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Soon | Long Distance Calling - Boundless


"Boundless", le nouvel opus de Long Distance Calling (Post Rock), verra la nuit le 2 février 2018 via InsideOut.
 

Long Distance Calling | Trips (2016)


Arrimé à ses débuts il y a dix ans à une scène post-rock instrumentale alors en pleine effervescence, Long Distance Calling n'a eu de cesse depuis lors de s'affranchir de cette étiquette, notamment en incorporant toujours un peu plus de chant à son art tout à la fois aérien et pesant, kystes parfois assurés par des invités de luxe, tels que Peter Dolving (The Haunted) sur l'originel "Satellite Bay", Jonas Renske (Katatonia) sur "Avoid The Light" ou bien Vinnie Cavanagh (Anathema) sur "The Flood Inside". Sans surprise, "Trips", seulement pour moitié instrumental, semble marquer l'aboutissement de cette évolution, de ce glissement vers une musique plus directe, plus pop peut-être (dans le sens noble du terme s'entend) quoique toujours aussi puissamment belle. L'œuvre n'en reste pas moins déroutante, moins au final pour cette mainmise vocale (sur laquelle nous reviendrons) que sur une écriture qui surprend tout d'abord pas son manque de cohérence.  Ainsi, le menu ne cesse de nous balader quitte à nous égarer, démarrant sur une plage electro aux relents de synthwave néanmoins addictive, que hantent des voix trafiquées ('Getaway'), puis alternant morceaux chantés et pulsations purement post-rock pour s'achever en apothéose avec une envolée longue de plus de douze minutes stratosphériques. Ajoutons à cela des compos qui ont parfois des allures de brouillon, d'ébauche ('Presence') quand elles ne paraissent pas avoir été tronquées, leur empêchant d'accéder à la démesure rêvée, à l'image du cependant grandiose 'Trauma' au final avorté, et vous obtenez une création difficile à cerner dans son ensemble émietté. Du coup, "Trips" donne presque l'impression d'abriter aux moins deux albums en un seul. Son versant instrumental a en premier lieu notre préférence car nous y (re)trouvons ce qui nous a fait aimer les Allemands. 'Momentum', échappée versatile aussi pulsative qu'hypnotique, le déjà nommé 'Trauma' dont les guitares prisonnières d'une gangue de désespoir  explosent en un geyser de beauté, sans oublier cette conclusion monumentale, vallonnée et cataclysmique, font plus qu'épancher notre soif de post rock évolutif.  Pourtant, peu à peu, par petites touches pointillistes, l'autre moitié se faufile dans notre mémoire pour y laisser des stigmates que nous n'aurions pas cru aussi profonds. Propulsés par l'organe du nouveau venu Petter Carlsen, au timbre parfois pas si éloigné que cela d'un Steven Wilson, confirmant par là-même une proximité de plus en plus évidente avec ce rock atmosphérique à l'anglaise, 'Reconnect', nimbé de ces teintes électroniques qui font depuis toujours partie du son du groupe, 'Rewind', respiration déchirante qui prend aux tripes, 'Lines' aux lignes entêtantes et 'Plans' qui, en un grand-huit émotionnel, décolle très haut lors d'une seconde partie orgasmique, sont des morceaux non moins riches, où infusent des émotions à fleur de peau. Surprenant sinon décevant lors de sa défloration, "Trips" finit par emporter l'adhésion, pierre supplémentaire d'un édifice qui prend forme peu à peu, entre post rock, electro et musique atmosphérique. (2016)


                                     

KröniK | Long Distance Calling - Avoid The Light (2009)


Les étiquettes, c'est chiant. Ça vous met un nom dessus pour pas qu'on puisse vous confondre avec le copain. Et puis ça gratte. Prenez le post-rock. Voilà une appellation d'origine contrôlée qui ne veut strictement rien dire qui rassemble aussi bien des Neurosis que des Pelican dans le même sac. Long Distance Calling fait paraît-il du post-rock instrumental. Bien. Pourquoi pas ? Mais à y écouter d'un peu plus près, n'a-t-on pas affaire finalement à une forme d'expression moderne du rock progressif des pères fondateurs ? Des titres longs, ambiancés et stratosphériques, de la technique, de la beauté et une émotion souterraine.
Bref, ces Allemands sont sans doute plus proches d'un Pink Floyd, d'un Porcupine Tree que du Hardcore dont le post-rock est souvent un enfant bâtard. Et Avoid The Light, leur seconde échappée, est un chef-d'oeuvre absolu, à vous tirer des larmes. S'il est parfois propulsé par des riffs bien épais ("Black Paper Planes", "I Know You, Stanley Milgram !"), leur rock a avant tout quelque chose d'une piste de décollage vers un ciel chargé de nuages. Néanmoins ceux-ci n'annoncent pourtant jamais une tempête à venir. De fait, cet album repose sur une grande fluidité, dépourvu de césures rythmiques, de moments de colère, ce qui ne l'empêche pas de suinter une mélancolie touchante et une certaine fébrilité, dont Jonas Renkse se fait l'acteur sur le poignant "The Nearing Grave", unique piste non instrumentale que le chanteur de Katatonia entraîne forcément, tant sa voie est reconnaissable entre mille et porteuse d'une grande tristesse, dans les caveaux de son port d'attache habituel (on pense notamment à Last Fair Deal Gone Down). Soulignées par des claviers aux accents très progressifs et drapés dans la patine des seventies ( "Sundown Highway", "I Know You, Stanley Milgram !", dont l'intro n'est d'ailleurs pas sans évoquer, d'une manière lointaine certes, le "Shine On Your Crazy Diamond" de Pink Floyd), les guitares, belles et hypnotiques, constituent la colonne vertébrale de ces six morceaux souvent longs (deux d'entre eux franchissent la barre des dix minutes), vigies désespérée que l'on suit, envoûté, cependant que la batterie, pleine de rondeur, ancre le tout dans un socle mouvant. Ces titres sont des voyages atmosphériques, percés par de multiples passages, (un peu) énervés par moment, beaux à en pleurer toujours, qui se délient, coulent sans heurts ni rupture pour former un maelström aérien. Pas très original peut-être, mais Long Distance Calling sait faire parler l'émotion plutôt que l'innovation à tout prix et c'est pour cette raison que Avoid The Light est si réussi, à l'image du monumental "Apparitions" , lourd et feutré à la fois qui, à lui seul, justifie son acquisition, torrent tout en progression écrit à l'encre du désespoir ou de ce "Nearing The Grave", qui semble miné par une faute que l'on ne peut pardonné. Ce disque prend aux tripes tout simplement. Post rock ? Si ça vous chante ! Progressif ? Aussi. Superbe ? Complètement ! Une gemme grise à conserver comme un secret. 4/5 (2009) | Facebock