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Mark Robson | Le champion (1949)


Le champion s'inscrit dans cette tradition américaine des années 40, où la boxe s'écrit à l'encre désespérée du film noir, aux côtés de Sang et or et Nous avons gagné ce soir. Après une belle série de seconds rôles dans des oeuvres marquantes (L'emprise du crime, La griffe du passé, L'homme aux abois et Chaînes conjugales), Kirk Douglas se retrouve cette fois-ci en haut de l'affiche, sous la direction de Mark Robson, pour qui aussi, cette production est importante car plus ambitieuse que les bandes horrifiques néanmoins réussies, qu'il a jusque là mis en scène (Bedlam, L'île des morts).
Son expérience, réputée, de monteur (pour Tourneur ou Welles), commande une réalisation sèche et sans afféteries. L'ambiance des salles de boxe sordides, des rings nichés au fond de salles enfumées, est parfaitement retranscrite. Le film inaugure pour Douglas une série de personnages pétris par la rage, qui cherchent à s'élever socialement, quitte à écraser l'amour et l'amitié (Le gouffre aux chimères, Histoires de détective...), hommes ombrageux ni tout blancs ni tout noirs et perdants magnifique que l'on ne peut vraiment détester. Le monde de la boxe est dépeint de façon classique mais le portrait de ce révolté constamment à vif échappe aux conventions, notamment grâce au jeu puissant du comédien qu'épaulent les toujours impeccables Arthur Kennedy et Paul Stewart. De Ruth Roman à Lola Albright sans oublier Marilyn Maxwell, la distribution féminine est de qualité. Elles incarnent trois femmes qui, à leur manière, essayeront de comprendre cet homme qui ne peut finir que seul. A noter que, contrairement aux apparences, le film n'a rien à voir avec ses deux homonymes, signés King Vidor puis Franco Zeffirelli. (vu le 03/12/2018)



















Harmon Jones | Le fouet d'argent (1953)


Contrairement aux directeurs de la photographie, les monteurs font souvent de bons metteur en scène. On pense à à Don Siegel ou bien qu'un cran en-dessous, à Harmon Jones, artisan d'une poignée de solides bobines (La cité des tueurs, Panique sur la ville ou La princesse du Nil). Le fouet d'argent est son quatrième essai derrière la caméra. Il est inédit en France, ce qui parait incompréhensible. Le film fait partie de ces productions dont le format de série B ne les empêche pas de brasser des thèmes sérieux sinon adultes. Ici, il s'agit de la transmission et de l'idée qu'il faut tuer le père pour devenir un homme. Blanc-bec fougueux au début du récit, les épreuves transformeront en homme, le héros, campé par Robert Wagner. On devine là la marque de Jack Schaefer, auteur de l'histoire de L'homme des vallées perdues (George Stevens - 1953).
Si The Silver Whip tire sa force d'un casting masculin extrêmement intéressant, la mise en scène de Jones est certes modeste mais précise et efficace, aidée par un beau noir et blanc qui met en valeur une multitude de paysages, urbains ou rocailleux, parfois même hivernaux. Deux scènes sont très curieuses. Celle où Kathleen recoud, à genoux, l'arrière du pantalon de Robert Wagner, dans une position des plus érotiques et celle où un saloon est plongé dans l'obscurité, laissant les silhouettes des lyncheurs se détacher dans la pénombre.














Goddess | Lola Albright






















Frank McDonald | Le trésor des collines rouges (1955)


Artus Films poursuit son travail d'archéologue en exhumant de l'oubli ce Trésor des collines rouges,emballé par le vétéran chevronné Franck McDonald et sorti sur les écrans (pas français en tout cas) en 1955. Mais encore une fois, cette (petite) série B fait partie de cette kyrielle de productions qui ne réussissent jamais à compenser leur budget anémique par de bonnes idées malheureusement aux abonnés absents. Malgré une longue carrière, MacDonald livre une mise en scène sans conviction ni rythme que seuls quelques plans (et encore !), lors de ses ultimes bobines, sauvent de la banalité.
Le récit s'égare dans des intrigues secondaires et une multitude de protagonistes mal définis, au point de rendre secondaire le sujet principal, à savoir la rivalité de deux gros propriétaires autour d'un point d'eau, possédé par un tiers. Sans la présence pourtant furtive d'un jeune Lee Van Cleef, alors habitué aux rôles de petite frappe,sur laquelle certains éditeurs ont cherché à capitaliser sans vergogne en la soulignant de façon appuyée sur les jaquettes et affiches, gageons que le film n'aurait peut-être pas eu droit à cette redécouverte. Pourtant, Zachary Scott y est plutôt convaincant et Lola Albright, déjà appétissante...