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Enthroned | Cold Black Suns (2019)



















Malgré une carrière inégale, reconnaissons au moins à Enthroned une longévité additionnée à une régularité qui imposent le respect.

The Great Old Ones | Cosmicism (2019)



















Une question pour commencer : comment The Great Old Ones parvient-il à enfanter tous les deux ans (ou presque) des albums aussi denses et vertigineux sans jamais se répéter, peaufinant au contraire à chaque fois un peu plus son art ? 

Heilung | Futha (2019)



















Ceux pour qui le metal folklorique rime avec gigue champêtre ou élan héroïque peuvent passer leur chemin car Heilung ne noue en réalité aucun lien (ou si peu) avec les Finntroll, Eluveitie, Korpiklani et consorts.

1349 | Dødskamp (2019)



















Si, en France, on imagine mal un musée faire appel à un groupe de black metal pour rendre hommage à un peintre dont il expose les toiles, il n'y a en revanche en Norvège rien de surprenant à voir 1349 être sollicité de la sorte, avec d'autres artistes issus de sphères différentes, pour illustrer en musique un tableau du grand peintre national Edvard Munch.

Drudkh | A Few Lines In Archaic Ukrainian (2019)



















Bel exemple de stakhanovisme ! Déjà impliqué dans quatre projets parallèles (Rattenfanger,  Necrom, Precambrian et Windswept qui vient de sortir du four son deuxième album "The Outlocker"), Roman Saenko nous livre sous le nom de Drudkh "A Few Lines In Archaic Ukrainian", après un "They Often See Dreams About The Spring" publié en mars 2018.

News | Esoteric - A Pyrrhic Existence



A Pyrrhic Existence, le nouvel album de Esoteric (Funeral Doom), sortira le 8 novembre 2019 chez Season Of Mist. Voici son tracklisting :

Disc 1 :
1. Descent 27:39
2. Rotting in Dereliction 15:51
3. Antim Yatra 04:40
Disc 2 :
1. Consuming Lies 15:16
2. Culmination 19:03
3. Sick and Tired 15:46

Fenrir | Legends Of The Grail (2019)


















De Fenrir, on se souvient avoir écouté - et apprécié ! - "Frozen Flowers", seconde démo gravée il y a une dizaine d'années déjà. Depuis, nos troubadours ont malheureusement brillé par leur discrétion, n'ayant réussi à accoucher jusqu'à présent que d'un seul album, "Echoes Of The Wolf", en 2012.

Rotting Christ | The Heretics (2019)



















Après plus de trente ans de bons et loyaux services à la cause du metal extrême sous toutes ses formes, Rotting Christ pourrait aspirer à une retraite bien méritée. Pourtant, les deux frangins Sakis et Themis Tolis continuent de mener leur trière avec une régularité métronomique, au rythme d'une nouvelle offrande tous les trois ans environ.

Windswept | The Onlooker (2019)



















Après vingt-cinq ans d'activisme (on date en 1995 les premières traces de Hate Forest), Roman Saenko demeure toujours aussi fertile. Trop sans doute. Entre ses différents groupes, présents ou passés, l'homme s'éparpille, se répète parfois.

Esben And The Witch | Nowhere (2018)



















Lorsque le doom atmosphérique se conjugue au féminin, cela aboutit à une musique parmi les plus belles qui soient, que l'on songe aux premières explorations de The 3rd And The Mortal ou du méconnu Skumring, par exemple. Esben And The Witch creuse ce sillon à la fois granitique et fantomatique.

KröniK | Erdve - Vaitojimas (2018)


Nouvelle signature des têtes chercheuses de Season Of Mist, Erdve crache avec "Vaitojimas" son premier rot. Ce qui ne s'entend absolument pas tant ses qualités semblent être le résultat d'une longue expérience, preuve en est encore une fois du haut niveau que les jeunes pousses étalent désormais effrontément, loin des balbutiements et maladresses de jadis. Cependant, il ne faut pas confondre habileté et inspiration, ce qui n'est pas la même chose. Ainsi nombre d'albums aujourd'hui sont certes très bien faits mais témoignent pourtant d'une imagination en jachère, souffrant d'une fâcheuse carence en idées et en originalité. Or tel n'est pas le cas de ces Lituaniens qui dressent avec une dureté épaisse les couleurs d'une créativité volcanique.



Tout cela est bel et bien mais ne répond pas à une question : c'est quoi Erdve ? A première vue, "Vaitojimas" macère dans le jus du hardcore dont il épouse les caractéristiques rageuses. Biberonné au Destop, le chant déverse un torrent de fiel, les guitares sont corrosives et le tout, robuste et énervé, palpite d'une force intense quasi sismique. Rien de neuf à l'horizon, direz-vous. Oui. Mais c'est en injectant une dose sévère de noirceur charbonneuse ou au contraire en égrenant des instants squelettiques ('Pilnatve'), que Erdve s'élève dans toute son implacable démesure à laquelle procède une architecture meurtrie et tentaculaire, austère et abrasive. De fait, chacune de ces six pulsations, tendue comme le foc d'un navire, serpente à travers une géographie aussi abrupte que sinueuse, creusée par les rouleaux telluriques d'une batterie qui phagocyte l'espace ('Atraja'). Plainte instrumentale aux allures de  respiration (faussement) paisible, 'Apverktis' illustre parfaitement la façon dont le groupe exprime une violence mortifère teintée d'amertume, ouvrant brutalement, après une première partie osseuse et répétitive, les vannes d'une fureur granitique en une fulgurante coulée de lave. Par la puissance sourde qui le secoue, Erdve délivre un matériau à la fois épileptique et abyssal que l'appellation "blackened hardcore" résumerait assez justement cependant que des racines sludge et post metal ('Isnara') entraînent dans les replis ferrugineux d'une inexorabilité morbide. Une espèce de beauté tortueuse suinte de ce bloc d'une incandescence noire, en une semence visqueuse. Charriant un désespoir poisseux, ces riffs massifs nous engloutissent sous une chape maladive. Ils agissent comme un burin taillant la sculpture d'un monde à l'agonie ('Priervarta'). Selon la formule consacrée, Erdve s'impose d'emblée comme un groupe à suivre de près tant on devine, crépitant dans les profondeurs de son âtre, un nihilisme prometteur. (18/02/2018)


KröniK | Hooded Menace - Ossuarium Silhouettes Unhallowed (2018)


Au départ, modeste projet d'un obscur musicien, Lasse Pyykkö, lui-même issu d'un groupe de death metal sans saveur (Phlegethon), il n'a pourtant fallu à Hooded Menace qu'un seul album, l'inaugural "Fulfill The Curse", il y a dix ans, pour jouir très vite d'une aura culte, faisant de lui une sorte de messie d'outre-tombe. Son succès est alors fulgurant, grâce auquel il quitte les petits labels marécageux (Razorback, Doomantia Records) pour rejoindre de puissantes écuries, Relapse tout d'abord, Season Of Mist aujourd'hui.  Surestimé peut-être, Hooded Menace a au moins le mérite d'avoir réveillé des armées de zombies et redonner des couleurs (rouges) à tout un pan du metal de la mort à la finlandaise, grumeleux et morbide, qui puise son origine dans le matriciel "Children Of The Scorn" de Funebre.

Entre deux splits au tirage rapidement épuisé, partagé successivement avec Anima Morte, Coffins ou Asphyx (entre autres), ses galettes longue durée sont à chaque fois attendues comme des Graal croûteux. Néanmoins, Hooded Menace a changé au fil du temps et au gré d'incessants mouvements de personnel, passant du trio au tandem pour se présenter désormais sous la forme d'un quintet. Le détail pourrait être anodin mais le fait qu'il ait vu ses rangs grossir n'est pas étranger au polissage discret mais bien réel de son art. Quoique toujours aussi grumeleux, son death doom a perdu cette saleté croûteuse qui était la sienne à ses débuts, évolution perceptible dès "Never Cross The Dead" et que "Ossuarium Silhouettes Unhallowed" rend plus nette encore en chassant sur les terres du UK doom à la Paradise Lost ('Charnel Reflections'). Reste que si cette sève underground les a désertés, les Finlandais demeurent les maîtres incontestés du riff cendreux, de la rythmique baveuse, des secousses tuberculeuses qui arrachent le papier-peint des murs, fissurés par les coups de boutoir de ces goules vigoureuses. Ce qu'ils ont perdu en feeling cradingue, ils le compensent par une habileté renforcée, à l'image des parties de batterie de Pekka Kostelo, telluriques et mangeuses d'espace ('Cascade Of Ashes'). Il est d'ailleurs évident que cet apport de sang neuf a été bénéfique à la musique du groupe, qui trouve dans le chant abyssal de Harri Kuokkanen (Horse Latitudes) la foreuse idoine pour creuser la croûte terrestre jusqu'à l'os. Son vît glaireux nous attire dans les profondeurs nauséeuses d'une fosse commune, participant de cette proximité avec la bande de Nick Holmes avec lequel il partage cette noirceur vocale spéléologique. Ce dont témoignent les grandioses cénotaphes que sont 'Sempiternal Grotesqueries' et 'Cathedral Of Labyrinthine Darkness', deux remparts massifs qui justifient à eux seuls l'écoute de "Ossuarium Silhouettes Unhallowed" dont ils résument parfaitement à la fois la sinistre et pesante érection et les atours presque mélodiques. En définitive, les Finlandais accouchent avec ce cinquième opus d'une perle de death doom qui ne nous enlèvera pourtant pas de la tête l'impression que Hooded Menace, c'était quand même mieux avant car plus visqueux et underground ! (09/02/2018)


KröniK | Sinistro - Sangue Cássia (2018)


Certains se souviennent peut-être de Mourning Lenore, formation qui n'aura enfanté qu'un seul album en 2010, "Loosely Bounded Infinities", petit bijou de doom death granitique et solaire. En sommeil depuis six ans, on retrouve son dernier bassiste, Fernando Matias dans les rangs de Sinistro. Celui qui en assure également les claviers n'est pourtant pas la clé de voûte de cet édifice sorti de la sombre terre lusitanienne en 2012, ce rôle étant dévolu à la belle Patrícia Andrade. Le fait que ce soit une chanteuse qui déclame ces psaumes pétrifiés nous évoque un autre de ses compatriotes, lui aussi disparu, Ava Inferi avec lequel il partage plus que cette féminité ténébreuse mais surtout cette manière de marier les couleurs, terreuses et limpides, au sein d'une palette crépusculaire.
En signant chez Season Of Mist, les Lisbonnais ont clairement franchi un cap avec "Semente", deuxième offrande à laquelle succède en ce début d'année 2018, le très attendu "Sangue Cássia". Envoûté par les mélopées fantomatiques de sa figure de proue, le pèlerin ne peut qu'à nouveau être sous le charme, entraîné le long d'un chemin caillouteux s'enfonçant dans la nuit. Deux massives sentinelles bordent cette immersion dans un univers chargé d'atmosphères mais néanmoins engourdi, prisonnier d'une geôle de tristesse. Du haut de ses onze minutes au garrot, 'Cosmos Controle' se dresse, porte d'entrée monumentale où l'inexorabilité la plus écrasante se conjugue à une beauté évanescente. Léthargique, le tempo est englué dans la terre que viennent caresser ces lignes vocales spectrales inspirées du Fado, tandis que les claviers étendent un tapis d'une funèbre luxuriance. A l'autre bout lui répond 'Cravo Carne', épilogue assommé par une chape de plomb où les guitares libèrent des ondes sismiques. Mais il y a toujours la présence fragile et poétique de Patrícia, pâle vigie qui perce le brouillard et brise le monolithisme aussi absolu qu'admirable de cette partition qui s'abîme peu à peu dans les profondeurs telluriques. Entre ces deux blocs s'enchaînent des pièces (un peu) plus ramassées qui illustrent tout autant cette noirceur pointilliste faite de petites touches tantôt osseuses tantôt granitiques. Par exemple, miné par une douleur prégnante, 'Lotus' est éclairé par la voix déchirante de cette sirène qui, loin d'en altérer la puissance abyssale, ne fait que la souligner plus encore. Qu'il se montre aérien ('Vento Sul'), intimiste ('Petalas'), hypnotique parfois ('Nuvem'), quoique toujours pesant ('Gardenia', 'Abismo'), "Sangue Cássia" baigne tout du long dans un clair-obscur qui l'attire dans les méandres épaisses d'un doom atmosphérique aux confins du post metal. Sa langueur pourra laisser sur faim mais sa charge émotionnelle est telle que l'on ne peut résister à son sinistre pouvoir de fascination, qui résonne comme un funéraire appel des limbes... (13/01/2018)






KröniK | Shining - X - Varg Utan Flock (2018)


La relation que nous entretenons avec Shining est compliquée, viscéralement liée à la personnalité de Niklas Kvarforth avec lequel le groupe se confond. D'un côté, il y a l'auteur de trois albums, les premiers, qui suintaient un mal-être corrosif comme nous n'en avions alors jamais entendu. Mais il y a aussi à l'autre bout cette figure narcissique, colosse échappé d'une fête foraine, qui aimait se scarifier et mettre en scène sa propre mort. Ces dernières années, les méfaits se sont enchaînés sans qu'on en retienne grand-chose. Non pas que l'inspiration des Suédois soit en berne, mais leur black metal a finalement perdu en cours de route ce qui faisait son sel, obscur et maladif.
Pourtant, on peut reprocher beaucoup de choses au gaillard, mais ni son inoxydable talent de compositeur et encore moins le fait d'avoir réussi à esquisser puis imposer au fil du temps une identité unique, à la fois malsaine et sophistiquée, crapoteuse et mélodique. Qu'attendre cependant de ce dixième effort, sans compter toutes les miettes habituelles, splits et EP divers ? Précédé d'une mise en bouche ("Fiend"), "Varg Utan Flock" vient justement nous surprendre très agréablement. C'est un Shining en grande forme qui se déplie, appuyant là où ça fait mal et trouvant le juste milieu entre noirceur nocive et accroche évolutive. Si le patron est toujours le même, basé sur six titres dont le format oscille entre six et neuf minutes, exception faite d'une courte pause instrumentale, l'opus s'aventure sur un terrain mouvant, sinon expérimental, où les silences que tricotent des percussions quasi jazzy cohabitent avec des décharges de haine pure. Certes, tout n'est pas abouti dans ce menu qui s'enlise en fin de parcours, entre ce 'Tolvtusenfyrtioett' égrené par un piano dont on se demande ce qu'il vient faire là et l'interminable et progressif 'Mot Aokigahara' qui joue avec nos nerfs pendant de longues minutes avant d'exploser brutalement puis de laisser Peter Huss se fendre d'un solo lumineux en guise de conclusion. Ces deux pistes, au demeurant très belles, tranchent un peu par rapport au reste bien plus agressif, même si le guitariste ne perd jamais une occasion de faire jaillir de son manche des éclairs mélodiques, prouvant que, biberonné au grand hard rock, il est bien l’un des artisans de ce glissement vers une musique de plus en plus raffinée, entamé dès "V - Halmstad".Ainsi, placé en ouverture, le ravageur 'Svart Ostoppbar Eld' paraît tout d'abord vouloir renouer avec le stupre rouillé et suicidaire des débuts, grâce au chant heurté et rongé par la folie de Kvarforth et ces riffs pollués. Mais très vite, le pouls ralentit, accompagné par des accords osseux et cette éruption guitaristique qui en éclabousse les parois. Tortueux, le morceau suit un tracé labyrinthique qui n'est presque pas sans évoquer, certes d'une manière lointaine, le Opeth période "Deliverance". Tout en clair-obscur, 'Gyllene Portarnas Bro' témoigne également de ce goût pour les structures meurtries, faites de respirations squelettiques et de furieux geysers de rage. Plus schizophrénique que jamais, Shining atteint là des sommets en matière d'ambivalence glauque, prêtant la lenteur de tempos engourdis au service d'une angoisse sourde et vicieuse. Plus brutal, 'Jag Ar Din Fiende' se voit lui aussi perforé par des breaks lancinants dont la teneur atmosphérique ne les exonère pas d'une décrépitude sournoise. Bref, les Suédois n'ont rien perdu de leur négativité déglinguée qu'ils prodiguent avec largesse en crachant leur semence corrompue, témoin ce 'Han Som Lurar Inom' torrentueux. "Varg Utan Flock" est une manière d'aboutissement pour les Suédois qui hybrident la force noire du black metal le plus malsain avec une écriture de plus en plus recherchée. 4/5 (30/12/2017)






Soon | Craft - White Noise And Black Metal


"White Noise And Black Metal", le nouveau méfait de Craft (Black Metal), verra la nuit le 22 juin 2018 chez Season Of Mist.





Soon | Thy Catafalque - Geometria


"Geometria", le nouvel opus de Thy Catafalque (Avant-Garde Metal), verra la nuit le 4 mai 2018 chez Season Of Mist.