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A. Edward Sutherland | Au-delà de demain (1940)
























Aux cotés de La vie est belle ou de Miracle dans la 34ème rue, Au-delà de demain anime ce sous-genre du conte de Noël cinématographique dont les Américains restent particulièrement friands.

Howard Hawks | Air Force (1943)


S'il s'inscrit pleinement dans le pur cinéma de propagande qui fleurit alors sur les écrans américains dans le sillage de l'attaque de Pearl Harbor par les Japonais, laquelle déclencha l'entrée des Etats-Unis dans le second conflit mondial, Air Force n'en demeure pas moins un grand film de guerre tout court. Pourtant celle-ci n'apparaît quasiment pas sur la pellicule, reléguée en arrière-plan et réduite à quelques combats. Car, oeuvre de commande peut-être, le film porte toutefois l'incontestable marque de son réalisateur. Howard Hawsk est le cinéaste du huis-clos, de l'attente, ce qui lui dicte une première partie presque circonscrite aux entrailles de cette forteresse volante où les protagonistes attendent, laissant les caractères de chacun se dessiner.
De plus chez Hawks, le groupe l'emporte sur les individus. Si ceux-ci, échantillons de la population américaine, sont bien définis, ils s'effacent dans un ensemble, à l'image de cette très belle scène en forme de veillée funèbre qui voit les héros se rassembler autour de leur capitaine au moment où il va mourir. Sobriété et absence totale de pathos caractérisent ce cinéma filmé à hauteur d'hommes, dimension humaine quasi intimiste parfaitement symbolisé par un casting sans vedettes. John Garfield, Arthur Kennedy et l'immense Harry Carey n'en sont pas moins formidables. 









Frank Capra | Monsieur Smith au sénat (1939)


En quelques mots : Quelqu'un qui le découvrirait aujourd'hui jugera sans doute Monsieur Smith au sénat naïf sinon démodé. C'est pourtant oublier que le film de Capra se veut beaucoup politiquement incorrect qu'il n'en a l'air, déclenchant alors la foudre de nombreux sénateurs et interdit dans plusieurs pays, dont l'Allemagne nazie et l'Italie fasciste. Il est un véritable cri d'amour pour la démocratie et les Etas-Unis, qu'incarne idéalement un James Stewart que cet immense succès populaire fera une star. Si son playdoyer final est un grand moment de cinema, la scène où ses mains tripote un chapeau qu'elles ne cessent de faire tomber, témoigne peut-être plus encore de son talent. Le tandem qu'il forme avec la pétillante Jean Arthur, est vrai couple de cinéma et tous les acteurs sont dignes d'éloge, notamment Claude Rains et le vétéran Harry Carey qui compose un malicieux président du sénat. Enfin, il est un documentaire passionnant et instuctif sur le fonctionnement des institutations politiques américaines. Un classique indémodable.