Les chevaux, le désert et surtout Randolph Scott ne doivent pas vous tromper, Les aventuriers du désert ressemble plus à un film noir qu'à un vrai western. L'histoire se déroule dans les années 40 et l'intrigue policière prend le pas sur la quête du trésor perdu dans les sables. Bien que réalisée par John Sturges dont c'est le premier film important, l'oeuvre porte avant tout la marque de son producteur (avec le fidèle Harry Joe Brown) et vedette, Randolph Scott donc : tournage à l'économie, récit efficace, mise en scène au cordeau etc... S'il tient en haleine tout du long, notamment grâce à son excellente distribution (avec Kennedy, Ireland et Buchanan quand même) et un noir et blanc riche en contraste, The Walking Hills se révèle pourtant inférieur aux westerns que l'acteur tournera plus tard avec Budd Boetticher (La chevauchée de la vengeance...), la faute à un ensemble un peu étriqué justement et des personnages dont le passé aurait mérité d'être plus approfondi. (vu le 30/10/2018)
AU PIF
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John Sturges | Un homme est passé (1955)
J'ai connu une époque, bien avant internet et les chaînes du câble, où France 3 (alors FR3), diffusait régulièrement des vieux films les après-midi. Je me souviens ainsi avoir découvert Un homme est passé un lundi où je n'étais pas à l'école. Il me semble que j'étais en sixième. Et depuis une trentaine d'années, je le visionne fréquemment. Il faut dire qu'il s'agit sans doute du chef-d'oeuvre de John Sturges, western moderne basé sur la classique unité de temps, de lieu et d'action, où les chevaux sont remplacés par des jeeps. Court - il dure moins d'une heure vingt - et épuré, Bad Day At Black Rock n'en est pas moins d'une grande richesse, jouant sur les contrastes entre le cinémascope et l'isolement de cette bourgade, en fait quelques baraques serrées et écrasées par un vaste paysage aride, entre la vulnérabilité trompeuse de son héros et la brutalité menaçante d"un ennemi patibulaire.
Ainsi, la grande idée du film est d'avoir choisi un manchot comme personnage principal et d'avoir choisi Spencer Tracy pour l'interpréter, habitué aux rôles bienveillants. Avec sa chevelure blanche, il a l'air d'être un grand-père tranquille et inoffensif pour lequel on s'inquiète vite, seule face à des habitants qui cherchent farouchement à défendre le terrible secret qui les lie. En fait, il n'en est rien. Ne se laissant pas intimider et maniant l''arme de l'ironie, il découvrira la vérité, glaçante. De ce point de vue, Un homme est passé s'inscrit dans la lignée d'un cinéma libéral, illustrant le sort peu connu réservé aux Japonais installés sur le sol Américain pendant la Seconde Guerre mondiale et après, rappelant l'existence de camps de concentration, sujet encore tabou aujourd'hui. Sans faire dans la démonstration facile, l'oeuvre interroge sur la lâcheté humaine et les préjugés. Rien nous est dit sur l'origine de MacCready qui traverse l'histoire comme une silhouette mystérieuse et tenace. Les circonstances de la mort de Komoko ne sont pas plus représentées à l'écran. Avec intelligence, Sturges laisse le spectateur les deviner et reconstituer le drame jusqu'à l'abstraction. Bien sûr, le film reste fameux également pour son affiche qui réunit Tracy donc mais aussi Walter Brennan, Dean Jagger, la belle Anne Francis et une remarquable brochette de salauds (Robert Ryan, Lee Marvin et Ernest Borgnine). (Vu le 21/03/2018 / Source : DVD)
Ainsi, la grande idée du film est d'avoir choisi un manchot comme personnage principal et d'avoir choisi Spencer Tracy pour l'interpréter, habitué aux rôles bienveillants. Avec sa chevelure blanche, il a l'air d'être un grand-père tranquille et inoffensif pour lequel on s'inquiète vite, seule face à des habitants qui cherchent farouchement à défendre le terrible secret qui les lie. En fait, il n'en est rien. Ne se laissant pas intimider et maniant l''arme de l'ironie, il découvrira la vérité, glaçante. De ce point de vue, Un homme est passé s'inscrit dans la lignée d'un cinéma libéral, illustrant le sort peu connu réservé aux Japonais installés sur le sol Américain pendant la Seconde Guerre mondiale et après, rappelant l'existence de camps de concentration, sujet encore tabou aujourd'hui. Sans faire dans la démonstration facile, l'oeuvre interroge sur la lâcheté humaine et les préjugés. Rien nous est dit sur l'origine de MacCready qui traverse l'histoire comme une silhouette mystérieuse et tenace. Les circonstances de la mort de Komoko ne sont pas plus représentées à l'écran. Avec intelligence, Sturges laisse le spectateur les deviner et reconstituer le drame jusqu'à l'abstraction. Bien sûr, le film reste fameux également pour son affiche qui réunit Tracy donc mais aussi Walter Brennan, Dean Jagger, la belle Anne Francis et une remarquable brochette de salauds (Robert Ryan, Lee Marvin et Ernest Borgnine). (Vu le 21/03/2018 / Source : DVD)
John Sturges | L'aigle s'est envolé (1976)
Tiré d'une histoire invraisemblable du romancier Jack Higgins, on attendait beaucoup de L'aigle s'est envolé. Pourtant, eu égard à sa luxueuse distribution (Michael Caine, Donald Sutherland et Robert Duvall sont de sacrés moteurs), l'impression s'impose d'être passé à côté d'un grand film. Après les quelconques Joe Kidd ou Chino et le fatigué Un silencieux au bout du canon, John Sturges, dont c'est la dernière mise en scène, semble ne pas exploiter pleinement la force de son casting et le potentiel d'un sujet propice à un suspense tendu. Sa réalisation, bien que soignée, manque de nerfs cependant que la romance entre Sutherland et Jenny Agutter ralentit un récit qui prend déjà (un peu) trop son temps.
S'il est surprenant de voir des Allemands en héros, le scénario prend soin de bien distinguer ces militaires des SS dépeints sous un jour brutal ou ridicule, témoin cette scène très appuyée où Caine défend une Juive face à une cohorte nazie. On est étonné de trouver Larry Hamgman en officier US, ravi de croiser le joli minois de Jenny Agutter mais aucun comédien ne parait finalement croire à son rôle. Dommage... | IMDb
S'il est surprenant de voir des Allemands en héros, le scénario prend soin de bien distinguer ces militaires des SS dépeints sous un jour brutal ou ridicule, témoin cette scène très appuyée où Caine défend une Juive face à une cohorte nazie. On est étonné de trouver Larry Hamgman en officier US, ravi de croiser le joli minois de Jenny Agutter mais aucun comédien ne parait finalement croire à son rôle. Dommage... | IMDb
John Sturges | Joe Kid (1972)
En quelques mots : De tous les westerns de Clint Eastwood, "Joe Kidd", pourtant mis en scène par John Sturges, un des spécialistes du genre, est probablement le moins bon d’entre eux. Western de gauche (le scénario est de Elmore Leonard) se penchant sur le sort des Mexicains expropriés par de gros propriétaires, "Joe Kidd" se révèle en effet bien peu passionnant car mené sans grande conviction par le responsable de "Fort Bravo", "Règlement de comptes à OK Corral", "Le trésor du pendu" et "Les 7 mercenaires". En dépit de la musique de Lalo Schifrin et d’une solide distribution où l'on croise Robrt Duvall, John Saxon ou Paul Koslo en éternelle petite frappe, on ne retient que peu de choses du film, dont seule la présence de Clint Eastwood permet de le maintenir encore dans la mémoire des cinéphiles. La séquence de la locomotive entrant brutalement dans un saloon constitue l’unique temps fort de l’histoire. Dénué de personnalité, il s’inscrit complètement dans la mouvance des westerns américains des années 70, influencés par la violence des westerns spaghetti et par le culte des nouvelles armes à feu. En perte de vitesse, on a la désagréable impression que Sturges cherche à prendre le train en marche sans y apporter sa touche personnelle. Ajoutons qu'il s'agit du dernier western dans lequel apparaît Eastwood et qu’il ne réalise pas, ce qui n’est peut-être pas un hasard. Il va sans dire que les quatre westerns qu’il a mis en scène s’avèrent largement supérieurs et dotés quant à eux d’une véritable personnalité !
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