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Cepheide & Time Lurker | Lucide (2019)



















Cepheide est un groupe que nous suivons depuis ses débuts il y a six ans, découvert au hasard de nos pérégrinations sur la toile et avec lui les nombreux projets parallèles qui gravitent à sa périphérie, de Scaphandre à Rance en passant par Baume.

News | Monolithe - Okta Khora




















"Okta Khora", le nouvel album de Monolithe (funeral doom), sortira le 31 janvier 2020 chez les Acteurs de l'Ombre Productions.

KröniK | Ultha / Paramnesia - Split (2017)


Il y a des alliances qui font davantage saliver que d'autres et dont la présentation nous remplit d'espérance. La rencontre entre Ultha et Paramnesia fait partie de ces copulations qui laisse rêveur. Le fruit de ce pacte franco-allemand voit le jour sous la forme d'une cassette éditée par l'indispensable Tartarus Records mais aussi en CD par les Acteurs de l'Ombre et en vinyle chez Vendetta Records, autant de formats qui ne font qu'en confirmer la haute valeur ajoutée. Il faut dire qu'on tient là deux des entités les plus excitantes que l'art noir nous ait offert ces dernières années. Deux groupes à la fois proches et différents. Proches dans cette façon de galoper à travers des paysages crépusculaires aussi vastes que ravagés.
Mais différents dans leur expression d'une noirceur charbonneuse identique, plus crue et bouillonnante pour l'un (Ultha), plus évolutive sinon tortueuse pour l'autre (Paramnesia). Si les splits sont parfois pour leurs auteurs l'occasion de placer des titres au rabais et autres fonds de tiroir, tel n'est bien entendu pas le cas de celui-ci qui voit au contraire les deux protagonistes signer chacune une composition (fleuve) de très haute volée. Les Allemands sont les premiers à tirer avec The Seventh Sorrow qui, osons le dire tout de suite, s'impose comme la création la plus aboutie - et donc la plus terrifiante - dont ils ont accouché depuis leurs débuts il y a quatre ans seulement. Nimbée d'une couche de claviers funéraires et enveloppants, il s'agit d'une longue élévation, montée en puissance cataclysmique d'un désir mortifère. On sent ainsi la hampe se dresser peu à peu, poussée par une sève aussi tranchante que cendreuse. Puis l'éjaculation survient et c'est un furieux torrent de lave qui s'échappe de ce méat noirci. Une tension grouillante court le long du manche de ces guitares taillés dans une roche granitique, lesquelles creusent un défilé d'une démesure hallucinée, couloir où s'engouffrent ces vocalises écorchées crachant un sang sinistre. Ces dix-huit minutes se poursuivent sur les coups de boutoir d'une batterie tellurique que drapent un linceul hanté. Le titre file ensuite vers sa conclusion, emporté par ces rouleaux percussifs aux allures de sentinelles rocailleuses. De leurs côtés, les Français ajoutent une pierre à l'édifice entamé par Ce que dit la bouche d'ombre avec ce sixième segment. Point de préliminaires ici, Paramnesia démarre sur les chapeaux de roue, propulsé par des musiciens à l'unisson d'une brutalité tempétueuse charriant un black metal tendu comme le foc d'un navire. Malgré de multiples perforations au fond desquelles sont avalés des instants plus pétrifiés, ces (quasi) vingt minutes cavalent le long d'un champ de ruines sans jamais débander et que ferment au bout quelques notes squelettiques. Le groupe reste fidèle à son écriture à la fois déliée et caverneuse qui a quelque chose d'un dédale aux traits sévères happé par une marée noire. D'ores et déjà culte, ce split est une pièce incontournable qui témoigne de l'inspiration déchaînée de ses deux auteurs. (01/01/2018)

4/5 | La Horde Noire


Soon | Moonreich - Fugue


"Fugue", le nouveau méfait de Moonreich (Black Metal), verra la nuit le 15 juin 2018 via Les Acteurs de l'Ombre Productions.
Premier extrait à déguster ici =>

 

Soon | Aorlhac - L'esprit des vents


"L'esprit des vents", le nouvel opus de Aorlhac (Mediaval black metal), verra la nuit le 2 mars 2018 chez les Acteurs de l'Ombre Productions.




Maieutiste | S/T (2015)


Votre serviteur se souvient avoir découvert Maieutiste par sa démo tape aux allures de brouillon, "Socratic Black Metal", voilà huit ans. A sa manière, modeste et sans grands moyens, le groupe témoignait alors déjà d'une volonté d'émancipation vis-à-vis du credo en vigueur au sein d'une chapelle à l'intérieur de laquelle il se sentait à l'étroit sans pour autant chercher à en siphonner les arcs-boutants. Après un long silence, tunnel qui a vu certains de ses membres s'activer ici ou là, notamment chez Caïnan Dawn pour le guitariste Keithan, le sextet est enfin de retour avec sous le bras un premier album que nous n'attendions presque plus. Du haut de ses 76 minutes au garrot, cette offrande éponyme donne l'impression que ses auteurs ont cherché à rattraper le temps perdu, remplissant jusqu'à la gueule un menu d'une densité pantagruélique. Corollaire de sa durée extrême, l'œuvre requiert de nombreux va-et-vient dans les replis ténébreux de son intimité pour en goûter la valeur, d'autant plus que l'art noir qui s'y déploie se révèle difficile à pénétrer. De fait, Maieutiste n'a pas seulement mis à profit ces années d'abstinence pour empiler les compos (l'opus n'en compte que onze), cherchant surtout à peaufiner une écriture complexe où fourmillent les détails. Méconnaissable, le groupe a acquis une maturité, une ampleur dont, il faut bien l'admettre, nous ne le pensions peut-être pas capable. À l'écoute de cette offrande, on mesure combien chaque piste a été réfléchie, pensée dans ses moindres aspects, tableaux de maître d'une ébouriffante virtuosité. Ni orthodoxe ni évolutif mais en fait un peu les deux à la fois, le black metal sculpté par les Français galope à travers un chemin sinueux où copulent passages jazzy (le formidable 'Absolution'), chant clair ('... In The Mirror'), émanations instrumentales suintant des ambiances malsaines ('Purgatoire'), cadence façon Lapin Duracell ('The Fall'), guitares gonflées d'une semence désespérée (le déchirant 'Death To Free Thinkers'), tempo doomy ('Lifeless Visions'). Brassant nombre d'influences, "Maieutiste" a quelque chose d'une synthèse des diverses forces travaillant un art des plus protéiformes. Sans doute trop long et ayant en cela mérité quelques (petits) coups de ciseaux, ce galop d'essai mérite le respect pour le boulot abattu par ses géniteurs. Pour sa cohérence surtout, car jamais il ne s'égare. Et s'il nous perd parfois, il le fait alors sciemment et nous retrouve toujours au bout de cette sente avalée par une nuit opaque. Le groupe survivra-t-il à cette somme définitive, à la fois nouveau départ mais aussi aboutissement de longues années de maturation ? (2015)


Déluge | Æther (2015)


Déluge, ce nom ne vous dira sans doute rien, ou alors très peu, évoquant peut-être le souvenir, encore récent, d'une démo tape au titre curieux ("Mélas | Kholé") et au visuel pas moins original. C'est pourtant un nom qu'il faudra bien retenir, tant son premier album longue durée fait mal, très mal même, parfaite illustration de la maîtrise déjà acquise par nombre de nos formations, lesquelles n'ont absolument pas à rougir d'une comparaison avec des hordes étrangères, qui ne se justifie plus. "Aether" témoigne aussi de la mutation en cours au sein de l'art noir, chapelle travaillée de l'intérieur par des diverses forces à la fois différentes mais complémentaires. De fait, parler ici de black metal paraît terriblement réducteur car l'identité du groupe s'affranchit des codes du genre pour s'accoupler sauvagement avec le post hardcore sous l'oeil vicieux d'un sludge mortifère. En découle une masse sombre et agitée, concentré d'une désenchantée fureur. Une intensité aussi hallucinée que survoltée gronde tout du long de cette écoute qui prend aux tripes, raclant les chairs à vif ('Houle'). "Aether" a quelque chose d'un tsunami sonore dont les ondes se répandent à l'infini. Propulsé par une prise de son laissant hurler chaque instrument, l'opus trouve l'équilibre effrayant entre violence déchaînée et respiration émotionnelle, ambivalence qui confère à ces compostions extrêmement travaillées une dimension aussi fougueuse que fascinante. De parcimonieuses notes de piano ('Hypoxie'), des bribes de voix fantomatiques ('Appats') viennent enrichir une palette dont la richesse instrumentale n'en grève jamais la froide noirceur. 'Avalanche', saillie pulsative cisaillée en deux par une crevasse hypnotique aux riffs granuleux et obsédants, témoigne de cette forme démentielle d'une puissance volcanique. Le chant en français, enfin, termine de faire de "Aether", une création profondément personnelle en même temps qu'il participe d'un désespoir orageux ('Naufrage'). Lourd et céleste à la fois, l'album tutoie l'Absolu lors des dix minutes de 'Klartraumer', lente élévation dont les traits se durcissent peu à peu, tout d'abord funéraires avant d'exploser à mi-chemin en un geyser de brutalité épousant alors les traits furieux d'un black metal aussi cérébral qu'échevelé cependant que les ultimes mesures renouent avec l'épure décharnée du début. Coup d'essai aux allures de coup de maître, "Aether" offre à ses auteurs le sésame pour la cour des grands, œuvre évolutive et viscérale dont l'intelligence n'a d'égale que la brillante beauté.  (2015)


Moonreich | Pillars Of Detest (2015)


Moonreich fait partie de ces groupes que votre serviteur suit depuis le début, le voyant grandir, muter, peaufinant peu à peu un art, forcément noir, de plus en plus robuste. De plus en plus personnel aussi, partant d'un black assez cru sur "Zoon Politikon" pour déboucher sur une matière plus sinistre et reptilienne encore avec "Terribilis Est Locust Iste". Mais parler de groupe en tant qu'entité n'est pas vraiment pertinent en ce sens qu'il se présente surtout comme la créature du seul Weddir qu'accompagne une formation mouvante, oscillant du trio au quatuor. Ce quatrième méfait a quant à lui été gravé à six mains, celles du chanteur et guitariste donc, d'un nouveau batteur et du bassiste Macabre dont c'est la dernière collaboration avec le maître des lieux, parti depuis biner son jardin secret à lui, l'excellent Mortis Mutilati. Nous pourrions rajouter à cette joyeuse équipe Devo, l'un des piliers de Marduk, ici derrière la table de mixage car, sans vouloir chercher à lui attribuer un rôle qu'il n'a peut-être pas, force est d'admettre que Moonreich se rapproche de plus en plus de cette chapelle suédoise dont le credo repose sur une science du malsain, du mortifère, autant précise que redoutable. A laquelle les Français injectent une espèce de folie sournoise, une lèpre rampante. L'opus démarre fort, très fort même, avec 'Ad Nauseam', qui après de sinistres préliminaires qui en annoncent la couleur, noire nécessairement, se met à foncer tête baissée, dératiseur funeste guidé par des guitares aussi polluées que déglinguées. Le ton est donné. Ce qui suit alterne saillies furieuses (surtout) et coups de boutoir vicieux. Au rang des premières, citons 'All Born Sick', toutefois écartelé par des cassures insidieuses, 'Freikorps', longue pulsation au fond de laquelle sont tapies de perfides ambiances, sans oublier l'éponyme 'Pillar Of Detest - World Shroud', composition sinueuse aux reliefs aussi accidentés que meurtriers. Quant aux  seconds, vers lesquelles tend d'ailleurs notre préférence, ils sont successivement incarnés par l'immense (à tous points de vue) 'Death Winged Majesty', rumination finale de près de dix minutes aux confins du pur black metal dépressif, celui du Forgotten Tomb de "Love's Burial Ground", et par 'Sheïtan', instrumental reptilien suintant une vermine néanmoins belle à pleurer. Reprenant les choses où les a laissées "Terribilis Est Locust Iste", ce troisième méfait s'en éloigne pourtant par sa complexité qui se conjugue à une brutalité bouillonnante de haine. (2015)