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André De Toth | La chevauchée des bannis (1959)


Western hivernal tourné dans un décor minimaliste figé par la neige, La chevauchée des bannis est une petite perle du genre. De la série B, peut-être mais qui vaut bien des films plus renommés. Le film doit beaucoup à sa superbe photo en noir et blanc de Russell Harlan (le périple final et fantomatique dans la montagne enneigée est absolument magnifique) et au scénario de Philip Yordan, ingénieux car n'empruntant pas tout à fait la direction que les premières minutes semblent vouloir suggérer. On sent tout du long que derrière la caméra se trouve un vrai metteur en scène, en l'occurrence André De Toth qui dirige l'affrontement singulier entre le minéral Robert Ryan et le savoureux Burl Ives.
A noter d'ailleurs une bonne distribution complémentaire avec la belle Tina Louise et le toujours grandiose Jack Lambert, une des plus sales gueules du cinéma américain des années 50. Au rigorisme du cadre désolé et à la sécheresse des personnages répond la scène du bal qui exsude un érotisme trouble qui donne presque la nausée. Sans doute un des derniers grands westerns américains de l'âge d'or dont Clint Eastwood s'est peut-être souvenu au moment de réaliser Pale Rider...| IMDb





















Anthony Mann | Les affameurs (1952)


Avec L'appât, tourné l'année d'après, Les affameurs se révèle être le western le plus abouti d'Anthony Mann, le plus représentatif surtout. A la beauté de paysages naturels (le mont Hood) répondent les tourments de personnages pour lesquels ce voyage se mue en quête rédemptrice. Chacun d'eux évolue au cours du film, qu'il s'agisse de Jeremy Baile (Jay C. Flippen), sa fille Laura (Julie Adams) et bien entendu le héros campé par James Stewart qui cherche à oublier son passé et à se racheter.
Il forme avec Emerson (Arthur Kennedy), un couple lié par la violence. Ils sont les deux faces d'une même pièce, complémentaires et différents. Tous ces personnages doivent affronter aussi bien des menaces extérieurs (bandits, Indiens) que des démons intérieurs. Là réside l'empreinte de Mann mais aussi  et surtout celle de son scénariste Borden Chase, auteur majeur qui a offert au genre La rivière rouge, Winchester 73 ou L'homme qui n'a pas d'étoile. Stewart, pour sa part, y trouve un rôle qui annonce celui qu'il interprétera dans L'appât qui le verra plus encore rongé par la vengeance jusqu'à la folie... Bref, avec son casting trois étoiles, Bend Of The River reste un des westerns préférés de Childéric Thor. 



Phil Karlson | L'affaire de la 99ème rue (1953)


En quelques mots : On dira jamais assez tout le bien qu'il faut penser de John Payne, acteur aujourd'hui (injustement) oublié dont la filmographie regorge pourtant de pépites, de série B peut-être mais toujours de qualité, comme l'illustre cette Affaire de 99ème rue où il retrouve Phil Karlson derrière la caméra, petit maître du polar, après Le quatrième homme. Sans égaler celui-ci, ce film permet encore une fois d'admirer la nervosité coutumière du réalisateur et surtout le jeu pas si monolithique que cela du comédien, ici dans un registre plus tendu et agressif. Il joue un ancien boxeur mêlé à une histoire qui le dépasse. Manipulé par des femmes, il voit peu à peu un étau se resserrer sur lui, tout d'abord victime avant de prendre sa revanche. Contrairement à nombre de séries B, le scénario n'est pas sans receler surprises et coups de théâtre. Au cordeau, la mise en scène nous plonge dans un monde sombre et interlope, dont la noirceur est renforcé par un noir et blanc quasi expressionniste. Bref, un (grand) petit film !