce dark rock souterrain où fusionnent soli orgasmiques et vocalises androgynes en un magma sombrement langoureux. Si le reste affiche des lignes plus nerveuses, de 'Words On Paper' à 'She Goat', une rouille vicieuse, presque malsaine, ronge constamment un menu qui, insaisissable, finit par nous échapper, dimension volatile qu'illustrent des plaintes, léchée par une étrangeté obscure, telles que 'The Death Of Love', 'The Alpha' ou 'In Her Darkest Hour', autant de mid-tempos aussi lascifs que labyrinthiques qui ne filent jamais droit. Si alléchant, "Oweinagat" avait un goût de trop peu, imposé par son format très court, "Here Now, There Then" confirme l'identité singulière des Hollandais et un potentiel qui l'est tout autant, opus à la fois nocturne et irradiant qui exsude une trouble sensualité. 3.5/5 (2017) | Facebook
Si influences il y a, elles sont davantage à rechercher dans le sombre terreau hollandais, celui de The Devil's Blood notamment dont on croise ici l'ancienne section rythmique. Bien que d'une tessiture différente, le chant de Ryanne Van Dorst n'est parfois pas si éloigné que cela de celui de sa compatriote Farida Lemouchi, cependant que certains motifs mélodiques n'auraient pas dépareillé sur un disque de la regrettée formation, comme en témoigne par exemple ce 'Golden Serpents' à la fois moelleux et accrocheur. Ce serait toutefois se compromettre dans un raccourci maladroit que de réduire Dool à une simple resucée de son glorieux aîné en dépit d'incontestables racines communes. A l'instar de sa récente ébauche avec lequel il partage l'éponyme 'Oweynagat', dont on ne se lasse toujours pas, "Here Now, There Then" ne cesse d'intriguer tant il balance constamment entre morsures furieusement rock et rugosités déglinguées, ce qui rend son écoute parfois peu évidente. La mélancolie tordue qui infuse dans les replis de ses compositions aux traits tortueux achève d'en faire une œuvre beaucoup moins immédiate qu'il n'y parait de prime abord. Il suffit de s'enfoncer dans les arcanes de 'Vantablack', le titre le plus long du lot avec ses dix minutes au compteur et mystérieuse porte d'entrée, pour prendre la (dé)mesure de ce dark rock souterrain où fusionnent soli orgasmiques et vocalises androgynes en un magma sombrement langoureux. Si le reste affiche des lignes plus nerveuses, de 'Words On Paper' à 'She Goat', une rouille vicieuse, presque malsaine, ronge constamment un menu qui, insaisissable, finit par nous échapper, dimension volatile qu'illustrent des plaintes, léchée par une étrangeté obscure, telles que 'The Death Of Love', 'The Alpha' ou 'In Her Darkest Hour', autant de mid-tempos aussi lascifs que labyrinthiques qui ne filent jamais droit. Si alléchant, "Oweinagat" avait un goût de trop peu, imposé par son format très court, "Here Now, There Then" confirme l'identité singulière des Hollandais et un potentiel qui l'est tout autant, opus à la fois nocturne et irradiant qui exsude une trouble sensualité. 3.5/5 (2017) | Facebook
KröniK | Dool - Oweynagat (2016)
Pourquoi évoquer "Oweynagat", premier souffle de vie de Dool dont la très (trop) courte durée – moins d'un quart d'heure au garrot – et le fait qu'il ne soit constitué que d'un seul vrai titre, puisque que le second n'est en réalité qu'une version semi-acoustique du premier, suffiraient presque à justifier que l'on ne s'attarde pas sur son sujet ?
Pour plusieurs raisons finalement. Pour son line-up déjà, qu'anime l'ancienne section rythmique du défunt et parti prématurément The Devil's Blood, Job van de Zande à la basse et Micha Haring derrière les fûts, soutenue par une paire de guitaristes dont Nick Polak (Gold) et une chanteuse pétillante, Ryanne van Dorst (Elle Bandita), atout de charme et de choc auquel nous sommes nécessairement toujours un peu sensibles. Pour Prophecy Productions, label à l'identité affirmée dont toutes les offrandes se révèlent aussi originales que précieuses (ceci expliquant sans doute cela). Enfin et surtout pour son contenu certes petit par la taille mais grand par son potentiel qu'on devine encore à peine défloré, entre doom (un peu), psyché (aussi) et post punk (beaucoup). Le groupe cite comme influences Sonic Youth ou Sisters Of Mercy. À raison. Du haut de ses quasi sept minutes au compteur, 'Oweynagat' trempe son pinceau dans les couleurs désenchantées qui lui servent à peindre un tableau aux multiples plans. De fait, si le chant féminin forme une première couche, la plus évidente, la plus ensorcelante aussi, derrière ce fragile paravent prolifère un canevas instrumental qui peu à peu s'élève lors d'une seconde partie que tissent guitares aux lignes obsédantes et percussions métronomiques tandis que la voix féminine, de mélopées spectrales se meut en lointains cris possédés avant de disparaître, laissant la six-cordes orchestrer une conclusion d'une déchirante beauté. Plus fantomatique et squelettique, 'Inside The Cave Of The Cat' est calqué sur son devancier dont il offre une relecture vierge de toute présence électrique et en mode mineur. Bien entendu, la découverte de cette carte de visite se solde par un goût de trop peu mais celle-ci doit être prise pour ce qu'elle est, la mise en bouche d'un véritable premier album annoncé pour le début de l'année prochaine. 3/5 (2016) | Facebook
Pour plusieurs raisons finalement. Pour son line-up déjà, qu'anime l'ancienne section rythmique du défunt et parti prématurément The Devil's Blood, Job van de Zande à la basse et Micha Haring derrière les fûts, soutenue par une paire de guitaristes dont Nick Polak (Gold) et une chanteuse pétillante, Ryanne van Dorst (Elle Bandita), atout de charme et de choc auquel nous sommes nécessairement toujours un peu sensibles. Pour Prophecy Productions, label à l'identité affirmée dont toutes les offrandes se révèlent aussi originales que précieuses (ceci expliquant sans doute cela). Enfin et surtout pour son contenu certes petit par la taille mais grand par son potentiel qu'on devine encore à peine défloré, entre doom (un peu), psyché (aussi) et post punk (beaucoup). Le groupe cite comme influences Sonic Youth ou Sisters Of Mercy. À raison. Du haut de ses quasi sept minutes au compteur, 'Oweynagat' trempe son pinceau dans les couleurs désenchantées qui lui servent à peindre un tableau aux multiples plans. De fait, si le chant féminin forme une première couche, la plus évidente, la plus ensorcelante aussi, derrière ce fragile paravent prolifère un canevas instrumental qui peu à peu s'élève lors d'une seconde partie que tissent guitares aux lignes obsédantes et percussions métronomiques tandis que la voix féminine, de mélopées spectrales se meut en lointains cris possédés avant de disparaître, laissant la six-cordes orchestrer une conclusion d'une déchirante beauté. Plus fantomatique et squelettique, 'Inside The Cave Of The Cat' est calqué sur son devancier dont il offre une relecture vierge de toute présence électrique et en mode mineur. Bien entendu, la découverte de cette carte de visite se solde par un goût de trop peu mais celle-ci doit être prise pour ce qu'elle est, la mise en bouche d'un véritable premier album annoncé pour le début de l'année prochaine. 3/5 (2016) | Facebook
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