Suite au succès de formations telles que The Gathering, Nightwish, Within Temptation et autre After Forever, les groupes à chanteuse se sont multipliés à vitesse grand V depuis quelques années, chaque label essayant de dégoter la poule aux œufs d’or qui permettra de faire cracher le tiroir–caisse. Drakkar Records a donc décidé de miser sur un jeune groupe, Xandria. Bien lui en a pris car, loin de tous ces combos opportunistes qui n’ont pas manqué de s’engouffrer dans la brèche, les Allemands possèdent un réel potentiel qui ne demande qu’à s’extraire de sa gangue, comme le démontre avec brio cette première offrande déjà impressionnante de maîtrise. C’est bien simple, toutes les chansons sont des hits en puissance, de l’imparable « Kill The Sun » à l’efficace « Mermaids », sans oublier les touchants et sublimes « Ginger » et « Forever Yours ». C’est certes calibré et peut-être encore sans grande personnalité, mais l’ensemble est suffisamment en place pour faire mouche. Surtout Xandria possède dans ses rangs un atout de poids (et de charme), en la personne de Lisa, remarquable chanteuse au timbre agréable et heureusement différent de celui de ses rivales. C’est d’ailleurs là que réside la condition sine qua non pour qu’un groupe oeuvrant dans ce que l’on appelle aujourd’hui le gothic metal (très éloigné du vrai gothic d’ailleurs) ait une chance de s’imposer. Kill The Sun est donc un premier essai des plus convaincants, auquel il ne manque qu’une identité davantage affirmée, ce que les années devraient pouvoir lui conférer. 3/5 (2006)
Après un premier essai déjà bougrement convaincant, Xandria enfonce le clou avec un deuxième album du feu de dieu. La recette est sensiblement la même que sur Kill The Sun, mais multipliée par dix. La production est énorme, les chansons encore plus travaillées, enrichies par de nombreux arrangements (symphoniques, celtiques, orientaux), qui faisaient défaut au premier disque, et la voix de la jolie Lisa Shaphaus encore plus enchanteresse et merveilleuse. Comment résister à cette collection de ritournelles à mi chemin entre le gothic à chanteuse et la pop la plus subtile que sont les « Ravenheart », « The Lioness », illuminé par un beau solo à la six cordes, « Back To The River », le lourd « Fire Of Universe » ou les bouleversants « Eversleeping » et « Too Close To Breathe ». Nous pourrions continuer ainsi jusqu’au dernier titre, « Keep My Secret Well », tant chacun d’entre eux a des allures de hit en puissance. Dôtés de refrains et de mélodies imparables, ils vous rentrent dans le caberlot, y font leur trou pour ne plus jamais en sortir. Même si certaines influences demeurent encore perceptibles (Within Temptation par exemple, sur le pourtant magnifique « Some Like It Cold »), le groupe a gagné en personnalité depuis ses premiers pas, personnalité qu’il doit, il est vrai, beaucoup à sa remarquable vocaliste. Reste qu’en offrant avec Ravenheart un des meilleurs albums de metal chanteuse de ces dernières années, Xandria vient d’annihiler toute forme de concurrence, pourtant rude, au sein d’une scène déjà sclérosée car encombrée d’une multitude de clones et d’opportunistes de bas étage. Incontournable tout simplement. 3.5/5 (2006)
Eversleeping n’est pas le nouveau disque de ce jeune groupe allemand de gothic à chanteuse ; mais seulement un EP faisant suite à ce qui reste à ce jour sa meilleure galette, Ravenheart. Cinq titres sont ici réunis : deux versions du très beau Eversleeping, deux chansons plus énergiques mais assez banales (Xandria a déjà fait bien mieux) et surtout une ballade poignante, « Pure », seule vraie nouveauté digne d’intérêt. A conseiller donc uniquement aux fans du groupe (ou à ceux, nombreux, de la jolie rouquine Lisa) afin qu’ils patientent jusqu’à la sortie d’un véritable nouvel album. 2.5/5 (2006)
Si certains lui reprochent de n’être qu’une pâle copie des groupes à succès du moment (Nightwish, Within Temptation, Epica…), ce qui semble pour le moins injuste, même s’il est vrai que l’on retrouve un peu de chacun des combos cités à travers les compositions des Allemands, il y a un grief dont on ne peut les accuser : la fainéantise. En effet, India est déjà leur troisième livraison en trois ans. Pourtant il n’était pas aisé de pondre un successeur au si réussi Ravenheart, disque qui leur permis de s’imposer sur une scène encombrée au possible. Cette nouvelle offrande n’atteint pas tout à fait le niveau de son prédécesseur mais il n’a pas non plus à rougir de la comparaison. Bien au contraire. Xandria ne révolutionne en rien sa musique et poursuit donc le chemin creusé depuis Kill The Sun. Toutefois, les titres s’éloignent quelque peu des rivages de la pop pour ceux, plus musclés, du metal, et vers un registre plus épique (« Return To India »). Cette (timide) évolution se lit nettement sur le morceau–titre, ainsi que sur les énergique « Fight Me », « Black And Silver » ou « Wildscreen ». Sinon, c’est toujours aussi bien fait : arrangements soignés, ballades qui font mouche, à la fois simples et puissantes (le très celtique « Like A Rose On The Grave Of Love » ou « Dancer ») et la voix de Lisa, toujours aussi sublime et envoûtante. Comme souvent dans ce type de groupe, la jeune femme constitue la clé de voûte de l’édifice, sans laquelle il peinerait sans aucun doute à s’extraire de la marée de formations officiant dans ce style de plus en plus gangréné par le conformisme. Encore un excellent disque à mettre au profit de Xandria qui, petit à petit, sans faire de bruit, commence à faire son trou. 3/5 (2006)
On le sait maintenant, Salomé marque un tournant dans la carrière de Xandria car il est le dernier opus à être enregistré avec la chanteuse Lisa laquelle, a annoncé en mai 2008 son départ du groupe, sans doute pour se consacrer à son rôle de maman. Alors bien sûr, la jeune femme n’a certes pas le charisme, la personnalité d’une Anneke (ex The Gathering) ou d’une Vibeke Stene (ex Tristania) et sur scène, certaines mauvaises langues l’ont même trouvée totalement aux fraises. Peut-être. Il n’empêche, la rouquine était pour beaucoup dans le charme que possède Xandria et elle en était la clé de voûte avec sa voix sucrée qui ne doit rien à toutes ces Castafiore du dimanche, sapées comme des putes sur les Maréchaux. Elle le prouve encore cette fois-ci. Comme porte de sortie, on ne saurait rêver mieux que ce quatrième album, qui demeure fidèle aux standards d’écriture et de qualité des Allemands qui n’ont, pour l’instant, jamais accouché d’une œuvre décevante. Dans la continuité de ses aînés, Salomé, s’il n’apporte rien de neuf (hormis peut-être cette légère touche médiévale sur l’accrocheur « Sisters Of The Light ») par rapport à ceux-ci, enchaîne cependant comme à l’accoutumée, les titres tous plus immédiats les uns que les autres. Fidèle à une recette fixée dès Kill The Sun (2003) dont il ne se départira probablement jamais, Xandria offre avec conviction son gothic (un peu) metal, construit autour de grosses guitares (« Emotional Man », « Sleeping Dogs Lie ») et transcendé par la présence de sa chanteuse. Titres musclés et imparables tels que « Save My Life », « Vampire », « Beware », « A New Age »…), pistes plus élaborées avec des atmosphères soignées (l’excellent « Salomé », « Firestorm », épicé de sauce Harissa et de quelques voix gutturales) et pause câlins obligée (le banal « The Wind And The Ocean ») alternent donc avec bonheur. Certains trouveront tout ça un peu trop propre, pas très original, bien que le groupe ait pris ses distances par rapport au style creusé par Within Temptation et que India empruntait un peu trop, bien gentillet également, ce qui n’est pas faux, mais le groupe s’y entend pour composer de véritables hymnes, élégants et agréables, propices à cartonner sur les ondes (ce qui est le cas en Allemagne). C’est déjà pas si mal. Salomé est donc encore sans faute pour Xandria et ceux qui ont aimé Ravenheart et India, devraient pouvoir facilement lui faire une place dans leur chaumière. Reste à savoir désormais si le groupe pourra survivre à l’absence de Lisa. Sa remplaçante se prénomme apparemment Lakona. Saura-t-elle faire oublier sa devancière ? Le nouvel album nous le dira. Ce n’est pas gagné... 3/5 (2008)