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Walter Hill | Le bagarreur (1975)


Le bagarreur vaut mieux que son titre français franchement facile. Bien qu'il soit effectivement question d'un boxeur (à poings nus) et que plusieurs combats l'émaille, le film est plus qu'un simple véhicule pour Charles Bronson. Le fait qu'il se soit rasé la moustache, affichant un visage vieilli et plus buriné que jamais, tend à prouver que le comédien voyait en lui plus que cela. Enfermé dans un mutisme minéral, son personnage, sur lequel on ne sait rien, traverse le récit avec une tension rentrée et une profonde mélancolie, héros westernien qui disparaît comme il est arrivé. Mystérieusement. Bronson trouve là un ses plus beaux rôles. Si la mise en scène de Walter Hill est impeccable (ce n'est que sa première expérience derrière la caméra !), l'oeuvre tire avant tout sa force de son superbe duo d'acteurs qui se complète à merveille.
Déroulant son numéro,  James Coburn y apparaît aussi hâbleur et baratineur que Bronson est taiseux. Mentionnons enfin la belle photo de Philip Lathrop au service d'une reconstitution soignée de l'Amérique de la Grande Dépression. Bref, on n'est pas loin un chef-d'oeuvre !














Walter Hill | Les pilleurs (1992)


Il fut un temps, aujourd'hui révolu, où Walter faisait (encore) des bons films. Quand bien même nous sommes déjà loin du Bagarreur (1975), de Sans retour (1981) ou d'Extrême préjudice (1987), Les pilleurs est à mettre à l'actif de celui qui est alors considéré comme un des (petits) maîtres du film avec des couilles. Largement supérieur à la séquelle de son 48 heures qui vient alors de commettre, Trespass se veut ainsi une série B à l'ancienne, nerveuse et sans temps mort.
On attendait sans doute mieux de la rencontre entre Walter Hill et le tandem Robert Zemeckis / Bob Gale qui l'a scénarisé mais le plaisir est là, avec ces sales gueules, son langage ordurier et ces fusillades à l'ancienne, comprendre sans le maniérisme de Hong-Hong (John Woo etc...) qui ne tarderait pas à contaminer une bonne partie de ce genre de production US. Bien sûr, ce n'est pas Le trésor de la Sierra Madre, auquel les papas de Retour vers le futur pensaient en écrivant cette histoire mais Les pilleurs ne mérite pas le cuisant échec qu'il a subi à sa sortie en salles à une époque où les rappeurs Ice Cube et Ice T. avaient le vent en poupe.  Bref, un comme on n'en fait plus, à redécouvrir  - et à réévaluer ! - en pensant à Bill Paxton qui vient de nous quitter...