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Roy Rowland | Témoin de ce meurtre (1954)
Habile suspense concocté par Chester Erskine, Témoin de ce meurtre mérite pourtant le coup d'oeil davantage pour sa forme que pour son fond. Celui-ci nous montre une femme (Barbara Stanwyck) qui assiste, depuis sa fenêtre, à un meurtre commis par un homme (George Sanders). Dès le départ, l'identité de l'assassin est révélée et c'est autour d'un affrontement psychologique que le récit se noue, non sans éviter certaines facilités (l'appartement qu'elle visite est comme par hasard celui de Richter !) et invraisemblances (alors qu'elle est pourchassée, Cheryl ne trouve rien de mieux que de grimper au sommet d'un immeuble en construction !). Mais avec sa voix suave et sa présence aussi écrasante que raffinée, Sanders se glisse avec son aisance coutumière dans la peau de ce soi-disant ex nazi qui compte en réalité sur un mariage d'argent pour conquérir le monde.
En réalité, Witness To Murder doit une bonne part de sa réussite à la photographie de John Alton qui offre un travail époustouflant. Habillé d'un noir et blanc expressionniste, l'écran est constamment avalé par l'obscurité. Les ombres, les silhouettes se répandent à la manière de flaques menaçantes. Les escaliers se découpent comme d'interminables échafauds. Une banale visite médicale où un docteur questionne l'héroïne, se transforme en moment irréel, presque fantasmagorique. Au final, le film porte davantage la marque d'Alton que de Rowland. (Vu 18/08/2018)
En réalité, Witness To Murder doit une bonne part de sa réussite à la photographie de John Alton qui offre un travail époustouflant. Habillé d'un noir et blanc expressionniste, l'écran est constamment avalé par l'obscurité. Les ombres, les silhouettes se répandent à la manière de flaques menaçantes. Les escaliers se découpent comme d'interminables échafauds. Une banale visite médicale où un docteur questionne l'héroïne, se transforme en moment irréel, presque fantasmagorique. Au final, le film porte davantage la marque d'Alton que de Rowland. (Vu 18/08/2018)
Peter Godfrey | La seconde Madame Carrol (1947)
La seconde madame Carrol s'inscrit dans un courant propre au cinéma américain des années 40, animé par Soupçons, Le secret derrière la porte ou Lame de fond, thrillers psychologiques qui voit une femme soupçonner son mari de vouloir l'assassiner. Célèbre pour avoir réuni deux des plus grandes stars d'alors, le film n'emporte pourtant pas totalement l'adhésion. Il n'est pas sans qualités, techniques surtout, grâce à la photo en noir et blanc de Peverell Marley qui fournit l'écrin contrasté à un décor anglais délicieusement gothique. Mais Humphrey Bogart donne l'impression de s'être trompé d'histoire, plus taciturne que tourmenté et incapable d'habiter cet artiste psychotique qui a besoin de tuer pour créer. Le comédien se montre moins convaincant que dans la mort n'était pas au rendez-vous (1945).
Dans un rôle qui annonce celui qu'elle tiendra dans raccrochez, c'est une erreur (1948), Barbara Stanwyck domine en revanche la distribution, aux côté de la troublante Ann Cater dans la peau d'une adolescente étonnamment mature. De plus, le suspense est rapidement éventé : Peter Godfrey n'est pas Alfred Hitchcock... Un agréable et élégant thriller toutefois. (Vu le 15/03/2018 / Source : DVD)
Dans un rôle qui annonce celui qu'elle tiendra dans raccrochez, c'est une erreur (1948), Barbara Stanwyck domine en revanche la distribution, aux côté de la troublante Ann Cater dans la peau d'une adolescente étonnamment mature. De plus, le suspense est rapidement éventé : Peter Godfrey n'est pas Alfred Hitchcock... Un agréable et élégant thriller toutefois. (Vu le 15/03/2018 / Source : DVD)
John Moxey | A Taste Of Evil (1971)
Certes téléfilm produit par Aaron Spelling, A Taste Of Evil réunit toutefois deux grands noms de la british horror, Jimmy Sangster qui en a écrit le scénario et John Moxey (City Of The Dead avec Christopher Lee), qui l'a réalisé. Si son dénouement est prévisible, cette production au style un peu daté qui souffre de son origine, ce qui lui confère aussi pourtant son charme, n'en distille pas moins un suspense efficacement conduit, lequel doit beaucoup à son casting prestigieux, porté par la reine Stanwyck toujours parfaite.
Sidney Landfield | Adieu pour toujours (1938)
En quelques mots : A sa mesure, modeste, Adieu pour toujours est un modèle qui devrait être montré aux réalisateurs d'aujourd'hui pour lesquels, plus c'est long plus c'est bon. Ici, 75 minutes à peine suffisent à Sidney Landfield pour raconter son histoire, sans scènes inutiles, sans longueur et sans effets larmoyants alors que l'émotion se trouve pourtant bien présente. Bien entendu, magnifique dans ce rôle d'une femme qui sacrifie son amour pour rester aux côtés de l'enfant dont elle a dû se séparer à sa naissance, Barbara Stanwyck porte le film sur ses épaules, sauvant un scénario qui n'évite pas certaines facilités. Si Cesar Romero en fait des caisses en latin lover, Herbert Marshall séduit par son jeu triste, donnant toujours l'impression de s'emmerder alors qu'il réussit à faire passer quelque chose avec sa voix, un regard, un geste... Oubliée, c'est une comédie dramatique à (re)découvrir.
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