En 1919, Pierre Benoit publie L'Atlantide, qui rencontre un immense succès. Le cinéma s'en empare et on ne compte pas moins de cinq adaptations du roman, sans compter un téléfilm réalisé en 1972. Les sirènes d'Atlantis est l'une d'entre elles. Si sa paternité compliquée - pas moins de quatre metteurs en scène dont John Brahm et peut-être Douglas Sirk, se sont ainsi succédé - laisse craindre un naufrage, le film ne souffre pas de cette gestation chaotique. Que ce soit son monteur (Greg Tallas) qui ait été chargé par la United Artists de coller les morceaux, peut expliquer la bonne tenue générale d'un métrage qui reste malgré tout plutôt homogène. Ceci étant, l'oeuvre reste mineure, souffrant d'un manque de moyens évident qui l'oblige à circonscrire le récit entre les murs du royaume de la reine Antinea. Face à des comédiens assez ternes, dont son époux d'alors, Jean-Pierre Aumont, Maria Montez magnétise l'écran, trouvant dans le rôle de cette cruelle souveraine aux allures de mante religieuse, un des plus beaux rôles de sa courte carrière. Sans elle et de belles images finales où l'on devine le corps du lieutenant André Saint-Avit enseveli sous le sable, cette version de l'Atlantide n'aurait pas la même saveur. (vu le 19.01.2019)
AU PIF
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Mark Robson | Le champion (1949)
Le champion s'inscrit dans cette tradition américaine des années 40, où la boxe s'écrit à l'encre désespérée du film noir, aux côtés de Sang et or et Nous avons gagné ce soir. Après une belle série de seconds rôles dans des oeuvres marquantes (L'emprise du crime, La griffe du passé, L'homme aux abois et Chaînes conjugales), Kirk Douglas se retrouve cette fois-ci en haut de l'affiche, sous la direction de Mark Robson, pour qui aussi, cette production est importante car plus ambitieuse que les bandes horrifiques néanmoins réussies, qu'il a jusque là mis en scène (Bedlam, L'île des morts).
Son expérience, réputée, de monteur (pour Tourneur ou Welles), commande une réalisation sèche et sans afféteries. L'ambiance des salles de boxe sordides, des rings nichés au fond de salles enfumées, est parfaitement retranscrite. Le film inaugure pour Douglas une série de personnages pétris par la rage, qui cherchent à s'élever socialement, quitte à écraser l'amour et l'amitié (Le gouffre aux chimères, Histoires de détective...), hommes ombrageux ni tout blancs ni tout noirs et perdants magnifique que l'on ne peut vraiment détester. Le monde de la boxe est dépeint de façon classique mais le portrait de ce révolté constamment à vif échappe aux conventions, notamment grâce au jeu puissant du comédien qu'épaulent les toujours impeccables Arthur Kennedy et Paul Stewart. De Ruth Roman à Lola Albright sans oublier Marilyn Maxwell, la distribution féminine est de qualité. Elles incarnent trois femmes qui, à leur manière, essayeront de comprendre cet homme qui ne peut finir que seul. A noter que, contrairement aux apparences, le film n'a rien à voir avec ses deux homonymes, signés King Vidor puis Franco Zeffirelli. (vu le 03/12/2018)
Son expérience, réputée, de monteur (pour Tourneur ou Welles), commande une réalisation sèche et sans afféteries. L'ambiance des salles de boxe sordides, des rings nichés au fond de salles enfumées, est parfaitement retranscrite. Le film inaugure pour Douglas une série de personnages pétris par la rage, qui cherchent à s'élever socialement, quitte à écraser l'amour et l'amitié (Le gouffre aux chimères, Histoires de détective...), hommes ombrageux ni tout blancs ni tout noirs et perdants magnifique que l'on ne peut vraiment détester. Le monde de la boxe est dépeint de façon classique mais le portrait de ce révolté constamment à vif échappe aux conventions, notamment grâce au jeu puissant du comédien qu'épaulent les toujours impeccables Arthur Kennedy et Paul Stewart. De Ruth Roman à Lola Albright sans oublier Marilyn Maxwell, la distribution féminine est de qualité. Elles incarnent trois femmes qui, à leur manière, essayeront de comprendre cet homme qui ne peut finir que seul. A noter que, contrairement aux apparences, le film n'a rien à voir avec ses deux homonymes, signés King Vidor puis Franco Zeffirelli. (vu le 03/12/2018)
John Sturges | Les aventuriers du désert (1949)
Les chevaux, le désert et surtout Randolph Scott ne doivent pas vous tromper, Les aventuriers du désert ressemble plus à un film noir qu'à un vrai western. L'histoire se déroule dans les années 40 et l'intrigue policière prend le pas sur la quête du trésor perdu dans les sables. Bien que réalisée par John Sturges dont c'est le premier film important, l'oeuvre porte avant tout la marque de son producteur (avec le fidèle Harry Joe Brown) et vedette, Randolph Scott donc : tournage à l'économie, récit efficace, mise en scène au cordeau etc... S'il tient en haleine tout du long, notamment grâce à son excellente distribution (avec Kennedy, Ireland et Buchanan quand même) et un noir et blanc riche en contraste, The Walking Hills se révèle pourtant inférieur aux westerns que l'acteur tournera plus tard avec Budd Boetticher (La chevauchée de la vengeance...), la faute à un ensemble un peu étriqué justement et des personnages dont le passé aurait mérité d'être plus approfondi. (vu le 30/10/2018)
Edgar G. Ulmer | Le pirate de Capri (1949)
En quelques mots : On a beau vénérer l'éditeur Artus Films, reconnaissons que sa collection "Les grands classiques hollywoodiens" porte franchement mal son nom car mensonger. En effet, point de "classiques" à l'horizon mais des séries B souvent fauchées quoique toujours dignes d'intérêt. De fait, n'attendez pas de ce Pirate de Capri un film d'aventures à la hauteur de L'aigles de mers (Michael Curtiz - 1940), de Pavillon noir (Frank Borzage - 1945) ou même du Corsaire rouge (Robert Siodmak - 1952) mais plutôt une petite production plus proche au final de Zorro que des traditionnelles histoires de corsaires. Co-produite par les Etats-Unis et l'Italie, l'oeuvre possède une esthétique plus européenne qu'américaine. Son casting est un peu terne mais Ulmer profite de moyens relativement conséquents pour trousser un film enlevé que sauvent quelques beaux décors et certains plans bien éclairés. Une rareté plus qu'un classique, présentée dans une copie à peine passable et sans vrais bonus.
Richard Fleischer | Le traquenard (1949)
En quelques mots : Peut-être parce qu'il a touché à tous les genres, du drame au western, de la SF aux film d'aventures, généralement non sans bonheur, nombre de critiques ne voient en Richard Fleischer qu'un habile technicien. Sa carrière force portant le respect et sa contribution au film noir est loin d'être anecdotique. Avant de réaliser des classiques tels que Les inconnus dans la ville (1955), L'étrangleur de Boston (1968) ou bien Les flics ne dorment pas la nuit (1972), le cinéaste s'est fait la main, comme Anthony Mann, en troussant quelques séries B dont les contraintes d'un budget serré, loin de le paralyser, lui ont permis au contraire d'imposer un style, sec et nerveux. Tourné en 1949, Le traquenard s'inscrit dans une veine semi-documentaire alors en vogue, basé ici sur les faux-monnayeurs et le travail des agents fédéraux. Comme souvent avec ce genre de petites productions, la faiblesse des moyens se voit compensée par de bonnes idées, tant d'un point de vue scénaristique que visuel. Le fait d'avoir fait jouer le méchant par Lloyd Bridges, cantonné d'ordinaire aux rôles positifs et à contrario, celui du héros par John Hoyt dont le visage émacié est taillé pour les bad guys, permet ainsi au film de surprendre d'entrée de jeu. Jouant des décors urbains (le hangar à tramway où se déroule le final) et d'une lumière constamment grignotée par l'obscurité, Fleischer exécute des séquences au cordeau, d'une brutalité qui claque. Ebauche des grands films à venir, Trapped n'en confirme pas moins alors la maîtrise grandissante du metteur en scène.
Richard Wallace | Adventure In Baltimore (1949)
En quelques mots : Adventure In Baltimore, également connu en France sous le titre Un délicieux scandale, est une comédie américaine anodine mais charmante, qui doit beaucoup de son agréable entrain à la présence de Shirley Temple dont il est un des derniers films. La petite fille a grandi et n'est plus la coqueluche de Hollywood. Au sein d'un casting assez terne, qu'animent les palots Robert Young et John Agar, elle n'a aucun mal à imposer sa jolie frimousse. Mais, éternelle enfant pour toute une génération, il y a quelque chose de presque indécent à la voir adulte, les lèvres charnues et désirable. De là peut-être l'échec de cette production, pourtant emballée avec savoir-faire par un Richard Wallace lui aussi en fin de carrière, la mort l'emportant deux ans plus tard. Oubliée et oubliable, l'oeuvre mérite toutefois un coup d'oeil, même distrait.
Chez Rarefilm
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