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KröniK | WuW - Rien ne nous sera épargné (2018)
Amateurs de musique facile et formatée, vous pouvez passer votre chemin. Voilà, maintenant que nous sommes entre nous, nous allons pouvoir aborder sereinement ce "Rien ne Nous Sera Epargné", galop d'essai de WuW au goût prononcé d'insaisissable. Tout ici se pare d'une certaine étrangeté. A commencer par le nom du groupe dont la signification nous échappera sans doute à tout jamais, tout comme le titre de cet album auquel de nombreuses interprétations peuvent être données. Il y a aussi ce visuel, charbonneux et sinistre, qui pourrait être l'écrin d'une offrande dépressive mais se révèle être la porte d'entrée d'un univers certes sombre mais qui va bien au-delà d'une simple noirceur sonore.
On touche alors (ou pas) la substantifique moelle de ce projet épris d'une totale liberté de ton(s) et de trait(s), jardin secret de deux frères musiciens qui refusent d'être inféodés à quelque style que ce soit. Que Guillaume et Benjamin Colin aient coulé du plomb en fusion au sein de Abrahma semble déjà garantir à WuW un enrobage massif et une bonne dose de riffs de mammouth. Quant au caractère intégralement instrumental de la chose, il pourrait laisser poindre à la surface la crête d'un post rock stratosphérique. Il y a un peu de tout cela dans "Rien ne Nous Sera Epargné", irrigué par guitares pachydermiques ('Voir en Même Temps l'Humour et la Tragédie') ou qui s'élèvent très haut ('Une Barque Sans Rames'). Mais, véritable happening sonore, cet opus est le creuset d'un rock protéiforme évolutif et plombé, jazzy et orageux où copulent effluves spatiales et atours ferrugineux ('Nous Etions Venus au Monde Pour Etre des Personnes'), envolées floydiennes et musique de films des années 70 à la Morricone ('Pour Ce Qu'il En Restera') en un magma à la fois lourd et éthéré que des synthétiseurs antédiluviens colorent d'une patine généreuse et pourtant froide. La durée des pistes offre le cadre bourgeonnant d'un art cataclysmique et pourtant aérien. Le duo aurait pu se prendre les pieds dans la trame de ce tapis étiré. S'il possède la puissance souterraine d'une jam hypnotique, le tout arbore une architecture parfaitement structurée, même si le terminal 'A l'Ecart des Chemins Fatigués de Nos Habitudes' s'enfonce dans les méandres déglinguées du King Crimson le plus schizophrénique. A l'arrivée, WuW n'est pas seulement une belle découverte mais la promesse de voyages sonores plus aventureux encore. Furieusement immersif, "Rien ne Nous Sera Epargné" brille d'un éclat sombre et expérimental, fusionnant musique progressive, doom, post rock et jazz en un kaléidoscope tordu et délicat aux allures de fiévreuse bande originale. (11/02/2018)
On touche alors (ou pas) la substantifique moelle de ce projet épris d'une totale liberté de ton(s) et de trait(s), jardin secret de deux frères musiciens qui refusent d'être inféodés à quelque style que ce soit. Que Guillaume et Benjamin Colin aient coulé du plomb en fusion au sein de Abrahma semble déjà garantir à WuW un enrobage massif et une bonne dose de riffs de mammouth. Quant au caractère intégralement instrumental de la chose, il pourrait laisser poindre à la surface la crête d'un post rock stratosphérique. Il y a un peu de tout cela dans "Rien ne Nous Sera Epargné", irrigué par guitares pachydermiques ('Voir en Même Temps l'Humour et la Tragédie') ou qui s'élèvent très haut ('Une Barque Sans Rames'). Mais, véritable happening sonore, cet opus est le creuset d'un rock protéiforme évolutif et plombé, jazzy et orageux où copulent effluves spatiales et atours ferrugineux ('Nous Etions Venus au Monde Pour Etre des Personnes'), envolées floydiennes et musique de films des années 70 à la Morricone ('Pour Ce Qu'il En Restera') en un magma à la fois lourd et éthéré que des synthétiseurs antédiluviens colorent d'une patine généreuse et pourtant froide. La durée des pistes offre le cadre bourgeonnant d'un art cataclysmique et pourtant aérien. Le duo aurait pu se prendre les pieds dans la trame de ce tapis étiré. S'il possède la puissance souterraine d'une jam hypnotique, le tout arbore une architecture parfaitement structurée, même si le terminal 'A l'Ecart des Chemins Fatigués de Nos Habitudes' s'enfonce dans les méandres déglinguées du King Crimson le plus schizophrénique. A l'arrivée, WuW n'est pas seulement une belle découverte mais la promesse de voyages sonores plus aventureux encore. Furieusement immersif, "Rien ne Nous Sera Epargné" brille d'un éclat sombre et expérimental, fusionnant musique progressive, doom, post rock et jazz en un kaléidoscope tordu et délicat aux allures de fiévreuse bande originale. (11/02/2018)
4/5 | Music Waves
Soon | Thy Catafalque - Geometria
KröniK | Område - Nåde (2017)
Il faut bien le reconnaître, rien ne nous avait préparés à une telle baffe, pas même "Edari", premier effort de Område, pourtant déjà extrêmement prometteur. Et une question s'impose une fois l'écoute de "Nåde", son très attendu successeur, achevée : comment Bargnatt XIX et Arsenic, nonobstant leur talent respectif et incontestable, sont-ils parvenus à un tel résultat ? Eblouissant de maîtrise, le tandem pulvérise les frontières qui encadraient leur galop d'essai pour aller encore plus loin dans l'expérimentation tous azimuts. Ce faisant, il propulse son art protéiforme vers une dimension autre, celle d'un multivers où la folie et la passion s'accouplent en un golem émotionnel.
D'une étourdissante densité, on ne sait trop par quel bout commencer pour décrire une offrande dont la richesse éclot chaque fois un peu plus au fur et à mesure que l'on butine sa précieuse intimité, laquelle ne s'offre que par petites touches. Commençons par ce qui frappe d'emblée, c'est-à-dire la richesse instrumentale d'une palette sonore où, en un camaïeu de couleurs, un peu à l'image de la remarquable pochette de Jeff Grimal (The Great Old Ones), se mélangent , outre les habituelles touches electro et orchestration sombrement cinématiques ('Falaich'), saxophone et clarinette, respectivement assurés par Leo Sora et Edgard Chevallier. Leur apport irradie des pièces telles que 'The Same For The Worst', 'Hänelle' et 'XII', d'une vertigineuse beauté. Mais ils ne sont pas les seuls invités à avoir été convoqués par le duo. Mentionnons le bassiste Julien Gebenholtz, le guitariste Bernard-Yves Querel ou le chanteur L. Chuck D. A ce sujet, il faut à tout prix souligner les nombreuses nuances vocales qui participent à l'empoisonnement malsain et mélancolique d'un menu puissamment désespéré dont les veines sont chargées d'une sève nocive et contagieuse. Reste que ce foisonnement ne serait rien sans une écriture d'orfèvre qui n'oublie jamais d'être mélodique et obsédante. 'Malum' et 'Hänelle', notamment, incarnent deux joyaux noirs et immersifs où Bargnatt chante comme si demain ne devait plus jamais exister. Mais, véritable épicentre de l'écoute, 'Styrking Leið' est le titre qui résume le mieux sans doute ce "Nåde" foudroyant de bout en bout, véritable pandémonium orgiaque qui explose en un geyser d'ambiances et d'effluves aussi pulsatives qu'hypnotiques, aussi déglinguées qu'abyssales. Si "Edari" témoignait déjà d'une vraie personnalité, bien que nourrie à l'avant-garde norvégienne des Manes et Ulver, son héritier affirme plus encore cette signature qui ne doit plus rien à personne, si ce n'est à ses deux géniteurs épris de liberté et d'Absolu. Metal furieusement moderne et post rock évolutif sont ainsi phagocytés en un magma à la fois glacial et schizophrénique. Après le coup d'essai s'impose le coup de maître pour Område dont on sent que l'inspiration n'a sans doute encore été qu'à peine déflorée. 4/5 (2017) | Facebook
D'une étourdissante densité, on ne sait trop par quel bout commencer pour décrire une offrande dont la richesse éclot chaque fois un peu plus au fur et à mesure que l'on butine sa précieuse intimité, laquelle ne s'offre que par petites touches. Commençons par ce qui frappe d'emblée, c'est-à-dire la richesse instrumentale d'une palette sonore où, en un camaïeu de couleurs, un peu à l'image de la remarquable pochette de Jeff Grimal (The Great Old Ones), se mélangent , outre les habituelles touches electro et orchestration sombrement cinématiques ('Falaich'), saxophone et clarinette, respectivement assurés par Leo Sora et Edgard Chevallier. Leur apport irradie des pièces telles que 'The Same For The Worst', 'Hänelle' et 'XII', d'une vertigineuse beauté. Mais ils ne sont pas les seuls invités à avoir été convoqués par le duo. Mentionnons le bassiste Julien Gebenholtz, le guitariste Bernard-Yves Querel ou le chanteur L. Chuck D. A ce sujet, il faut à tout prix souligner les nombreuses nuances vocales qui participent à l'empoisonnement malsain et mélancolique d'un menu puissamment désespéré dont les veines sont chargées d'une sève nocive et contagieuse. Reste que ce foisonnement ne serait rien sans une écriture d'orfèvre qui n'oublie jamais d'être mélodique et obsédante. 'Malum' et 'Hänelle', notamment, incarnent deux joyaux noirs et immersifs où Bargnatt chante comme si demain ne devait plus jamais exister. Mais, véritable épicentre de l'écoute, 'Styrking Leið' est le titre qui résume le mieux sans doute ce "Nåde" foudroyant de bout en bout, véritable pandémonium orgiaque qui explose en un geyser d'ambiances et d'effluves aussi pulsatives qu'hypnotiques, aussi déglinguées qu'abyssales. Si "Edari" témoignait déjà d'une vraie personnalité, bien que nourrie à l'avant-garde norvégienne des Manes et Ulver, son héritier affirme plus encore cette signature qui ne doit plus rien à personne, si ce n'est à ses deux géniteurs épris de liberté et d'Absolu. Metal furieusement moderne et post rock évolutif sont ainsi phagocytés en un magma à la fois glacial et schizophrénique. Après le coup d'essai s'impose le coup de maître pour Område dont on sent que l'inspiration n'a sans doute encore été qu'à peine déflorée. 4/5 (2017) | Facebook
KröniK | Madder Mortem - Red Tooth And Claw (2016)
Disparu des écrans-radars depuis "Eight Ways" (2009) qui creusait encore davantage le sillon tordu entamé par le matriciel "Deadlands" (2002) et poursuivit par "Desiderata" trois ans plus tard, Madder Mortem tardait depuis à adresser un signal de vie (?) au point de croire qu'il avait été avalé par les limbes, ce qui n'aurait sans doute pas chagriné grand monde, son art de plus en plus hermétique le privant du succès commercial qu'il mérite pourtant.
Tout d'abord arrimé au doom dont ils façonnaient sur l'originel "Mercury" une forme atmosphérique quoique déjà singulière, les Norvégiens n'ont eu de cesse ensuite de larguer les amarres pour voguer sur des eaux moins tranquilles voire franchement indéfinissables. Opus résurrectionnel que nous n'attendions donc plus vraiment, "Red In Tooth And Claw" rassure déjà sur un point : le groupe ne va toujours pas mieux. Ce qui est une bonne nouvelle ! Cette longue période de diète ainsi que le nombre d'années au compteur - presque vingt désormais - ne l'ont pas fait sombrer dans un conformisme qui lui serait de toute façon fatal. Mieux, même le fidèle masochiste de sa signature déglinguée risque bien de s'égarer dans les méandres tentaculaires de ce labyrinthe désincarné, vierge de toute trace de chaleur. Ceci dit, dès l'amorce 'Blood On The Sand', la patte aussi épaisse que glaciale de Madder Mortem se reconnaît immédiatement, grâce autant à ce rempart de guitares qu'à cette voix puissamment baroque, celle de Agnete M. Kirkevaag, pinceau maladif capable à la fois d'envoûter et de faire fuir ceux qu'effraie la dissonance. Au contraire, loin d'être une balise rassurante à laquelle on aimerait se raccrocher au milieu de cette tempête d'accords biscornus et d'ambiances rongées par la folie, cet organe est le phare empoisonné guidant les navires pour qu'ils s'échouent contre les rochers. Toutefois, masse aussi compacte que viciée, "Red Tooth And Claw" ne se livre pas au bout de la première écoute, loin s'en faut, comme si un mur inviolable empêchait de goûter à son intimité noire. Ses auteurs semblent même prendre un plaisir sournois à brouiller les pistes et à ne surtout pas brosser l'auditeur hagard dans le sens du poil, accouchant de compositions tortueuses dont on se demande où elles vont, constamment polluées par une instrumentation schizophrénique, à la croisée d'un progressif ferrugineux à côté duquel King Crimson ressemble à Tom Jones, d'un dark metal étouffant ('Stones For Eyes') et d'un jazz vicieux ('Returning To The End Of The World'). Et quand les Norvégiens donnent l'impression de vouloir se faire plus accessibles, presque aériens, c'est pour mieux brutalement briser cette trompeuse normalité à grands coups de vocalises hystériques et de riffs reptiliens, comme ils le font avec 'Pitfalls'. Grondant d'une force souterraine ('If I Could'), ce sixième album suinte à l'instar de ses devanciers cette beauté pétrifiée identique, nichée dans les coins obscurs de ces retables aux multiples pans, à l'image des 'Parasites', 'Fallow Season' et autre 'Underdogs' aussi torrentiels que sinueux mais vibrant d'une émotion désespérée. Et au final, le constat est toujours le même : fidèle à cette froide personnalité qui n'appartient définitivement qu'à lui, Madder Mortem enfante une œuvre austère et exigeante qui se mérite et que seuls les habitués de son doom avant-gardiste sauront apprécier à sa juste valeur, immense et précieuse. 3.5/5 (2016) | Facebook
Tout d'abord arrimé au doom dont ils façonnaient sur l'originel "Mercury" une forme atmosphérique quoique déjà singulière, les Norvégiens n'ont eu de cesse ensuite de larguer les amarres pour voguer sur des eaux moins tranquilles voire franchement indéfinissables. Opus résurrectionnel que nous n'attendions donc plus vraiment, "Red In Tooth And Claw" rassure déjà sur un point : le groupe ne va toujours pas mieux. Ce qui est une bonne nouvelle ! Cette longue période de diète ainsi que le nombre d'années au compteur - presque vingt désormais - ne l'ont pas fait sombrer dans un conformisme qui lui serait de toute façon fatal. Mieux, même le fidèle masochiste de sa signature déglinguée risque bien de s'égarer dans les méandres tentaculaires de ce labyrinthe désincarné, vierge de toute trace de chaleur. Ceci dit, dès l'amorce 'Blood On The Sand', la patte aussi épaisse que glaciale de Madder Mortem se reconnaît immédiatement, grâce autant à ce rempart de guitares qu'à cette voix puissamment baroque, celle de Agnete M. Kirkevaag, pinceau maladif capable à la fois d'envoûter et de faire fuir ceux qu'effraie la dissonance. Au contraire, loin d'être une balise rassurante à laquelle on aimerait se raccrocher au milieu de cette tempête d'accords biscornus et d'ambiances rongées par la folie, cet organe est le phare empoisonné guidant les navires pour qu'ils s'échouent contre les rochers. Toutefois, masse aussi compacte que viciée, "Red Tooth And Claw" ne se livre pas au bout de la première écoute, loin s'en faut, comme si un mur inviolable empêchait de goûter à son intimité noire. Ses auteurs semblent même prendre un plaisir sournois à brouiller les pistes et à ne surtout pas brosser l'auditeur hagard dans le sens du poil, accouchant de compositions tortueuses dont on se demande où elles vont, constamment polluées par une instrumentation schizophrénique, à la croisée d'un progressif ferrugineux à côté duquel King Crimson ressemble à Tom Jones, d'un dark metal étouffant ('Stones For Eyes') et d'un jazz vicieux ('Returning To The End Of The World'). Et quand les Norvégiens donnent l'impression de vouloir se faire plus accessibles, presque aériens, c'est pour mieux brutalement briser cette trompeuse normalité à grands coups de vocalises hystériques et de riffs reptiliens, comme ils le font avec 'Pitfalls'. Grondant d'une force souterraine ('If I Could'), ce sixième album suinte à l'instar de ses devanciers cette beauté pétrifiée identique, nichée dans les coins obscurs de ces retables aux multiples pans, à l'image des 'Parasites', 'Fallow Season' et autre 'Underdogs' aussi torrentiels que sinueux mais vibrant d'une émotion désespérée. Et au final, le constat est toujours le même : fidèle à cette froide personnalité qui n'appartient définitivement qu'à lui, Madder Mortem enfante une œuvre austère et exigeante qui se mérite et que seuls les habitués de son doom avant-gardiste sauront apprécier à sa juste valeur, immense et précieuse. 3.5/5 (2016) | Facebook
KröniK | Momentum - The Freak Is Alive (2015)
Est-ce son origine géographique - l'Islande - qui l'explique mais Momentum est un groupe franchement singulier. Ce qu'il a d'ailleurs toujours été, démarrant il y a une dizaine d'années sous le sceau du metal extrême, comme l'illustre en outre le parcours de certains de ses membres, issus de hordes locales telles que Potentiam ou Svartidaudi, pour finalement déboucher sur un Metal dont le socle agressif a été peu à peu arasé, permettant l'éclosion d'un art aujourd'hui protéiforme et difficile à cerner.
"The Freak Is Alive" n'est que le deuxième véritable album des Islandais. Son titre traduit autant la nature bizarre de son contenu que le retour de ses géniteurs, absents des bacs depuis cinq ans. Sa défloration est, pour dire la vérité, assez douloureuse, oeuvre froide et hermétique, presque austère déambulant quelque part entre Doom et progressif, pour faire (trop) simple. S'il reste de timides oripeaux du passé, visibles durant 'Bury The Eyes Once Gold', amorce aux traits lourds des plus trompeurs, ceux-ci s'avèrent en fait vite balayés même s'ils ne sont jamais totalement étouffés ('Creator Of Malignant Metaphors'). Les voix rugueuses cèdent la place à un chant clair profond et émotionnel cependant que le tempo demeure tout du long léthargique. Mais, à l'image des guitares suintant un mal-être absolu ('Gauntlet'), l'atmosphère qui se dégage de l'ensemble, conserve une incontestable noirceur qui infuse au fond de compositions maladives et souvent percussives ('The Freak Is Alive') qui ne filent jamais droit. Leur écoute laisse un goût amer tant leur progression déglinguée est constamment polluée par de curieux détails Du coup, le décrochage n'est pas loin. Pourtant, il est en fait déjà trop tard, le poison est là, dans nos veines. On se surprend alors à à vouloir suivre Momentum dans ce voyage étrange dont le caractère hypnotique confine à une forme de transe silencieuse ('A Beast Is Near'). Le feu sous la glace, l'album bouillonne en définitive d'une espèce de tension sourde, tapie sous l'apparence rassurante de mélodies intimistes voire squelettiques. Au final, l'envoûtement est total, à l'image du trippant 'Undercover Imagination', quand bien même le menu une fois achevé, nous ne sommes pas sûrs d'avoir bien tout compris. Désincarné, l'opus se révèle à tout le moins intriguant. Il est de ceux qui réclame nombre de plongées dans les profondeurs de son intimité pour en goûter toute la valeur... (2015) | Facebook
"The Freak Is Alive" n'est que le deuxième véritable album des Islandais. Son titre traduit autant la nature bizarre de son contenu que le retour de ses géniteurs, absents des bacs depuis cinq ans. Sa défloration est, pour dire la vérité, assez douloureuse, oeuvre froide et hermétique, presque austère déambulant quelque part entre Doom et progressif, pour faire (trop) simple. S'il reste de timides oripeaux du passé, visibles durant 'Bury The Eyes Once Gold', amorce aux traits lourds des plus trompeurs, ceux-ci s'avèrent en fait vite balayés même s'ils ne sont jamais totalement étouffés ('Creator Of Malignant Metaphors'). Les voix rugueuses cèdent la place à un chant clair profond et émotionnel cependant que le tempo demeure tout du long léthargique. Mais, à l'image des guitares suintant un mal-être absolu ('Gauntlet'), l'atmosphère qui se dégage de l'ensemble, conserve une incontestable noirceur qui infuse au fond de compositions maladives et souvent percussives ('The Freak Is Alive') qui ne filent jamais droit. Leur écoute laisse un goût amer tant leur progression déglinguée est constamment polluée par de curieux détails Du coup, le décrochage n'est pas loin. Pourtant, il est en fait déjà trop tard, le poison est là, dans nos veines. On se surprend alors à à vouloir suivre Momentum dans ce voyage étrange dont le caractère hypnotique confine à une forme de transe silencieuse ('A Beast Is Near'). Le feu sous la glace, l'album bouillonne en définitive d'une espèce de tension sourde, tapie sous l'apparence rassurante de mélodies intimistes voire squelettiques. Au final, l'envoûtement est total, à l'image du trippant 'Undercover Imagination', quand bien même le menu une fois achevé, nous ne sommes pas sûrs d'avoir bien tout compris. Désincarné, l'opus se révèle à tout le moins intriguant. Il est de ceux qui réclame nombre de plongées dans les profondeurs de son intimité pour en goûter toute la valeur... (2015) | Facebook
KröniK | Virus - Memento Collider (2016)
Pour tous les férus de l'avant-garde norvégienne issu de la chapelle noire, Virus sonne comme la promesse toujours tenue d'un art aussi déglingué que singulier dont la richesse n'a d'égale que la rareté. Le trio, constitué d'anciens membres de Ved Buens Ende, autre OVNI dont il se rapproche beaucoup, se révèle pour le moins avare de sa sève évolutive, ce qui explique pourquoi chaque expérimentation est attendue comme un Graal de l'étrange, du bizarre, du qui-ne-file-jamais-droit. Sorte de Voivod à la sauce scandinave, le groupe a très tôt imposé son empreinte extrêmement personnelle, dès ce "Carheart" (2003) matriciel, même si la majorité l'a découvert cinq ans plus tard avec "The Black Flux", opus vicieusement charnel. "Memento Collider" marque son retour aux affaires après un hiatus de plusieurs années, toutefois brisé par le EP "Oblivion Clock". Si l'effet de surprise s'est désormais envolé, Virus n'en demeure pas moins maître d'un exercice labyrinthique truffé de chausse-trappes et d'angle-morts, architecture surréaliste dont le sens ne surgit qu'une fois arrivé au terme de sa défloration. Mais avant, il faut faire le tour du propriétaire, quitte à s'égarer, guidés par des musiciens qui se gardent bien de nous livrer les clés d'un univers quasi cosmique dans son expression azimutée. Chant baroque et théâtral, riffs malsains et rythmique métronomique peuplent un menu dense et ramassé, éclaté en six morceaux, lesquels sont comme les diverses pièces d'un puzzle. Quoique reconnaissable entre mille, cette signature désaccordée reste plus que jamais aussi indescriptible qu'insaisissable. 'Afield' ouvre les portes de cette construction riche de faux-semblants, pulsation furieusement rock d'où suinte pourtant très vite un malaise obsédant. Les Norvégiens inoculent leur venin maladif qui finit par contaminer une écoute placée sous le signe d'une déstructuration pervertie. De rares chœurs lointains n'entament pas ce sentiment de chute vertigineuse poussée par des secousses de guitares tordues que rongent une folie presque crimsonienne ('Steamer') dans sa ferrugineuse puissance noire. Aux confins d'un jazz schizophrénique, "Memento Collider" gravite tout du long, au bord d'un gouffre sans fin, à l'image de ce 'Gravity Seeker', sinueusement hypnotique. Faussement identiques, les titres s'enchaînent à la manière d'une transe jusqu'à ce 'Phantom Oil Slick' aux allures de grand-huit froid et émotionnel. Fidèle à lui-même, Virus accouche encore une fois d'une œuvre qui ne peut appartenir qu'à lui, à la fois proche de ses devancières mais audacieuse dans sa capacité d'exploration d'un no-man's land teinté de mystères... 4/5 (2016)
Aarni | Tohcoth (2008)
Bathos, premier essai d’Aarni après un split avec Umbra Nihil déjà bien hermétique deux ans auparavant, en a laissé perplexe plus d’un, une majorité le jugeant sans intérêt ni queue ni tête tandis qu’une petite poignée d’autres (dont votre serviteur fait partie) le tenant pour un chef-d’œuvre méconnu.
Aarni | Bathos (2004)
La Finlande et le Doom, c'est une longue histoire débutée, pour faire simple, avec les démos séminales du cultissime Unholy à l'aube des années 90, et qui se poursuit encore aujourd'hui.
KröniK | Atrox - Contentum (2000)
Sur l’échelle Richter du bizarre, Atrox fait assurément péter tous les indicateurs. La musique des Norvégiens ne ressemble à rien de connu, une espèce d’OMNI (objet musical non-identifié) que les chercheurs de la NASA tentent en vain depuis la fin des années 90 à identifier.
Plus encore que Mesmerised, son prédécesseur et premier long du groupe, Contentum est la macération qui va imposer son identité aussi bien sonore que visuelle (ces dessins étranges qui ornent les pochettes). Si le socle sur lequel il repose braconne sur les terre du gothic (pour la chanteuse) doom (pour la lourdeur et la mélancolie), on ne saurait le résumer à celui-ci tant Atrox se plaît à polluer le genre par toutes sortes d’éléments, dont le plus évident demeure sans l’ombre d’un doute le chant halluciné de Monika (aussi responsable de l’artwork), à la croisée de Kari Rueslåtten (The 3rd And The Mortal) et de la Castafiore pour faire dans le gros sabot. Ses vocalises déjantées, loin, très loin des canons en vigueur, toujours au bord de la rupture sont le guide d’une sarabande bizarre dont il est bien difficile de suivre le mouvement. Contentum a quelque chose d’une danse macabre labyrinthique et déglinguée composée de pistes en forme de chausse-trappe. Ces chansons ( ?) à tiroirs, souvent d’une durée plutôt conséquente, serpentent entre des méandres gangrenés par une schizophrénie rampante (« Lizard Dance ») qui finit par ravager tout l’ensemble d’un album qu’aucune bouée identifiable, ni de loin ni même de près, ne permet de rapprocher du monde des vivants. Ni mélodies accrocheuses ni balises conventionnelles auxquelles l’auditeur pourra se raccrocher. Nombreux sont donc ceux qui resteront sur le bord de ce ravin escarpé, rongé par l’érosion de la folie. Pourtant, pour qui est ouvert d’esprit, une fois bien au chaud entre ses cuisses humides, la pénétration de la musique des Norvégiens glisse facilement. Les guitares, lourdes et aériennes qui tissent de véritables câbles de désespoir (le sublime « Panta Rei (Gather In Me No More) », « What Crawls Underneath ») sont les caresses qui la rendent possible. Au même titre que la voix de Monica dont elles soulignent la puissance, elles participent de la tristesse d’une musique dont l’incontestable, bien que peu accessible, beauté sait toucher l’âme autant que le cœur. Pas très digeste de prime abord – les premières écoutes s’avèrent douloureuses -, Contentum est pourtant une œuvre magnifique, qu’architecturent des titres, certes complexes mais néanmoins riches et passionnants et démontrant que Atrox, formation plus que jamais unique et singulière, maîtrise parfaitement son sujet. Ses membres sont des explorateurs qui refusent d’être inféodés à de quelconques invariants, de flatter les chastes oreilles de ceux auxquels, de toute façon, leur œuvre n’est clairement pas destinée. Leur art, dont ils se gardent bien de donner les clés qui aideraient à le comprendre, se mérite après une lutte délicate pour ne pas lâcher prise. Le combat n’est pas gagné d’avance. Ils s’en moquent. Merci à eux. 3/5 (2009)
Plus encore que Mesmerised, son prédécesseur et premier long du groupe, Contentum est la macération qui va imposer son identité aussi bien sonore que visuelle (ces dessins étranges qui ornent les pochettes). Si le socle sur lequel il repose braconne sur les terre du gothic (pour la chanteuse) doom (pour la lourdeur et la mélancolie), on ne saurait le résumer à celui-ci tant Atrox se plaît à polluer le genre par toutes sortes d’éléments, dont le plus évident demeure sans l’ombre d’un doute le chant halluciné de Monika (aussi responsable de l’artwork), à la croisée de Kari Rueslåtten (The 3rd And The Mortal) et de la Castafiore pour faire dans le gros sabot. Ses vocalises déjantées, loin, très loin des canons en vigueur, toujours au bord de la rupture sont le guide d’une sarabande bizarre dont il est bien difficile de suivre le mouvement. Contentum a quelque chose d’une danse macabre labyrinthique et déglinguée composée de pistes en forme de chausse-trappe. Ces chansons ( ?) à tiroirs, souvent d’une durée plutôt conséquente, serpentent entre des méandres gangrenés par une schizophrénie rampante (« Lizard Dance ») qui finit par ravager tout l’ensemble d’un album qu’aucune bouée identifiable, ni de loin ni même de près, ne permet de rapprocher du monde des vivants. Ni mélodies accrocheuses ni balises conventionnelles auxquelles l’auditeur pourra se raccrocher. Nombreux sont donc ceux qui resteront sur le bord de ce ravin escarpé, rongé par l’érosion de la folie. Pourtant, pour qui est ouvert d’esprit, une fois bien au chaud entre ses cuisses humides, la pénétration de la musique des Norvégiens glisse facilement. Les guitares, lourdes et aériennes qui tissent de véritables câbles de désespoir (le sublime « Panta Rei (Gather In Me No More) », « What Crawls Underneath ») sont les caresses qui la rendent possible. Au même titre que la voix de Monica dont elles soulignent la puissance, elles participent de la tristesse d’une musique dont l’incontestable, bien que peu accessible, beauté sait toucher l’âme autant que le cœur. Pas très digeste de prime abord – les premières écoutes s’avèrent douloureuses -, Contentum est pourtant une œuvre magnifique, qu’architecturent des titres, certes complexes mais néanmoins riches et passionnants et démontrant que Atrox, formation plus que jamais unique et singulière, maîtrise parfaitement son sujet. Ses membres sont des explorateurs qui refusent d’être inféodés à de quelconques invariants, de flatter les chastes oreilles de ceux auxquels, de toute façon, leur œuvre n’est clairement pas destinée. Leur art, dont ils se gardent bien de donner les clés qui aideraient à le comprendre, se mérite après une lutte délicate pour ne pas lâcher prise. Le combat n’est pas gagné d’avance. Ils s’en moquent. Merci à eux. 3/5 (2009)
KröniK | Sturmgeist - Manifesto Futurista (2009)
Cornelius von Jackhelln est un artiste aussi insaisissable que fascinant à suivre. Dandy intellectuel et raffiné, il est pourtant l'une des deux têtes pensantes de Solefald, entité majeure de la scène black metal norvégienne. Etant un musicien (forcément) éclectique, il peut offrir un album de remixes (entre autres) de son principal drakkar avec le surprenant The Circular Drain tout comme il aime brouiller les pistes en mettant sur pied un projet tel que Sturmgeist qui conjugue indus martial et art noir. Après trois ans d'absence, il se fend, quasiment seul comme d'habitude, d'un successeur à Über.
Mais plutôt que de poursuivre le chemin entamé par celui-ci et par son prédécesseur, Manifesto Futurista semble tourner une nouvelle page. Sorti chez Season Of Mist, Meister Mephisto et Über nouaient de nombreux liens en commun, depuis des écrins similaires sinon dans la forme du moins dans l'esprit jusqu'à leur musique. Ce troisième essai rompt totalement avec ces standards. Nouveau label (celui de Cornelius lui-même), un visuel et un nom empruntés au futurisme italien qui illustrent l'étendu de la culture de l'artiste et surtout un contenu qui diffère de manière drastique avec ceux de ses aînés au point qu'on a l'impression l'écoute achevée qu'il s'agit de l'oeuvre d'un tout autre projet. Pourtant, le format est identique : courtes, les saignées ne durent jamais plus de quatre minutes. Mais là s'arrête la comparaison. Manifesto Futurista est un pur concentré de black metal rapide et puissant, venimeux et obsédant bien que toujours accrocheur. Le vicieux "Monolith" nous renseigne d'entrée de jeu quant à ce nouveau visage. Ne s'attendant pas à pareil traitement, c'est la surprise assurée. Tout d'abord déçu de ne pas retrouver la recette qui fit le succès artistique des deux premiers albums, on finit peu à peu à se prendre au jeu, à entrer dans cet univers en définitive des plus séduisants et que l'on ne parvient plus par la suite à lâcher. S'il s'est chargé quasiment de tout (sauf de la batterie), le Norvégien a réussi à habiller cet essai dans une armure organique intense et fielleuse. Résultat, ces titres claquent, raclent les chairs et vous vrillent le cerveau en moins de temps qu'il n'en faut pour avaler une bière. "Himmelen Faller", "The Siegfried Order", "Skyggestrykerne", ainsi que le premier morceau, forment une trétralogie monumentale à laquelle il est difficile de résister. On pense parfois au Satyricon dernière période pour cette faculté à accoucher d'hymnes (faussement) immédiats qui donne envie de taper du pied mais néanmoins sinistres et noirs. Plus lancinant, "Verdun" distille un climat mortifère étouffant, tout comme "Elegie d'une modernité meurtrière" lequel, libère par le biais de voix plus aériennes une atmosphère presque élégiaque justement. C'est du reste, avec le très majestueux instrumental "Ritorno Glorioso", qui évoque les couleurs froides et orchestrales de l'odyssée islandaise de son autre groupe et la piste la plus "classique" du lot, que la patte du Cornelius de Solefald se montre la plus évidente. Par contre, avec "Manifesto Futurista", c'est un black metal véloce et âpre qui reprend le dessus, cependant que "Sturmgeist 89", avec ses riffs grésilants est ses multiples fractures renoue avec l'esprit du mal originel du début des années 90. Plus étonnants demeurent en revanche les épilogues "Let Us Be The Suns Of Our Time" et "Death Metal Baroque" au tempo miné par une lourdeur infâme. Encore une réussite à mettre à l'actif d'un musicien dont on n'est certainement pas prêts d'avoir découvert toutes les facettes. Insaisissable et fascinant. (06/07/2009)
Mais plutôt que de poursuivre le chemin entamé par celui-ci et par son prédécesseur, Manifesto Futurista semble tourner une nouvelle page. Sorti chez Season Of Mist, Meister Mephisto et Über nouaient de nombreux liens en commun, depuis des écrins similaires sinon dans la forme du moins dans l'esprit jusqu'à leur musique. Ce troisième essai rompt totalement avec ces standards. Nouveau label (celui de Cornelius lui-même), un visuel et un nom empruntés au futurisme italien qui illustrent l'étendu de la culture de l'artiste et surtout un contenu qui diffère de manière drastique avec ceux de ses aînés au point qu'on a l'impression l'écoute achevée qu'il s'agit de l'oeuvre d'un tout autre projet. Pourtant, le format est identique : courtes, les saignées ne durent jamais plus de quatre minutes. Mais là s'arrête la comparaison. Manifesto Futurista est un pur concentré de black metal rapide et puissant, venimeux et obsédant bien que toujours accrocheur. Le vicieux "Monolith" nous renseigne d'entrée de jeu quant à ce nouveau visage. Ne s'attendant pas à pareil traitement, c'est la surprise assurée. Tout d'abord déçu de ne pas retrouver la recette qui fit le succès artistique des deux premiers albums, on finit peu à peu à se prendre au jeu, à entrer dans cet univers en définitive des plus séduisants et que l'on ne parvient plus par la suite à lâcher. S'il s'est chargé quasiment de tout (sauf de la batterie), le Norvégien a réussi à habiller cet essai dans une armure organique intense et fielleuse. Résultat, ces titres claquent, raclent les chairs et vous vrillent le cerveau en moins de temps qu'il n'en faut pour avaler une bière. "Himmelen Faller", "The Siegfried Order", "Skyggestrykerne", ainsi que le premier morceau, forment une trétralogie monumentale à laquelle il est difficile de résister. On pense parfois au Satyricon dernière période pour cette faculté à accoucher d'hymnes (faussement) immédiats qui donne envie de taper du pied mais néanmoins sinistres et noirs. Plus lancinant, "Verdun" distille un climat mortifère étouffant, tout comme "Elegie d'une modernité meurtrière" lequel, libère par le biais de voix plus aériennes une atmosphère presque élégiaque justement. C'est du reste, avec le très majestueux instrumental "Ritorno Glorioso", qui évoque les couleurs froides et orchestrales de l'odyssée islandaise de son autre groupe et la piste la plus "classique" du lot, que la patte du Cornelius de Solefald se montre la plus évidente. Par contre, avec "Manifesto Futurista", c'est un black metal véloce et âpre qui reprend le dessus, cependant que "Sturmgeist 89", avec ses riffs grésilants est ses multiples fractures renoue avec l'esprit du mal originel du début des années 90. Plus étonnants demeurent en revanche les épilogues "Let Us Be The Suns Of Our Time" et "Death Metal Baroque" au tempo miné par une lourdeur infâme. Encore une réussite à mettre à l'actif d'un musicien dont on n'est certainement pas prêts d'avoir découvert toutes les facettes. Insaisissable et fascinant. (06/07/2009)
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