AU PIF

Affichage des articles dont le libellé est 1939. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est 1939. Afficher tous les articles

Michael Curtiz | Les anges aux figures sales (1939)
























Danseur de formation, James Cagney est pourtant entré dans le panthéon hollywoodien en enfilant des habits de gangsters, rôles qui ont jalonné sa carrière de L'ennemi public (William Wellman) qui, en 1931, le révéla, jusqu'à L'enfer est à lui (Raoul Walsh) et Le fauve en liberté (Gordon Douglas), sortis respectivement en 1949 et 1950.

Alfred Hitchcock | L'auberge de la Jamaïque (1939)
























Clôturant sa période anglaise (il ne retournera sur sa terre natale qu'en 1972 à l'occasion de Frenzy), L'auberge de la Jamaïque est dans la carrière d'Alfred Hitchcock, un de ses films les plus curieux, un de ceux en tout cas où il semble s'être le moins investi.

Jacques Tourneur | They All Come Out (1939)


Modeste série B de 70 minutes à peine, They All Come Out n'en demeure pas moins intéressant en cela qu'il témoigne de la capacité de Jacques Tourneur dont il s'agit d'un des premiers films, de tirer le meilleur d'un sujet imposé. Au départ, il s'agit d'un moyen métrage commandé par le Ministère de la Justice, justifiant la précision documentaire dans sa peinture sans fard du système carcéral américain dont il vante la réussite dans la réhabilitation des prisonniers. Mais l'objet se double également d'un honnête film noir qu'animent des personnages bien écrits et campés par des comédiens peu connus (hormis Tom Neal, Charles Lane et George Tobias) mais impeccables. Il nous fait même regretter que Rita Johnson n'ait pas eu une carrière plus étoffée. Loin bien entendu des grandes réussites à venir (La féline, Vaudou etc...), They All Come Out démontre que cette partie obscure de la filmographie de Tourneur mérite qu'on l'a (re)découvre.  (vu le 28/11/2018)







Edward Ludwig | Garde-côtes (1939)


Coast-Guard est réalisé en 1939.  Toujours à l'aise avec l'aventure - personne n'a oublié son Réveil de la sorcière rouge (1948) - comme l'illustre la séquence de sauvetage maritime en ouverture, Edward Ludwig se montre en revanche moins convaincant lorsqu'il s'agit de filmer un triangle amoureux lequel, il est vrai, n'évite pas les clichés. Le coeur de Frances Dee (madame Joel McCrea à la ville) balance ainsi entre Randolph Scott et Ralph Bellamy, l'éternel ami auquel les femmes préfèrent le héros plus viril. Dans la peau de celui-ci, son partenaire est encore loin du personnage vengeur et fermé qu'il construira au gré d'admirables westerns des années 50. Curieusement, lors des scènes finales en arctique, c'est presque un second film que l'on découvre, polaire et haletant et qui sauve de justesse cette série B de la banalité. (vu le 05/11/2018)







Gregory La Cava | La fille de la cinquième avenue (1939)


Gregory La Cava est un metteur en scène totalement oublié aujourd'hui, sauf de quelques cinéphiles qui se souviennent de ses comédies (noires parfois) de fin de carrière où sa fibre sociale s'exprime avec férocité. On pense à Gabriel Over The White House, parabole politique qui peut évoquer Capra, Primrose Path ou Mon homme Godfrey. Proche de celui-ci, La fille de la cinquième avenue lui permet de retrouver Ginger Rogers après Pension d'artistes. Abandonnant la comédie musicale, la comédienne peaufine alors un personnage de femme indépendante un peu gouailleuse. Dans ce film, également connu sous le titre "Un ange en tournée", elle s'immisce dans la vie d'un vieux milliardaire délaissé par les siens. Sur le thème de l'argent ne fait pas le bonheur, il s'agit d'un divertissement qui épingle gentiment le capitalisme mais n'épargne aucune classe sociale. Il est néanmoins teinté d'amertume comme l'illustre la fin initialement tournée à laquelle une dernière scène sera finalement accolée pour terminer sur un happy-end auquel on ne croit pourtant guère... (vu le 02/11/2018)









Allan Dwan | L'aigle des frontières (1939)


L'aigle des frontières raconte l'histoire fameuse de Wyatt Earp et de Doc Holliday, deux personnages qui ont façonné la mythologie de l'Ouest et qui seront maintes fois évoqués au cinéma. De fait, ce western souffre de la comparaison avec La poursuite infernale de John Ford (1946) et Règlements de compte à OK Corral de John Sturges (1957), ne partageant ni le lyrisme du premier ni la force du second. Si Randolph Scott campe un Wyatt Earp convaincant, Cesar Romero fait pale figure à côté de Kirk Douglas et même de Victor Mature dont les interprétations seront bien plus tourmentées. Mais en artisan chevronné, Allan Dwan connaît son métier, signant un film truculent, avalé par la marée d'obscurité qu'étale un noir et blanc profond.
Nous avons aussi le plaisir de retrouver dans de petits rôles les indispensables John Carradine et Ward Bond. Ce n'est donc la pas meilleure adaptation de cet affrontement légendaire mais reste largement supérieure aux plus récents et lourdingues Wyatt Earp de Lawrence Kasdan et Tombstone de George P. Cosmatos, grâce notamment à son économie de moyens et le charme du cinéma des années 30. | IMDb








Frank Capra | Monsieur Smith au sénat (1939)


En quelques mots : Quelqu'un qui le découvrirait aujourd'hui jugera sans doute Monsieur Smith au sénat naïf sinon démodé. C'est pourtant oublier que le film de Capra se veut beaucoup politiquement incorrect qu'il n'en a l'air, déclenchant alors la foudre de nombreux sénateurs et interdit dans plusieurs pays, dont l'Allemagne nazie et l'Italie fasciste. Il est un véritable cri d'amour pour la démocratie et les Etas-Unis, qu'incarne idéalement un James Stewart que cet immense succès populaire fera une star. Si son playdoyer final est un grand moment de cinema, la scène où ses mains tripote un chapeau qu'elles ne cessent de faire tomber, témoigne peut-être plus encore de son talent. Le tandem qu'il forme avec la pétillante Jean Arthur, est vrai couple de cinéma et tous les acteurs sont dignes d'éloge, notamment Claude Rains et le vétéran Harry Carey qui compose un malicieux président du sénat. Enfin, il est un documentaire passionnant et instuctif sur le fonctionnement des institutations politiques américaines. Un classique indémodable.