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François Reichenbach | Ourasi, trotteur français (1989)
























L'existence même de ce film suffit à expliquer pourquoi Ourasi ne sera jamais remplacé. On imagine mal aujourd'hui un réalisateur de l'acabit de François Reichenbach réaliser un documentaire sur Bold Eagle, l'héritier de l'alezan brûlé (pour le palmarès s'entend), crack inconnu en dehors du cercle restreint des turfistes.

KröniK | Whitesnake - Slip Of The Tongue (1989)


L’album le plus décrié de la carrière du Serpent blanc, le voici-ci. Malgré son succès, pourquoi a-t-il déclenché à ce point l’ire des fans ?  Tout simplement car ceux-ci ne reconnaissent plus le groupe qu’ils chérissaient tant depuis la fin des années 70 et ce, en dépit de la relecture du classique “ Fool For You Loving ”, figurant à l’origine sur Ready An’ Willing. Surtout David Coverdale, désormais unique rescapé de la formation des débuts a recruté pour ce disque, outre le bassiste Rudy Sarzo et le batteur Tommy Aldridge, le virtuose du manche Steve Vai, lequel, même s’il tisse des soli magnifiques tout au long de ces dix titres, n’a pas vraiment sa place dans le groupe.

La rencontre entre ces deux fortes personnalités aboutit en toute logique à un album hybride, Vai ne se coulant pas aussi facilement que John Sykes dans le style du combo. C’est donc un Whitesnake méconnaissable que nous découvrons ici. Pourtant est-ce à dire que cet opus est mauvais ? Bien au contraire car il s’agit peut-être de sa meilleure galette. Sa plus heavy aussi, comme le prouvent les titanesques “ Slip Of The Tongue ” et “ Wings Of The Storm ” qui vous scotchent littéralement au mur ; ainsi que la quasi absence de ballades, à l’exception du superbe “ The Deeper The Love ”. A l’image des deux premiers morceaux cités, la production concoctée à nouveau par le tandem Mike Clink / Keith Olsen, est énorme et confère à l’ensemble de l’album une gaule terrible. Slip Of The Tongue sait aussi être épique : le zeppelinien “ Judgment Day ” et “ Sailing Ships ” sont là pour nous le montrer de la plus majestueuse des manières. Enfin, David Coverdale prouve encore une fois avec ce chef-d’œuvre quel talentueux chanteur il demeure, même si ses rugissement semblent parfois bien proches de ceux du Robert Plant de la grande époque. Notons pour terminer que Glenn Hughes, l’ancien compère du chanteur au sein de Deep Purple apparaît sur l’album en tant que choriste, à un moment où le bassiste se noie dans de graves problèmes de drogue dont il parviendra à se débarrasser seulement quelques années après. (2006)


KröniK | Watchtower - Control And Resistance (1989)


Si l’on attend d’un disque culte qu’il soit important dans l’histoire du genre tout en n’ayant pas été un gros succès commercial, alors le deuxième opus de Watchtower, Control And Resistance en est effectivement un. A la fin des années 80 le metal progressif se limitent à une poignée de groupes tels que Fates Warning (Dream Theater n’en est alors qu’à ses débuts) et musicalement s’apparente surtout à une déclinaison en plus technique du Heavy Metal. Ouvrant la voie au techno-Thrash qui explosera un peu plus tard avec Coroner, Cynic ou Atheist, Watchtower livre donc un album  de metal progressif qui dépasse les limites du genre, à la fois novateur et précurseur, de part sa technicité époustouflante.
Avec leur déluge de notes, les monstrueux “ The Fall Of Reason ” et “ Control And Resistance ” écrasent tout sur leur passage. Toutefois ce disque, à la qualité indéniable n’a pas très bien vieilli en raison de la voix pour le moins spéciale d’Alan Tecchio et du son de batterie de Rick Colaluca. En revanche, le leader et guitariste Ron Jarzombeck  abat un boulot formidable.  Un disque référentiel mais peut-être trop froid pour emporter totalement l’adhésion. Bref ce que l’on reproche à la plupart des albums du genre. (2006)

3/5 

KröniK | W.A.S.P. - The Headless Children (1989)

Après trois albums très typés Hard US (ou Hair Metal comme on veut), Blackie Lawless désire prendre ses distance par rapport à cette scène et s’imposer comme un compositeur respectable et engagé. Le résultat ? The Headless Children, une des meilleures galettes du groupe. En fait, c’est carrément un nouveau W.A.S.P. que nous découvrons à son écoute, plus mature, plus ambitieux aussi, néanmoins toujours aussi féroce (même beaucoup plus que sur le médiocre Inside The Electric Circus). Il n’y a absolument rien à jeter sur ce disque, alternant des titres heavy, épiques et énormes (“ The Heretic ”, “ The headless Children ”, “ Thunderhead ”) et des morceaux plus rentre-dedans (“ Mean Man ”  et surtout “ The Neutron Bomber ”) sans oublier la ballade quasi obligée mais très réussie (“ Forever Free ”).
Lawless fait hurler sa voix si particulière et derrière, les musiciens assurent ce qu’il faut. On obtient donc un des incontournables du Hard américain des années 80. Le groupe continuera sur sa lancée trois ans plus tard avec The Crimson Idol. Beaucoup considèrent la première période du groupe comme la plus importante, il est pourtant permis de préférer  ce diptyque, certes moins fun et outrancier, mais plus ambitieux musicalement et textuellement. (2006)

4.5/5

Sergio Citti | Mortacci (1989)


Si on a du mal à imaginer Vittorio Gassman, Alvaro Vitali et surtout Malcolm McDowell sur une même affiche, Sergio Citti a pourtant réussi à réunir les trois comédiens le temps de ce Mortacci, sorte de comédie gentiment macabre où des morts attendent dans un cimetière avant de rejoindre le paradis. Si la grande époque du film à sketchs italien est loin en cette fin des années 80, cette production séduit par son côté loufoque et par les situations cocasses sinon absurdes qui ont conduit nos morts vers l'au-delà. En veuve éploré (?) de la belle Carol Alt, McDowell cabotine à fond les manettes mais comme le genre s'y prête, on ne lui en tiendra pas rigueur. Cette partie de sa carrière se révèle très intéressante, le voyant mordre à pleines dents dans tous les registres, de la comédie donc à la S.F. (Moon 44) au drame hermétique (Il Maestro). 










Buddy Van Horn | Pink Cadillac (1989)


En quelques mots : Pink Cadillac s’inscrit dans la période la moins faste de Clint Eastwood, tant sur le plan professionnel que personnel. De Bird en 1988 à La relève en 1991, tous ses films connaissent peu de succès, à part La dernière cible, lequel est toutefois, de toutes les aventures de Dirty Harry, celle qui a le moins bien marché au box-office (19 millions de dollars de recettes américaines contre près de 35 millions pour Le retour de l’inspecteur Harry en 1983). La biographie de Charlie Parker et Chasseur blanc, cœur noir, tous deux présentés au festival de Cannes, constituent d’incontestables réussites artistiques et sont bien reçus par la critique mais leurs sorties se soldent pas de graves échecs. Ce troisième film de Buddy Van Horn représente, à l’instar du cinquième épisode de l’inspecteur Harry, une sorte de monnaie d’échange pour Bird vis à vis de la Warner. Pink Cadillac est le seul film de l’acteur à ne pas être sorti en salles en dehors des Etats-Unis ce qui, au vu de toutes les inepties qui polluent à longueur d’année nos écrans, semble pour le moins incompréhensible ! Alors certes, cette comédie d’action sans prétention, sans grande personnalité et platement filmée par Buddy Van Horn, demeure sans doute une des œuvres les plus mineures de Clint Eastwood. Le début est laborieux, la fin interminable, et le gang d’extrême droite, les Purs sangs est dépeint de manière grossière et caricaturale et sans l’humour du gang des Veuves noires de Doux, dur et dingue et Ca va cogner auxquels Pink Cadillac se rapproche. Malgré tout, le film présente un certain intérêt. Il s’avère plaisant à regarder, grâce notamment à ses nombreuses scènes d’action. Clint, dont le charisme est intact, semble davantage à l’aise que dans La dernière cible et il s’amuse à se déguiser et à composer différents personnages. Par sa décontraction, Tom Novak est une sorte de cousin de Philo Bedoe. Le tandem que l’acteur constitue avec Bernadette Peters fonctionne plutôt bien et ils ont quelques bonnes scènes ensemble. Enfin, il permet de remarquer la présence de certains habitués des films du cinéaste : Geoffrey Lewis, Bill McKinney, Frances Fisher (laquelle ne tarde pas à devenir sa nouvelle compagne) pour les plus évidents. Notons aussi les apparitions de Mara Corday (elle jouait déjà dans Tarantulaen 1955), Paul Benjamin (vu dans L’évadé d’Alcatraz), John Dennis Johnson (un des suppléants de Pale Rider), James Cromwell et Jim Carrey dans une imitation irrésistible de Elvis Presley. Pink Cadillac n’est donc pas le navet que certains prétendent ! 


Krönik | Death - Spiritual Healing (1989)


Artiste génial et visionnaire, Chuck Schuldiner a toujours conservé un temps d'avance par rapport à ses concurrents. Ainsi, non content d'avoir (presque) inventé à lui seul le Death Metal avec "Scream Bloody Gore" puis "Leprosy", gravés respectivement en 1987 et 1988, l'Américain entraîne très vite le genre dans une voie plus technique, loin de la sauvagerie primitive, évolution incarnée par "Human", quatrième album aux allures de mètre-étalon de ce qu'on appelle alors le Techno Death, auquel Pestilence, Cynic ou Nocturnus offriront d'autres fleurons. Mais entre les débuts sanglants et baveux et cette pierre angulaire, il y a "Spiritual Healing" dont la position charnière fait de lui un pont entre les deux styles, entre la jeunesse du groupe et sa maturité. La formation, comme toujours éphémère, qui entoure ce véritable Picasso du metal de la mort se veut à juste titre révélateur de cette transition, le batteur Bill Andrews (Massacre) et le bassiste Terry Butler (futur Six Feet Under) représentant d'une certaine façon le côté plus orthodoxe de Death tandis que le guitariste virtuose James Murphy apporte au groupe une technicité alors nouvelle. Musicalement, "Spiritual Healing", qu'émaillent nombre de perles de l'acabit du titre éponyme ou de 'Defensive Personalities', permet donc à ses géniteurs d'entamer leur mue. Reprenant les choses là où "Leprosy" les a laissées, ce nouvel album s'en éloigne, en plus d'une complexité en germe, par ses atours sinon plus mélodiques (tout est relatif bien entendu), du moins souvent plus lourds ('Altering The Future'). De fait, s'il affiche une vélocité certaine, comme l'illustre par exemple 'Genetic Reconstruction',  l'opus n'est pas avare en mid-tempo vicieux, en fractures intenses, ce qu'illustre d'entrée de jeu 'Living Monstruosity' et son maillage tendu. A la linéarité brutale en vigueur sur "Scream Bloody Gore" succèdent ainsi des structures alambiquées, véritable chevauchement de strates d'une écrasante densité, à l'image de ce son hyper-compressé concocté par l'incontournable Scott Burns, le gourou des manettes dans l'antre des Morrisound Studios de Tampa. De plus, ce troisième album, à nouveau habillé d'une mémorable pochette signée (pour la dernière fois) par le mythique Ed Repka, voit son principal auteur rompre avec les thèmes sanguinolents habituels, leur préférant désormais des textes plus matures, réflexions sur le monde et la société, preuve encore une fois de l'intelligence de Chuck Schuldiner, à des années-lumière des garçons-bouchers bas du plafond auxquels le genre est souvent - à tort - associé. S'il reste des oripeaux de ses prédécesseurs (les premières mesures de 'Within The Mind'), "Spiritual Healing" fait franchir au groupe une étape supplémentaire vers une musique plus technique encore, plus belle également annonçant en cela le chef-d'œuvre à venir, "Human". 4/5 (2015)


                                   

KröniK | Doro - Force Majeure (1989)


Premier album publié en solo, Force Majeure tient un rôle particulier dans la discographie de Doro en cela qu’il fait office de transition avec son précédent groupe. En 1987, alors qu’il publie son quatrième opus, Triumph And Agony avec le succès que l’on sait, Warlock n’est déjà plus ce qu’il était à ses débuts. De la formation d’origine, la jeune femme, qui s'est très vite imposée au détriment de ses compagnons, est la seule à être encore présente et la musique, au départ très heavy, a peu à peu dérivé vers des rivages plus mélodiques et FM.
Le groupe aurait pu survivre à cette évolution, mais privé du droit de conserver le nom Warlock à cause de leur ex-manager, Doro grave donc en 1989 ce qui aurait pu être le successeur de Triumph And Agony, ce qui explique pourquoi Force Majeure est sorti, à l'instar également de la compilation Rare Diamonds, sous la double bannière Doro + Warlock La présence du batteur Bobby Rondinelli (ex Rainbow), du bassiste Tommy Henriksen et du songwriter Joey Balin, ainsi que le visuel proche graphiquement de l'ultime opus cité plus haut, témoignent qui plus est de cette parenté évidente. Ce rappel historique exposé, penchons-nous donc sur cette rondelle qu’il est permis de considérer comme une des pierres angulaires de la carrière de la sympathique et charismatique teutonne, qui reste tout de même une des rares femmes à jouir d’une telle aura dans le monde du métal. Il comprend en effet de très bons titres qui poursuivent la direction entamée par le testament de son ancienne formation vers une « américanisation » du son (et du look !), ce que l’album suivant, Doro, fera bien plus que confirmer. Etonnamment, le menu débute par une reprise du standard de Procol Harum, "A Whiter Shade Of Pale", que la belle revisite avec une réussite certaine, reprise qui deviendra par la suite un des classiques de son répertoire. Suivent ensuite douze chansons originales, parmi lesquelles il faut citer le lourd "Save My Soul", le plus rapide "World Gone Wild", "Cry Wolf" et "Hellraiser", sans oublier "Hard Times". Doro se fend aussi de plusieurs ballades qui fond mouche, ce qui ne sera pas toujours le cas par la suite : "Mission Of Mercy", assez musclée tout de même, "River Of Tears", enrobée de lignes acoustiques, et surtout le très beau et sobre, bien que court, "Beyond The Trees", où la blonde, accompagné d’un piano, transpire l’émotion. On comprend pourquoi Force Majeure, rapidement disque d'or en Allemagne, demeure plus de vingt ans après sa sortie, un des albums préférés des fans. 3.5/5 (2010)






Ashra - Walkin' The Desert (1989)



















Alors que les années 70 furent pour lui une période foisonnante par sa fécondité (9 albums sans compter les collaborations diverses avec les Cosmic Jokers et le Tarot de Walter Wegmüller), la décennie suivante ouvre en revanche pour Manuel Göttsching une phase de productivité en berne.