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Dino Tavella | Le monstre de venise (1965)


Bien qu'il ait été tourné en plein âge du cinéma de genre italien et qu'il soit également connu sous le titre prometteur de "Novices libertines", Le monstre de Venise est une production très mineure qui louche maladroitement sur le giallo gothique alors à la mode, les thrillers anglo-saxons et le krimi pour son tueur vêtu d'une tenue de plongée. Les premières images qu'habille un noir et blanc morbide laissaient pourtant espérer une sympathique pellicule pour bisseux (ce qu'elle est toutefois mais seulement par moment). Las, les comédiens jouent avec les pieds et Dino Tavella, dont c'est une des rares expériences cinématographiques, tentent de meubler son récit entre deux meurtres, en multipliant notamment les fausses pistes.
Seules les séquences dans le repaire crapoteux de l'assassin et lorsque ce dernier passe à l'acte parviennent extraire le spectateur de la torpeur qui l'envahit à la vision de ce film qui malgré tout utilise non sans une modeste réussite un décor vénitien trouble et inquiétant, dont Dick Maas s'est peut-être souvenu en réalisant son Amsterdamned... (Vu le 19/08/2018)










Gianfranco Baldanello | 30 fusils pour un tueur (1965)


S'il témoigne que Gianfranco Baldanello est plus à l'aise dans le western que dans la sexy comédie (Aïe ! Toubib ne coupez pas), 30 fusils pour un tueur demeure assez quelconque, un de ses rejetons bâtards du western spaghetti dont il essaye d'appliquer les codes en respectant un récit très américain. L'image est laide et il manque les trognes habituelles. C'est un spectacle peuplé de comédiens de troisième zone. Seules les belles -mais peu expressives - Alessandra Panaro (la blonde) et Mila Stanic (la brune épicée) retiennent l'attention dans un film qui se laisse malgré tout regarder sans déplaisir, emballé avec énergie par le réalisateur. Très belle, la fin n'est pas sans évoquer, de part son caractère tragique, le Duel au soleil de King Vidor, la flamboyance en moins cependant. | IMDb










Enrico Bomba | Agent secret 777, opération mystère (1965)


Abonné aux westerns (Un train pour Durango), Mark Damon enfile le costume de l'agent 777 dans ce Opération mystère, chouette eurospy, plein d'action et de jolies filles, assaisonné d'une pointe de SF. Plus proche des Coplan que des James Bond, le film possède ce côté BD inspiré des fumetti qui lui donne, comme souvent avec ces pellicules italiennes, ce cachet très particulier, à la fois coloré et délicieusement désuet. Une seconde aventure sera mise en scène par Enrico Bomba, planqué sous le pseudo de Henry Bay (?), Invito Ad Uccidere en 1966 IMDb | Chez Les inédits du cinéma bis











Robert Enrico | Les grandes gueules (1965)


Les grandes gueules, c'est déjà de vraies gueules de cinéma, celles, bien entendu, de Bourvil et de Lino Ventura mais aussi celles de tous ces seconds couteaux qu'on aime tant, de Michel Constantin à Paul Crauchet, de Jesse Hahn à Marcel Pérès. Il en résulte un film d'hommes qui s'affrontent dans une géographie rude où les femmes ne trouvent pas leur place, que ce soit Marie Dubois ou Hénia Suchar. Sorte de western vosgien en cela qu'il épouse tous les codes du genre (on pense même au Sept mercenaires), cette production franco-italienne porte l'incontestable griffe du tandem Robert Enrico / José Giovanni dont on retrouve le goût pour les histoires d'amitié virile (cf. Les aventuriers, La scoumoune...).
Rencontre de deux géants du cinéma français dans un cadre empreint d'une poésie froide et forestière, Les grandes gueules reste une oeuvre unique, rythmée par la musique de l'incontournable François de Roubaix.
















Robert Day | La déesse de feu (1965)


Le 17 mars 2017 décédait dans une indifférence générale Robert Day, à l'âge vénérable de 94 ans, il est vrai. S'il a beaucoup oeuvré pour la télé, l'Anglais a quand même signé pour le grand écran quelques pellicules notables, quelques Tarzan et surtout Corridors Of Blood ainsi que cette Déesse de feu. Adapté de H. Ridder Haggard, cette production reste célèbre pour Ursula Andress, au sommet de sa beauté, accompagnée de l'indéboulonnable duo Peter Cushing / Christopher Lee.
Mais, beau livre d'images, reconnaissons que She n'est pas ce que la Hammer a produit de mieux, plus à l'aise avec l'horreur gothique qu'avec l'aventure archéologique. Son rythme languissant et sa réalisation mollassonne, ce qui va de paire, l'empêchent d'être tout à fait à la hauteur de sa vitrine prometteuse. 

Chez l'UFSF



Alberto De Martino | 100 000 dollars pour Ringo (1965)


Pourquoi regarder "100 000 dollars pour Ringo" ?

Parce que Alberto De Martino le réalise, artisan qui a touché à tous les genres, du péplum (Persée l'invincible) au western bien entendu, de l'épouvante gothique (Le manoir de la terreur) au polar (Rome comme Chicago), suivant les modes avec un savoir-faire certain, ce qui lui permet au cas particulier de livrer une pellicule très intéressante aux cadrages astucieux et au rythme haletant.
Parce que le film ne manque pas d'action, sans pour autant sacrifier la psychologie de ses personnages, grâce un scénario habile.
Parce que les décors (ville, désert, rivière...) sont plus recherchés qu'à l'accoutumée.
Parce que Richard Harisson fait montre d'une aisance réelle et d'un charisme qui l'est tout autant, sans chercher  à copier Eastwood ou Franco Nero.
Parce que Fernand Sancho y est - étonnamment - sympathique.
Parce que Bruno Nicolai prouve qu'il mérite mieux que son statut de sous Morricone dont il fut le collaborateur.
Parce qu'il est meilleur que Django tire le premier, presque tourné dans la foulée ! 
Parce qu'un film qui commence par la mort d'une femme, maman d'un bébé de surcroît, tuée par celui dont on croit qu'il l'a sauvée, ne peut être mauvais, façon de détourner en une scène, les codes du western américain...

IMDB
Chez Rarelust