"Ekpyrosis", le premier album de Decoherence (black metal), sortira le 22 novembre 2019 chez Sentient Ruin Laboratories.
AU PIF
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Decoherence | S/T (2019)
On peut toujours compter sur Sentient Ruin Laboratories pour pêcher au fond d'une nasse malsaine les groupes les plus noirs et radicaux dans leur expression d'un metal extrême, black ou death metal (voire les deux à la fois), viscéral et corrosif tout ensemble. Decoherence appartient à cette race de méfait dont la courte durée est inversement à la brutale négativité qui s'en dégage.
News | Clavicvla - Sepulchral Blessing
Après "Sermons", Clavicvla (Ritual black dark ambient) est de retour avec "Sepulchral Blessing", le 1er novembre chez Cyclic Law et Sentient Ruins Laboratories.
KröniK | Aversio Humanitatis - Longing For The Untold (2017)
On peut toujours faire confiance à Sentient Ruins Laboratories pour dénicher de terrifiants fossoyeurs, peintres déments d'une expression abyssale dont la noirceur apocalyptique parait sans limites. Aversio Humanitatis vient nous en fournir l'illustration la plus effroyable. Nous étions pourtant passés à côté de ces Espagnols auteurs jusqu'à présent d'un seul album il y a six ans (Abandonment Ritual), suivi par deux splits dont Three Ways Of Consciousness que le groupe remplissait de trois pistes agglomérées aujourd'hui comme bonus à la réédition en cassette de ce Longing For The Untold, publié à l'origine en CD par son compatriote BlackSeed Productions.
Après avoir pénétrés l'intimité crépusculaire de cette offrande, on mesure vite combien nous avions eu tort d'ignorer cette horde noire qui érige un tertre à la fois cyclopéen et caverneux avec une puissance venimeuse. Dès le départ, il y a ce visuel qui tranche par rapport aux canons du genre, avec cette mer déchainée qui se fracassent contre des rochers. Bien qu'évoquant un quelconque black metal d'obédience post atmosphérique, celui-ci exerce néanmoins d'emblée une espèce de fascination, une sorte d'attraction magnétique, invite impérieuse à plonger dans des remous ténébreux. Et c'est en réalité un art noir aussi convulsif que tranchant, qui bouillonne d'une négativité tendue, qui s'ébranle avec l'éponyme Longing For The Untold. Implacables de maîtrise dans l'érection d'une forteresse tumultueuse, les Ibériques font couler dans ce metal ombrageux le jus d'un death aussi vicié que reptilien, aboutissant à un matériau étouffant qui s'abîme avec des soubresauts frénétiques dans les entrailles obscures de cavités glaciales comme la roche en hiver. Denses et gonflées d'une tension sismique, ces compos épousent la forme torrentielle de labyrinthes dont les tentaculaires ramifications se répandent sous la terre en un lacis compliqué. Sur un socle rythmique inhumain, Aversio Humanitis sculpte un édifice oppressant que percent des tunnels sinueux aux allures de corridors pétrifiés. Dans le sillage infernal des Abyssal et autre Deathspell Omega, les Espagnols participent de cette mutation fiévreuse où black et death metal s'accouplent en un rituel cérébral, gommant les frontières, les limites, vortex désincarné broyant toute trace de vie et de chaleur, voire d'émotions si ce n'est une mélancolie froide et nauséeuse. Dissonant, Longing For The Untold palpite d'une force incisive comme un couperet souillé de sang, béhémoth qui emporte tout sur son passage et creuse de profonds stigmates dans la peau et dans la mémoire. Une découverte ! 3.5/5 (13/08/2017)
Après avoir pénétrés l'intimité crépusculaire de cette offrande, on mesure vite combien nous avions eu tort d'ignorer cette horde noire qui érige un tertre à la fois cyclopéen et caverneux avec une puissance venimeuse. Dès le départ, il y a ce visuel qui tranche par rapport aux canons du genre, avec cette mer déchainée qui se fracassent contre des rochers. Bien qu'évoquant un quelconque black metal d'obédience post atmosphérique, celui-ci exerce néanmoins d'emblée une espèce de fascination, une sorte d'attraction magnétique, invite impérieuse à plonger dans des remous ténébreux. Et c'est en réalité un art noir aussi convulsif que tranchant, qui bouillonne d'une négativité tendue, qui s'ébranle avec l'éponyme Longing For The Untold. Implacables de maîtrise dans l'érection d'une forteresse tumultueuse, les Ibériques font couler dans ce metal ombrageux le jus d'un death aussi vicié que reptilien, aboutissant à un matériau étouffant qui s'abîme avec des soubresauts frénétiques dans les entrailles obscures de cavités glaciales comme la roche en hiver. Denses et gonflées d'une tension sismique, ces compos épousent la forme torrentielle de labyrinthes dont les tentaculaires ramifications se répandent sous la terre en un lacis compliqué. Sur un socle rythmique inhumain, Aversio Humanitis sculpte un édifice oppressant que percent des tunnels sinueux aux allures de corridors pétrifiés. Dans le sillage infernal des Abyssal et autre Deathspell Omega, les Espagnols participent de cette mutation fiévreuse où black et death metal s'accouplent en un rituel cérébral, gommant les frontières, les limites, vortex désincarné broyant toute trace de vie et de chaleur, voire d'émotions si ce n'est une mélancolie froide et nauséeuse. Dissonant, Longing For The Untold palpite d'une force incisive comme un couperet souillé de sang, béhémoth qui emporte tout sur son passage et creuse de profonds stigmates dans la peau et dans la mémoire. Une découverte ! 3.5/5 (13/08/2017)
A Stick And A Stone - The Long Lost Art Of Getting Lost (2017)
S'il nous arrive souvent d'être abusé par un chant féminin aussi testiculeux que celui d'un homme, l'inverse, quoique plus rare, existe également.
KröniK | Petrification - Summon Horrendous Destruction (2017)
Au moins avec Petrification, il ne saurait y avoir tromperie sur la marchandise. Tout ici, de son patronyme à la pochette habillant cette petite carte de visite, suinte le bon vieux death metal des familles, baveux à souhait, cendreux et exhalant des remugles de caveaux humides. Bref, ces Américains ont le manche braqué vers la Scandinavie et à la Suède en particulier, une scène dont la seule évocation suffit déjà à affoler l’érectomètre. On connait le genre par cœur, depuis ces tempos épais, baignant dans un jus fétide, à ces accélérations souvent avortées, sans oublier cet accordage plus bas de terre et ces vociférations de gargouilles enrouées mais pourtant ça marche (presque) à chaque fois.
Comme c’est le cas avec Petrification dont la jeunesse ne rime pas avec maladresse, bien au contraire. Maîtrisant de fait ce credo morbide jusqu’au bout de ses ongles noircis par un stupre evil et visqueux, le groupe éjacule une coulée grumeleuse comme on l’aime. Petite bestiole de vingt minutes à peine peut-être, éditée en cassette par Sentient Ruins Laboratories, Summon Horrendous Destruction n’en honore ainsi pas moins son cahier des charges. En quatre crachats qui sentent bon la décomposition avancée, le groupe se présente comme un très bon disciple sachant patauger dans la barbaque sans pour autant s’enliser dans les viscères. Rien que le titre éponyme, qui écarte les cuisses de ce EP, est déjà une manière de leçon, de synthèse. Après une lente et pesante entame, irriguée par des guitares ferrugineuses, le rythme s’emballe (un peu), avant que la trame ne soit perforée de malsains coups de boutoir. Stagnation Of Transmigration prend ensuite le relais, alternant éruptions fiévreuses et descentes à la mine. The Headless One Master quant à lui, se fait plus funèbre, tout d’abord enveloppé dans une brume rugueuse puis martelant un tempo à la fois véloce et gangreneux mais creusé de gouffres sinistres au fond desquels bouillonne une noirceur charbonneuse. Avec Desecrators Of Conscious Entrophy, la fin approche déjà, pulsation taillée dans ce même bois old school. Bref, Summon Horrendous Destruction est le jet séminal prometteur d’un combo qui a tout compris au genre, peu original certes mais capable de réveiller des zombies pour une effroyable et vicieuse nuit des morts-vivants. 3/5 (2017) | Facebock
Comme c’est le cas avec Petrification dont la jeunesse ne rime pas avec maladresse, bien au contraire. Maîtrisant de fait ce credo morbide jusqu’au bout de ses ongles noircis par un stupre evil et visqueux, le groupe éjacule une coulée grumeleuse comme on l’aime. Petite bestiole de vingt minutes à peine peut-être, éditée en cassette par Sentient Ruins Laboratories, Summon Horrendous Destruction n’en honore ainsi pas moins son cahier des charges. En quatre crachats qui sentent bon la décomposition avancée, le groupe se présente comme un très bon disciple sachant patauger dans la barbaque sans pour autant s’enliser dans les viscères. Rien que le titre éponyme, qui écarte les cuisses de ce EP, est déjà une manière de leçon, de synthèse. Après une lente et pesante entame, irriguée par des guitares ferrugineuses, le rythme s’emballe (un peu), avant que la trame ne soit perforée de malsains coups de boutoir. Stagnation Of Transmigration prend ensuite le relais, alternant éruptions fiévreuses et descentes à la mine. The Headless One Master quant à lui, se fait plus funèbre, tout d’abord enveloppé dans une brume rugueuse puis martelant un tempo à la fois véloce et gangreneux mais creusé de gouffres sinistres au fond desquels bouillonne une noirceur charbonneuse. Avec Desecrators Of Conscious Entrophy, la fin approche déjà, pulsation taillée dans ce même bois old school. Bref, Summon Horrendous Destruction est le jet séminal prometteur d’un combo qui a tout compris au genre, peu original certes mais capable de réveiller des zombies pour une effroyable et vicieuse nuit des morts-vivants. 3/5 (2017) | Facebock
KröniK | Gateway - Scriptures Of Grief (2017)
Des sons qui grincent, qui hurlent, échappés d'instruments de torture ou de l'enfer lui même puis cette lente plongée dans les cavernes d'où résonnent tel un écho venu de profondeurs lovecraftiennes des gargouillis de bête tapie dans l'ombre depuis la nuit des temps.
"Scriptures Of Grief" se met en branle comme une créature de l'indicible qui se réveille d'un sommeil millénaire. Pour sa première offrande de l'année 2017, Sentient Ruins Laboratories a décidé de faire dans le caverneux, dans l'abyssal, dans le death doom le plus pestilentiel dont prétendre qu'il tient davantage du cauchemar que d'un simple agrégat sonore est un euphémisme ! La négativité la plus caverneuse comme carburant, Winter ou Disembowlment comme pères nourriciers, Gateway creuse avec "Scriptures Of Grief" un gouffre sans fin, abîme vertigineux qui avale toute trace de lumière, jusqu'au plus petit souffle de vie. Rarement, il nous aura été donné d'entendre un maelström aussi lointain et guttural qui semble avoir été enregistré dans un caisson de résonance forant la terre à la manière d'une funeste excavatrice, le dard gonflé d'une négativité grondante. La nature solitaire du projet, entre les mains du seul Robin van Oyen, participe d'une expression du genre primitive et quasi autarcique. Death cryptique et doom macabre s'accouplent pour mettre bas un monstre aux traits mal dégrossis dont on peine à distinguer la forme, amas de chair qui éructe des cris de gargouilles qu'on éviscère dans la nuit. Contrairement à son prédécesseur éponyme, écarté entre neuf titres, ce second méfait repose sur un socle ramassé que trois longues scarifications divisent. Mais, anonymes, ce qui confère à l'ensemble les allures d'un unique bloc pétrifié, celles-ci se confondent les unes aux autres en un magma visqueux aux contours opaques, marches successives dans les arcanes de catacombes où sont exécutées les pires sévices. Malgré de timides tentatives d'accélération, le tout se révèle prisonnier d'une gangue méphitique dont il ne parvient jamais à s'extraire, traînant les pieds figés dans la glaise. Livré au seul format tape, "Scrpitures Of Grief" ne dure peut-être sur le papier que trente petites minutes mais le ressenti se veut tout autre, tant son absence de progression, sinon de vie, fait de lui un interminable (dans le bon sens du terme, s'entend) râle de douleur qui se répand tel le ressac vicié d'une lave mortifère. A l'instar d'autres entités venues de Belgique, telles que Oldd Wvrms, Gateway ouvre les portes de l'enfer avec un sens rude et viscéral de l'atmosphère croûteuse et du mal qui croupit au fond d'une nasse saumâtre. 3.5/5 (2017) | Facebook
"Scriptures Of Grief" se met en branle comme une créature de l'indicible qui se réveille d'un sommeil millénaire. Pour sa première offrande de l'année 2017, Sentient Ruins Laboratories a décidé de faire dans le caverneux, dans l'abyssal, dans le death doom le plus pestilentiel dont prétendre qu'il tient davantage du cauchemar que d'un simple agrégat sonore est un euphémisme ! La négativité la plus caverneuse comme carburant, Winter ou Disembowlment comme pères nourriciers, Gateway creuse avec "Scriptures Of Grief" un gouffre sans fin, abîme vertigineux qui avale toute trace de lumière, jusqu'au plus petit souffle de vie. Rarement, il nous aura été donné d'entendre un maelström aussi lointain et guttural qui semble avoir été enregistré dans un caisson de résonance forant la terre à la manière d'une funeste excavatrice, le dard gonflé d'une négativité grondante. La nature solitaire du projet, entre les mains du seul Robin van Oyen, participe d'une expression du genre primitive et quasi autarcique. Death cryptique et doom macabre s'accouplent pour mettre bas un monstre aux traits mal dégrossis dont on peine à distinguer la forme, amas de chair qui éructe des cris de gargouilles qu'on éviscère dans la nuit. Contrairement à son prédécesseur éponyme, écarté entre neuf titres, ce second méfait repose sur un socle ramassé que trois longues scarifications divisent. Mais, anonymes, ce qui confère à l'ensemble les allures d'un unique bloc pétrifié, celles-ci se confondent les unes aux autres en un magma visqueux aux contours opaques, marches successives dans les arcanes de catacombes où sont exécutées les pires sévices. Malgré de timides tentatives d'accélération, le tout se révèle prisonnier d'une gangue méphitique dont il ne parvient jamais à s'extraire, traînant les pieds figés dans la glaise. Livré au seul format tape, "Scrpitures Of Grief" ne dure peut-être sur le papier que trente petites minutes mais le ressenti se veut tout autre, tant son absence de progression, sinon de vie, fait de lui un interminable (dans le bon sens du terme, s'entend) râle de douleur qui se répand tel le ressac vicié d'une lave mortifère. A l'instar d'autres entités venues de Belgique, telles que Oldd Wvrms, Gateway ouvre les portes de l'enfer avec un sens rude et viscéral de l'atmosphère croûteuse et du mal qui croupit au fond d'une nasse saumâtre. 3.5/5 (2017) | Facebook
KröniK | Feral Light - A Sound Of Moving Shields (2016)
Contrairement aux grosses écuries qui signent à peu prêt n'importe quoi dès lors que cela peut rapporter gros, les petits labels possèdent souvent quant à eux une identité sonore affirmée ou du moins cherchent-ils à en avoir une. Certains occupent une niche particulière, parfois dans la forme (dans le cas des tapes notamment) ou dans le fond, alors arrimés à un (sous) genre précis, quand ce n'est pas les deux à la fois. Basé à San Francisco, le modeste mais passionné Sentient Ruin Laboratories en constitue un bon exemple, viscéralement attaché à une expression aussi ténébreuse que crasseuse, survoltée et minérale, parfois ravagée, toujours intense, où black, doom et death copulent sous l'oeil vicieux d'un crust qui fait souvent plus que prendre part aux ébats mais imprime le tempo, bestial et testiculeux. Bref, avant même d'avoir glissé la cassette, format sous lequel les Américains aiment à les éditer, nous savons déjà de quelle nature sera la semence crachée par ses productions. « A Sound Of Moving Shields », EP séminal de Feral Light, ne déroge pas cette règle. La filiation avec Wolvhammer, dont on croise ici Andy Shoengrund, l'ancien guitariste (à vérifier), confirme par ailleurs le caractère vicié et mortifère d'un art aussi torturé que tortueux. La guerre, l'annihilation de la race humaine, servent de combustible à un black épidermique, tendu comme le foc d'un navire. Courte décharge d'une (petite) trentaine de minutes peut-être, ce galop d'essai n'en expose déjà pas moins les atours prometteurs d'un trio dont le métier ne saurait être contesté, bloc sévère de matière brute qui vibre sous les coups de pilon de guitares rongées par la rouille aux allures de foreuses raclant la chair à vif, avec lesquelles, le chant, d'une rocailleuse âpreté et une batterie qui déchaîne les éléments, composent le substrat meurtri de ces cinq pulsations d'une sourde densité. Et s'il ne tutoie encore ni la sève créative ni la noirceur apocalyptique de son aîné Wolvhammer dont le « Obsidian Plains » demeure un mètre-étalon du genre que n'est pas sans rappeler un titre tel que 'The Mercenary', Feral Light n'a déjà pas son pareil pour charrier une féroce négativité, à l'image de ce 'Hel By Compass', tout en cassures, brutales et souterraines. « A Sound Of Moving Shields » est tout du long écartelé entre éjaculations fiévreuses et repos funèbres ('Baptized In Shellfire', 'In Glorious Battle Slain'). Il ne manque au final à ce premier rôt qu'un peu plus de réussite dans son écriture (encore) trop uniforme, relative faiblesse que la maturité devrait très vite gommer. Dès lors, les Américains seront l'implacable panzer qu'ils espèrent sans doute devenir... 3/5 (2016)
Abstracter / Dark Circles | Split (2016)
Pas moins de six labels situés des deux côtés de l'Atlantique, ont allié leurs forces pour éditer cette union nord-américaine entre Dark Circles et Abstracter, Sentient Ruins Laboratories pour la version digitale et Halo Of Flies, L'Oeil du Tigre, Sick Man Getting Sick, Moment Of Collapse et Shove Records pour le vinyle.
Atrament | Eternal Downfall (2016)
Après les préliminaires de rigueur, prenant la forme d'une démo tape dont la courte durée n'avait d'égale que sa force dévastatrice, le temps est déjà venu pour Atrament de confirmer cette prometteuse défloration en vomissant un premier méfait. « Eternal Downfall » est là, prêt à faire saigner les muqueuses, à racler les chairs à vif. Son titre et le visuel charbonneux qui lui servent d'accroche posent déjà le cadre d'une écoute marquée par une brutalité épidermique aux couleurs noires des abysses. La présence au sein de ce groupe américain de deux membres de Abstracter, le chanteur Mattia Alagna et le guitariste James Meyer, ne doit pas vous tromper quant à un contenu acéré certes tendu comme un string mais bien plus ramassé et véloce dans son expression crépusculaire. De fait, au sludge ferrugineux porté par de démesurées ramifications que fore son aîné avec une puissance tentaculaire, Atrament oppose un death metal épileptique qui crache sa semence avec une pesante frénésie. Onze titres pour une demi heure à peine d'une violence vicieuse s'enfilent à un rythme aussi diabolique que reptilien. Biberonnés aux lourdes mamelles d'un hardcore terreux, ne franchissant jamais la barre des quatre minutes au compteur, ceux-ci écrasent tout sur leur passage, ne laissant que des cendres et des cadavres mutilés dans leur funeste sillage. 'No Beyond" ouvre les hostilités de la plus brutale des manières, rouleau-compresseur lancé à vive allure moissonnant une haine visqueuse. Ce qui suit est fait de ce même bois survolté. Jamais la tension ni le tempo de marteau-piqueur ne faiblissent au point de condamner l'album à une forme de linéarité qui si elle participe d'une insondable fureur, donne le sentiment d'écouter toujours en boucle le même morceau et ce, en dépit des perforations qui plantent leurs crocs dans ce canevas agressif. Seul le terminal 'Dusk Abuse' qui s'achève sur une abyssale décélération, vient briser les rails sur lesquels "Eternal Downfall" est posé. Mais, de 'Sunken Reign' à Circle Of Wolves', de 'Aberration"' à Rotting Twilight', sans oublier les déjà connus 'Consumed' et 'World Of Ash' qui remplissaient de leur jus la démo, autant de crachats à l'énergie crasseuse, l'opus d'une sourde bestialité a quelque chose d'un bloc de manière brut dressé dans les profondeurs d'un puits sans fond...(2016)
Altarage | MMXV (2015)
Il n'est jamais aisé de présenter un (nouveau) groupe sur la base de deux titres seulement, à fortiori quand ceux-ci, une fois additionnés, ne dépassent que de peu les dix minutes au compteur. Tel est donc le cas de Altarage qu'une démo séminale nous permet aujourd'hui de découvrir. Que Iron Bonehead et Sentient Ruin, labels aussi précieux qu'exigeants, aient chacun décidé de la publier, respectivement en vinyle et en cassette, laisse déjà imaginer un potentiel certain. Ainsi que l'allégeance à une expression sonore forcément brute et evil, intense et tendue comme une verge gonflée d'une semence tellurique. Dont acte. On ne sait quasiment rien de ce groupe, si ce n'est qu'il est originaire de Bilbao en Espagne et qu'il ne rigole pas vraiment. Depuis quand existe-t-il ? Qui sont ces musiciens ? Autant de questions qui resteront, pour le moment du moins, sans réponse. Peu importe car l'essentiel est ailleurs, qui se niche au fond de l'intimité ténébreuse de cet essai simplement baptisé MMXV, caverne qui vibre des coups de boutoir d'un Death Metal charbonneux et halluciné. Malgré leur format trapu, 'Altars' et 'Vortex Pyramid' ont quelque chose de blocs d'une étouffante densité desquels émanent des ambiances aussi viciées que vicieuses. Ces deux titres sont comme un étau qui se serre, explosion noire chargée d'une haine abyssale. Implacable, le premier des deux est d'abord emporté par un tempo démentiel, au bord d'une folie chaotique. Aucune lumière ne vient en altérer la noirceur d'encre. La profonde décélération qui le perfore à mi-chemin, loin d'en amoindrir la portée infernale, le plonge au contraire dans les abîmes de l'indicible. Quant au second, il maintient tout du long une cadence effrénée à peine écartelée par un break très court. Là encore, l'atmosphère qui y règne, se révèle terrifiante, confinée et comme rongée par un mal qui prolifère à travers des souterrains infâmes. Bref, dix minutes suffisent amplement aux Espagnols pour faire saigner tous les orifices. On frissonne déjà d'effroi à l'idée d'écouter de leur part une agression longue durée, tant cette démo déflore à peine une capacité à libérer un Death écrasant qui se conjugue avec la force cryptique du Black Metal. (2015)
Atrament | Demo MMXV (2015)
Pourquoi perdre du temps à chroniquer une démo tape de six minutes à peine ? Pourquoi perdre donc du temps à écrire sur Atrament, jeune pousse semble-t-il assez énervé ? En fait, les raisons sont multiples. Que cette petite cassette soit publiée chez Sentient Ruin Laboratories, un de ces nombreux labels dont la valeur est inversement proportionnelle à leur modeste dimension, en constitue une première et pas des moindres, chacune de ses productions étant l'assurance d'un bon coup de massue. Que ce groupe américain compte dans ses rangs le chanteur d'Abstracter, soit une des formations les plus prometteuses du blackened doom US, en est une seconde, précieux indice par ailleurs quant à la teneur forcément noire et nerveuse, tendue et apocalyptique, de ce signe de mort inaugural, quand bien même les deux groupes différent par une écriture diamétralement opposée, l'un crachant sa semence à la vitesse d'un adolescent boutonneux, l'autre préférant sculpter des compositions au format démesuré. Voilà. Six minutes, deux titres aux allures de ruminations écorchées, c'est peu, bien entendu, mais néanmoins suffisant. Suffisant pour se faire racler les chairs en profondeur. Suffisant pour juger du potentiel sans doute encore à peine défloré d'Atrament qui n'a pas besoin de plus pour esquisser au burin un art douloureux, qui saigne un désespoir sourd et haineux. La démo écarte ses cuisses avec 'Consumed'. Tempo effréné, voix rugueuse comme siphonné avec du Destop, le morceau a quelque chose d'une saillie entre Hardcore halluciné et crust granitique, crachat quasi punk dans son urgence viscérale. Il en va de même de 'World Of Ash', nihiliste et épidermique, qui vibre d'une énergie atrabilaire. Plus ramassé encore, il se distingue cependant de son devancier par les lourdes perforations qui viennent en briser la véloce linéarité. Bref, si cette tape laisse dans la bouche un goût de trop peu, comment d'ailleurs pourrait-il en être autrement avec une si maigre durée, Atrament reste un groupe à suivre dont on guettera avec intérêt les prochaines manifestations de négativité qui, on l'espère, viendront confirmer cette bonne impression... (2015)
Abstracter | Wound Empire (2015)
On se doutait bien que Abstracter ne tarderait pas à dévoiler sa nature monstrueuse. Il y a plus de deux ans, "Tomb Of Feathers" avait jeté les bases d'un art aussi vicié que douloureux, sorte de créature effroyable, bien que non dénuée d'une forme de beauté (noire), née de la copulation entre sludge évolutif et black corrosif.
Abaton / Viscera/// | Diade(ms) (2015)
Petite rondelle de douze minutes à peine, Diade(ms) fait portant très mal. Si de loin, l'objet épouse les traits d'un simple split, en ce sens qu'il paraît unir deux groupes remplissant chacun une face avec un titre, de près, il se veut surtout le fruit d'une collaboration entre deux artisans de la chapelle Sludge/doom italienne tant leur semence semble ne faire qu'une.
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