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Une Misère | Sermon (2019)



















Ne vous fiez pas au nom qu'il a choisi de porter, Une Misère n'est pas né dans un coin de l'Hexagone mais dans les glaciales contrées islandaises.

Venues | Aspire (2018)



















Oubliez l'étiquette "post-hardcore" qui lui est maladroitement accolée sur la figure et qui doit bien faire marrer les (vrais) amateurs du genre, Venues chasse en réalité très loin de ces terres énervées.

In This Moment | Ritual (2017)



















Barbie égarée dans un monde de freaks cher à un Rob Zombie, In This Moment a pendant longtemps été peu pris au sérieux. A force de travail et de nombreuses tournées, les Américains ont su pourtant conjuguer progressivement succès commercial et une personnalité plus affirmée qu'il n'y paraissait de prime abord.

KröniK | Beyond Chronicles - Shatter (2015)


Comme on disait dans les années 70, en France, on n'a pas de pétrole mais on a des idées. On a surtout - et encore une fois - de bons groupes qui depuis longtemps n'ont souvent pas à rougir de la comparaison avec les têtes de gondoles nordiques ou anglo-saxonnes. Beyond Chronicles le confirme à nouveau, jeune pousse énervé qui a vu le jour en 2012 à Sèvres et dont "Shatter" constitue le premier rot, que précédait cependant il y a quelques mois le single "No Rising sun". Ceci dit, rien dans ce EP ne trahit la jeunesse de ses auteurs et le déficit de maturité qui l'accompagne généralement, si ce n'est peut-être dans le type même de Death Metal qu'il mouline, toujours mélodique et à la mode suédoise, comprendre avec beaucoup de guitares leads dedans. et un chant râpeux biberonné au metalcore, lui-même enfant bâtard du Death façon In Flames et consort. Tout y est donc carré et imparable, millimétré et calibré. Si les bribes de voix claires peuvent agacer  car trop systématiques ('Born To Die'), outre le fait que c'est le style qui veut cela, au moins sont-elles maîtrisées. On préfère toutefois quand Andy se contente de faire dans le caverneux, ce qu'il fait très bien, merci. Peu original sans doute, "Shatter" honore cependant avec verve et puissance son cahier des charges, se délestant de six cartouches (dont une instrumentale) qui toutes font mouche, qualité qu'elles tirent d'une écriture nerveuses source d'excellentes idées ('Where I Belong' et son pilonnage de bûcheron) ainsi que d'une technique déjà insolente. Mention spéciale d'ailleurs aux deux duellistes Carrie et Julien,  qui lacèrent ces compos de coups de griffes accrocheurs, témoin par exemple ce 'Bereavement' épidermique. Bref, en un peu plus de vingt minutes aux menus défauts, Beyond Chronicles esquisse un art certes éprouvé mais qui a pour lui l'énergie sincère de musiciens qui se font plaisir et qu'on ne peut qu'encourager à poursuivre dans cette voie dans laquelle ils tirent déjà leur épingle du jeu. Pro et tendu comme le foc d'un navire, "Shatter" commence à peine à déflorer un potentiel qui, fort d'une exposition accrue et d'une personnalité plus affirmée, devrait exploser dans les années à venir. C'est du moins tout le mal qu'on peut souhaiter à ce groupe car il le mérite. 3/5 (2015)


KröniK | Diary Of Destruction - Dark Road To Recovery (2013)


Diary Of Destruction prend son temps et fait les choses dans l'ordre : une démo pour s'échauffer, puis un EP déjà remarqué et enfin un premier album, progression naturelle qui rime surtout avec montée en puissance jubilatoire. Les choses sérieuses commencent donc avec ce "Dark Road To Recovery" énergique et tonitruant qui fait mieux que confirmer les bonnes impressions laissées par ses deux ébauches. En douze titres dont deux courts instrumentaux, les Français pulvérisent tout sur leur passage grâce à une recette certes éprouvée mais toujours aussi imparable, sorte de metal moderne qui a bouffé du lion, à la fois brutal (un peu) et mélodique (beaucoup). Metalcore, mélo death, Gothic... appelez ça comme vous voulez. Nonobstant la qualité des musiciens tous au taquet, c'est forcément vers Audrey Ebrotié que nos écoutilles sont dirigées, désormais dernière membre originel et surtout chanteuse au talent bicéphale qui assure à elle toute seule deux rôles, celui de la belle et de la bête, Dr. Jekyll et Mr Hyde féminin, séduisant Janus sans qui la musique du groupe ne serait pas tout à fait la même. Si son chant clair se révèle ni systématique ni très personnel, c'est en revanche quand elle sort les griffes et rugit que la miss se montre la plus convaincante. Ses growls qui n'ont rien à envier à ceux de ses consoeurs enragées, catalysent la furie saillante de compos millimétrées. C'est pourquoi, bien que belle, la ballade "I Shine", privée de ce geyser vocal agressif, semble un peu fade alors que ses géniteurs avaient les moyens de dynamiter cet exercice de style quasi obligé. S'il n'est pas très novateur, ce galop d'essai longue durée honore parfaitement son cahier des charges, enfilant des cartouches explosives gainées de cuir et de plomb. La plupart s'avèrent irrésistibles, telles que 'Ask For Forgiveness', 'Dazzling Dark' (très death suédois façon Göteborg) ou 'Hope And Despair', pour ne citer que trois exemples parmi d'autres, mais souffrent d'être trop peu variés, le groupe n'osant pas (encore) prendre assez de risques et briser les codes du genre auxquels il demeure toujours inféodé. Reste un premier album aux qualités certaines, robuste, frais et énergique, au fuselage sonore pro et carré, dont on ne doute pas du succès qui lui est promis. Gageons qu'avec plus de bouteille, Diary Of Destruction devrait voir sa puissance de feu décupler. Vivement la suite ! 3/5 (2015)


                                   

KröniK | Gokan - Modes de pensée (2009)


De bruit et de fureur. C'est le titre d'un film de Jean-Claude Brisseau (oeuvre sévère avec Bruno Cremer, pour ceux que cela intéresse). Cela pourrait être aussi le sous-titre de cette première déclaration de Gokan, que précédait toutefois une démo éponyme il y a trois ans. "Modes de pensée" est un concentré de fureur, de violence épidermique.
Avec beaucoup de maîtrise les Français parviennent déjà à libérer une tension palpable qui court tout du long de ces douze salves dont on sort exsangue et ce, en dépit des rares éclairs salvateurs qui viennent par moment marquer une pause dans cette décharge d'adrénaline, lesquels prennent le plus souvent la forme d'une voix claire, comme sur "Douce victoire" notamment. Lorsqu'on introduit cette rondelle, on ne s'attend pas à grand chose de plus qu'à une attaque en règle de death/metalcore sale et méchant. Mais ces mecs se foutent des étiquettes comme de leur premier glaviot ; ils font la musique qu'ils ont dans leurs tripes, c'est tout. Qu'importe en définitive dans quelle case on veut l'enfermer car le groupe a des idées à revendre, qu'il distribue avec largesse au détour de chacun des morceaux composant le menu de ce "Modes de pensée" aux allures de brûlot, de diatribe taillée à vif. Le break lancinant qui déchire en deux "Un Immense pouvoir", le riff grésillant et pollué franchement black metal achevant "Animosité directe", le visage technoïde (?) affiché par le remix final" ou "Délétère", tentative surprenante mais réussie, de marier metal et rap (avec en invité le groupe Akalmy) suffisent par exemple à comprendre que l'on tient là un collectif dont le potentiel est ici à peine défloré. Inutile dans ce cas-là de poursuivre plus avant l'inventaire car tous les titres mériteraient d'être cités. La richesse du chant, tour à tour vindicatif ou plus posé, n'a d'égal que celle de paroles, vomies en français, connectées à la réalité, à l'ordinaire, qui redonnent sa vraie valeur de rébellion à un genre, le rock en général, qui oublie trop souvent qu'il doit (aussi) être un cri de révolte. Ajoutez à cela une assise instrumentale qu'aucune faiblesse particulière ne vient jamais entacher (L'impressionnant "L'illusion") et une capacité à poisser des riffs d'une couche épaisse de désespoir ("Pas de défis") et vous prendrez conscience de l'impact digne d'un uppercut que cet album explosif dégage, véritable matière brute qui transpire l'urgence. Ces jeunes gens en colère ont de l'énergie et de la rage, qu'ils associent à une écriture qui a du relief et à une prise de son très professionnelle garantie sans OGM, réalisée il est vrai au studio Drudenhaus (Anoxeria Nervosa). De fait, on ne voit pas ce qui pourrait les empêcher de monter encore en puissance dans les années à venir. Une bonne découverte qui démontre, une fois encore, la vitalité de la scène hexagonale, extrême ou pas. Un concentré de metal urbain en quelque sorte... 3/5 (2009) | Facebook






KröniK | Emil Bulls - Phoenix (2009)


Je me dois de reconnaître mon ignorance. Emil Bulls existe depuis 1995. "Phoenix" constitue même déjà sa septième (!) sortie et je n'ai encore jamais entendu parler de ces Allemands ! C'est donc avec curiosité, teintée d'un brin de méfiance tout de même, que je me lance dans l'écoute du successeur de "The Black Path", apparemment un beau succès Outre-Rhin l'an dernier. Ceci dit, il n'est pas nécessaire de patienter jusqu'aux dernières mesures de "I Don't Belong Here", treizième et ultime piste de ce menu sans saveur particulière pour comprendre pourquoi ce groupe peine à dépasser les frontières de son sol natal. "Phoenix", nonobstant des qualités certaines tant d'écriture que d'interprétation (l'ensemble est solide, carré) fait partie de ces albums agréables à l'oreille, que l'on s'enfile une fois, deux fois, trois à la rigueur mais guère davantage, avant de lui laisser prendre la poussière sur les étagères bien chargées accueillant la collection d'autres rondelles digitales. Car là où le bât blesse, c'est qu'Emil Bulls (quel curieux nom !) donne l'impression de manger à tous les râteliers. De fait, lui reconnaître une vraie personnalité tient de la gageure. Ainsi, "Here Comes The Fire", "The Storm Comes In" ou bien encore "Infecting The Program", toujours coupés par des refrains mélodiques, se parent des attributs propres au metalcore à la mode (pour combien de temps encore ?) qui s'abreuve fortement à la source du death mélodique à la suédoise (In Flames, Soilwork...) tandis que des chansons telles que "When God Was Sleeping" ou "The Architects Of My Apocalypse" se noient dans les méandres du rock métal moderne sur fond de rythmique appuyée et de lignes vocales ad oc. C'est parfois un peu mièvre ("Triumph And Disaster", "Son Of The Morning" malgré des riffs efficaces), par moment plus inspiré (l'intro de "Man Overhead", secouée par des assauts à la batterie assez sympathiques, le puissant "Time", le relativement lourd "Nothing In This World"...). Les refrains sont soignés et l'ossature des titres, calibrés comme il se doit, ne s'effrite pas trop vite. Mais en revanche, l'originalité est à rechercher du côté des abonnés absents ! Tout comme la variété, la plupart des compositions finissant par se confondre les unes avec les autres, hormis peut-être "It's High Time" et la seule ballade "I Don't Belong Here", peu réussie pourtant car inutilement longue et lorgnant trop vers les rivages de la pop pour radio. Cet album n'a donc ni la flamboyance ni la majesté de l'oiseau mythologique qui lui a donné son nom. Reste une poignée de chansons accrocheuses parfaites comme fond sonore lorsque vous invitez des amis qui veulent s'encanailler un peu mais pas trop... Emil Bulls, je ne connaissais pas. Ce n'était donc pas si grave... 2/5 (2009)


                                   

KröniK | Iwrestledabearonce - It's All Happening (2009)


Amis de la sobriété, de la finesse et du bon goût, vous pouvez passer votre chemin... Ou vous armer d'une boîte entière d'aspirine. La musique d'Iwrestledaberonce (ou IWABO pour I Westred A Bear Once) est aussi bordélique et peu digeste que le nom du groupe est imprononçable. C'est dire. Remarqués grâce au titre "Tastes Like Kevin Bacon" (décidément, l'acteur, autrefois prétexte à un jeu, se retrouve maintenant utilisé pour une chanson !) qui a donné lieu à une vidéo, ce collectif bien frappé enfante aujourd'hui un premier galop d'essai aux allures d'happening musical et ce, sous les meilleurs auspices possibles : un deal avec le puissant Century Media et une production concoctée par Ryan Boesch (Norman Jean, Tomahawk...) dans l'antre du mythique Ross Robinson (Slipknot). De bonnes cartes en main donc pour un album qui ne laissera personne indifférent. Il faut au moins lui reconnaître cela. Puissant et ravageur, "It's All Happening" a quelque chose d'une auberge espagnole où se côtoient aussi bien de l'electro ("Taste Like Kevin Bacon"), du grindcore, du jazz (?), du gothic metal pur jus à la Evanescence, du metalcore, de la country même ("You Ain't No Family"). Pour pimenter un peu tout ça, ajoutez des grognements de bêtes en rut, des fractures rythmiques à tous les étages et vous comprendrez que le plat proposé ici risque de vous rester un peu sur l'estomac. Et bien que les titres soient très courts (guère plus de trois minutes en moyenne), on a l'impression à l'écoute de ce disque que sa durée en fait au moins le double ! Heureusement qu'il y a le chant clair de Krysta Cameron, seul oasis de fraîcheur dans cet empilement de couches sonores et d'influences parfois des plus improbables, pour tendre de cet ensemble disparate une main salvatrice. Au sein de ce tourbillon frénétique, la présence de la jeune femme fait en effet un peu office de balise ("White Water In The Morning", "I'm Cold And There Are Wolves After Me") à laquelle on a besoin de se raccrocher si l'on ne veut pas rester sur le bord de la route. Difficile d'imaginer qu'il s'agit de la même jeune femme qui éructe comme un goret le reste du temps ! Refusant d'être inféodé à de quelconques étiquettes, ce qui est tout à son honneur, Iwrestledaberonce donne toutefois l'impression de vouloir trouver une raison d'être, en même temps qu'une forme de singularité, par l'addition des genres, mélange sans lequel le groupe paraîtrait finalement dénué d'intérêt réel. Mais n'est pas un Faith No More - ou un Dillinger Escape Plan dont ces Américains pourraient en quelque sorte être les enfants bâtards - qui veut. L'art, délicat, du patchwork réclame une vision, un sens de la fluidité qui fait encore (pour l'instant) défaut à cette équipe malgré tout intéressante et non dénuée d'idées. Ainsi, certains titres, à l'image de "The Cat S Pajamas" ou bien "Blackeyed Bush" témoignent de qualité d'écriture certaine. De bonnes choses en définitive mais Iwrestledaberonce gagnerait à canaliser davantage le geyser créatif qui lui sert de matrice. Mais sans cet éparpillement, sa musique aurait-elle encore un sens ? 3/5 (2009)


                                   

KröniK | Evita - Minutes And Miles (2009)



















Metalcore: voilà une étiquette qui fait peur ! Le genre, encore en pleine puberté, mais pourtant déjà à bout de souffle, se contente bien souvent de réchauffer avec plus ou moins (plutôt moins que plus d'ailleurs) de bonheur, des ingrédients issus du death-metal mélodique à la suédoise (celui de Göteborg pas de Stokholm cela va sans dire), et du hardcore US gras et rageur avec en plus, une petite cuillère de heavy metal pour adoucir la sauce.