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Mino Loy | 7 hommes pour Tobrouk (1969)
























De tous les genres que le cinéma bis italien a (re)visité, le film de guerre est sans doute un de ceux qui lui ont le moins réussi, ne donnant lieu à aucunes oeuvres cultes, contrairement au western, à l'épouvante, au polar et même au péplum qui a ses amateurs.

Samuel Fuller | Le démon des eaux troubles (1954)
























Après l'excellent Port de la drogue, Samuel Fuller se voit confier la réalisation du démon des eaux troubles, titre français idiot, comme souvent à l'époque.

William Wellman | Pilotes de chasse (1942)


Sorti sur les écrans américains moins d'un an après l'attaque de Pearl Arbor qui poussa les Etats-Unis dans la Seconde Guerre mondiale, Pilotes de chasse est un film de propagande qui tente de renouveler le succès d'un Yankee dans la RAF (Henry King), John Sutton tissant un lien entre les deux, même si son rôle est différent. Darryl Zannuck enrôle William Wellman pour assurer la réalisation, se souvenant sans doute que ce dernier fut lui-même pilote durant le premier conflit mondial, au sein de l'escadrille Lafayette. Cette expérience a nourri ses films de guerre.
Mais Thunder Birds n'est pas le réussi d'entre-eux, la faute à un triangle amoureux qui freine le récit sans pour autant participer d'une dramaturgie finalement en berne. Le résultat se montre d'une grande platitude. Si la présence de Chinois au sein de la base est curieuse, son traitement reste anecdotique. Seules les séquences aériennes et la beauté de Gene Tierney qui brûle déjà la pellicule, évitent à l'oeuvre de sombrer dans l'ennui, que sauve également un technicolor rutilant. (vu le 12.01.2019)














Raoul Coutard | La légion saute sur Kolwezi (1979)


Plus que le directeur de la photo de la Nouvelle vague (pour Godard et Truffaut surtout), c'est surtout le collaborateur de Pierre Schoendoerffer (La 317e section et Le crabe-tambour) et le photographe de guerre (en Indochine) qui dirige La légion saute sur Kolwezi. Sauf que, grand opérateur, Raoul Coutard ne possède pas un égal talent de réalisateur. De fait, en dépit de son minutieux réalisme documentaire, son film tend davantage vers la série B d'action que vers l'analyse politique. Si le contexte qui a présidé à la prises d'otage par des rebelles katangais, est bien esquissé, l'oeuvre se perd ensuite dans les méandres de l'opération militaire, sacrifiant les personnages principaux (interprétés par Bruno Cremer ou Mimsy Farmer) que nous sommes tout étonné retrouver lors des dernières minutes. Tourné en 1979, il s'agit d'un film de guerre anachronique dans le fond comme dans la forme, vestige de la décolonisation. (vu le 11/12/18)






David Lean & Noel Coward | Ceux qui servent en mer (1942)


Alors considéré comme un des meilleurs monteurs anglais, bossant pour Michael Powell (Le 41ème parallèle), Anthony Asquith (Pygmalion) ou Gabriel Pascal (Major Barbara dont il assuré davantage que le simple montage), David Lean passe à la mise en scène en 1942 avec Ceux qui servent en mer, qu'il signe à quatre mains avec Noel Coward. En cela, le film se révèle doublement intéressant. D'une part parce qu'il permet à celui qui marquera l'histoire du cinéma grâce aux grandes fresques que sont Le pont de la rivière Kwai, Lawrence d'Arabie ou Docteur Jivago, de faire ses premiers pas. D'autre part parce qu'il porte la griffe de ses deux géniteurs. Ainsi, Ceux qui servent en mer est clairement un film de Noel Coward. Il en a écrit le scénario mais trop occupé par la production et le rôle qu'il interprète, il en abandonne assez vite la paternité technique.
Son esprit brillant transparaît au travers de ce portrait croisé de plusieurs personnages dont des flashbacks habilement introduits et imbriqués, brossent le parcours. Reste que visuellement, In Whick We Serve doit tout à Lean, solidement secondé par Ronald Neame pour les séquences les plus spectaculaires. Son expérience de monteur assure un travail fluide et cohérent indispensable dans une trame éclatée. En outre, le film constitue aussi une des meilleures oeuvres de propagande offertes par le cinéma britannique dont il reflète l'approche authentique, noble et pleine de justesse avec un souci du réalisme quasi documentaire. C'est un cinéma à hauteur d'hommes et de femmes ordinaires qui évoluent dans une société de classes que ces protagonistes et leur famille incarnent. Mais dans l'enfer de la guerre ou à bord d'un canot de sauvetage, ces distinctions sociales s'effacent au profit d'un groupe unit sous la bannière de la liberté. Il va sans dire que, de Bernard Miles à John Mills, de Celia Johnson à Michael Wilding en passant par James Donald ou un jeune Richard Attenborough, les acteurs sont tous remarquables. (vu le 09/12/18)












Edward Ludwig | Alerte aux marines (1944)


Pendant la Seconde Guerre mondiale, le cinéma de propagande américain fonctionne à plein régime. Si le volet antinazi a pu donner naissance à de très grands films lorsqu'ils dépassaient le cadre du simple produit militariste et manichéen (Casablanca, The Mortal Storm, Espions sur la Tamise, La cinquième colonne etc...), du côté du Pacifique, le résultat fut moins heureux, à l'exception notable de Aventures en Birmanie. S'il nous éclaire sur les Fighting Seabees, unité du génie militaire peu connu, Alerte aux marines se révèle peu enthousiasmant, ne nous épargnant aucune convention aucun cliché sur le sadique ennemi japonais ou la bravoure américaine. John Wayne ne semble pas très concerné. On ne croit pas davantage au triangle amoureux quasi obligé auquel il participe avec Susan Hayward et un Dennis O'Keefe plus à l'aise dans les polars d'Anthony Mann (Marché de brutes, La brigade du suicide).
Les truculents rôles secondaires généralement de mise sont qui plus est absent de ce film emballé sans personnalité par Edward Ludwig qui retrouvera le Duke dans le fameux - quoique surestimé - Réveil de la sorcière rouge, artisan auquel l'aventure sied davatage, comme en témoigneront Le trésor des Caraïbes ou L'appel de l'or, de même que le western (La ville sous le joug) ou la SF (le scorpion noir). Bref, pur objet de propagande belliciste et sans nuances, Alerte aux marines est un film très moyen voire médiocre. (Vu le 18/03/2018)










Howard Hawks | Air Force (1943)


S'il s'inscrit pleinement dans le pur cinéma de propagande qui fleurit alors sur les écrans américains dans le sillage de l'attaque de Pearl Harbor par les Japonais, laquelle déclencha l'entrée des Etats-Unis dans le second conflit mondial, Air Force n'en demeure pas moins un grand film de guerre tout court. Pourtant celle-ci n'apparaît quasiment pas sur la pellicule, reléguée en arrière-plan et réduite à quelques combats. Car, oeuvre de commande peut-être, le film porte toutefois l'incontestable marque de son réalisateur. Howard Hawsk est le cinéaste du huis-clos, de l'attente, ce qui lui dicte une première partie presque circonscrite aux entrailles de cette forteresse volante où les protagonistes attendent, laissant les caractères de chacun se dessiner.
De plus chez Hawks, le groupe l'emporte sur les individus. Si ceux-ci, échantillons de la population américaine, sont bien définis, ils s'effacent dans un ensemble, à l'image de cette très belle scène en forme de veillée funèbre qui voit les héros se rassembler autour de leur capitaine au moment où il va mourir. Sobriété et absence totale de pathos caractérisent ce cinéma filmé à hauteur d'hommes, dimension humaine quasi intimiste parfaitement symbolisé par un casting sans vedettes. John Garfield, Arthur Kennedy et l'immense Harry Carey n'en sont pas moins formidables. 









Douglas Sirk | Les ailes de l'espérance (1957)


Si Douglas a réalisé de grands et flamboyants mélodrames (Ecrit sur du vent, la ronde de l'aube, Le temps d'aimer, le temps de mourir), force est de reconnaître que Les ailes de l'espérance n'en fait pas partie. Situé pendant la guerre de Corée, c'est un drame larmoyant qui prouve encore une fois que les bons sentiments ne font pas les bons films. La photo de Russell Mety est belle comme toujours mais ce qui se passe à l'écran est plat malgré un beau sujet fourni par le colonel Hess lui-même. Il faut dire que Sirk est cette fois-ci handicapé par un Rock Hudson bien incapable d'exprimer tous les regrets et le désarroi de son personnage. Restent le plaisir de voir Dan Duryea dans un rôle sympathique (ce qui est rare) et la beauté furtive de Martha Hyer...