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Suzi Ewing | 10x10 (2017)


Un film avec Kelly Reilly, cela ne se refuse pas, même s'il est mineur, qu'il n'a pas rencontré un franc succès et qu'il se fait assassiner par les critiques. Tel est le cas de 10x10, Outfall en anglais. S'il n'est pas sans défauts, celui-ci tient néanmoins en haleine et surtout n'est pas inintéressant dans sa manière de jouer avec les codes du thriller claustrophobique, ce qui est d'ailleurs son seul intérêt. A première vue, rien de nouveau donc avec cette intrigue qui voit une jeune femme être kidnappée par un homme qui la retient ensuite prisonnière d'une pièce (d'où le titre français) à l'intérieur de sa maison isolée. Pourtant très vite, on devine que les motivations du ravisseur ne sont ni sexuelles ni sadiques. On sent de la douleur dans ce personnage tout en tension rentrée. On comprend que  Cathy cache en réalité un lourd secret. Et les rôles finissent pas s'inverser.
De victime, toutefois assez retors, la belle se transforme en folle meurtrière et celui qui devait être le bourreau, devient la proie. Une mise en scène quasi inexistante, un démarrage un peu trop long et à contrario, une fin qui parait avoir été avortée, embarrassent cependant ce petit film qui, tout en prenant une autre direction que celle qui lui était promise, ne parvient pas non plus à s'élever au-dessus de la série B. Agréable à tout le moins. (vu le 10/11/2018)










Goddess | Kelly Reilly

















James Watkins | Eden Lake (2008)


Tourné en pleine vogue du cinéma d'horreur survivaliste, Eden lake se hisse cependant largement au-dessus de la mêlée et ce, pour plusieurs raisons. Pour ses visées sociologiques, questionnant sur l'éducation et la reproduction chez les adolescents des violences subies. Pour ses références évidentes à Délivrance et son retour à la nature qui se mue en cauchemar et aux Chiens de paille (l'affrontement entre des citadins, plutôt intellectuels et des "bouseux" bas du plafond). Pour avoir donné le premier rôle à une femme dont la supposée faiblesse rend son combat plus haletant encore, rôle campée par une des plus belles et plus brillantes comédiennes du moment, Kelly Reilly. Pour avoir fait des enfants la source du mal. Pour la spirale horrifique qui s'abat sur nos deux héros en une mécanique implacable. Pour cette violence tantôt sourde ou insoutenable qui joue avec nos nerfs. Pour ce final enfin, à glacer le sang.