Son ton crépusculaire a pu laisser croire que La mule incarnerait le testament de Clint Eastwood. C'est mal connaître le vieux maître que seule la mort arrachera à son métier de cinéaste.
AU PIF
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Clint Eastwood | La mule (2018)
Sans être le naufrage que certains - les plus nombreux - prétendent, force est pourtant de reconnaître que Le 15h17 pour Paris restera sans doute le film de Clint Eastwood le plus faiblard, celui qu'on n'a le moins envie de revoir au sein d'une filmographie pléthorique.
Clint Eastwood | Le 15h17 pour Paris (2018)
Alors, le voilà ce 15h17 pour Paris par qui le ratage est - soit-disant - arrivé. Ce fut la curée au sein des médias qui ont semblé s'être donnés le mot : Clint Eastwood déraille, reste à quai, manque le train etc... C'est à croire qu'ils l'attendaient ce faux-pas, le guettaient tous ces (pseudos) critiques qui n'ont pardonné au réalisateur ni son supposé virage patriotique que American Sniper aurait entamé (et Firefox ? Et Le maître de guerre ?) et encore moins son insupportable soutien au parti Républicain (et donc à Donald Trump), ce qui n'est pas nouveau non plus. Démoli par une critique (de gauche) aveuglée par sa mauvaise foi, le film a néanmoins reçu de rares avis positifs du côté des médias de droite. Rarement la fracture politique n'a paru aussi tranchée au sujet d'un objet cinématographique.
En réalité et sans être, reconnaissons-le, un grand cru, Le 15h17 pour Paris n'en demeure pas moins intéressant. Et très curieux. Comme souvent, Eastwood n'emprunte pas la direction annoncée et son film est moins le récit de l'attaque du Thalys, qui ne remplit que quelques minutes de pellicule que le parcours de trois amis militaires destinés à accomplir un acte héroïque. En faisant le procès du réalisateur et non pas du scénario, les critiques se trompent de cible. Nombreux sont ceux à lui avoir ainsi reproché son patriotisme nourri à la Bible et au culte des armes à feu et son Europe de carte postale. Portraitiste de l'Amérique, Clint brosse au contraire un monde où la famille est éclatée, voyant ses membres se tourner vers l'Eglise ou l'Armée pour (re)trouver un cadre, des repères. La vision de l'Europe "selfie", bourrée de clichés, façon Herasmus, n'est que celle de Californiens terriblement banals. C'est à travers leurs yeux et non pas ceux du metteur en scène que l'Italie se résume à quelques lieux touristiques par exemple. Héros d'un jour, ces hommes n'en sont pas moins atrocement ordinaires, presque médiocres. De fait, ceux qui réduisent Le 15h17 pour Paris à une oeuvre cocardière et virile ont dû se tromper de film ! Ce qui a tout d'abord intrigué à son sujet tient dans le fait que ce sont les véritables Spencer Stone, Anthony Sadler et Alex Skarlatos qui jouent leurs propres rôles. Si le procédé n'est pas neuf (Clint s'est peut-être souvenu que L'enfer des hommes relatait la vie d'Audie Murphy interprété par Audie Murphy lui-même), il n'est pas sans poser un problème car le long-métrage n'est pas un documentaire mais bel et bien une oeuvre de fiction quand bien même celui-ci a cherché à se montrer le plus possible fidèle à la réalité. Mais la distance et le recul nécessaires à ce type d'entreprise en sont du coup absents. Nos trois héros ne déméritent pas en tout cas, notamment Spencer Stone dont on devine que c'est sa personnalité qui a le plus intéressé Eastwood. Il est le véritable "héros" du film. Enfin, d'aucuns ont cru voir en lui, après American Sniper et Sully, le dernier volet d'une trilogie consacrée à l'héroïsme. C'est bien mal connaître Clint que d'affirmer que ces trois films s'inscrivent dans un corpus programmé, lui qui ne fonctionne qu'à instinct. Un mot pour terminer sur l'attaque terroriste déjouée qui est emballée de main de maître avec sécheresse et intensité. En définitive, Le 15h17 pour Paris n'est pas l'infâme bouse décrite mais un film curieux, tourné trop vite peut-être, mineur sans aucun doute mais néanmoins attachant. (Vu le 06/05/2018)
En réalité et sans être, reconnaissons-le, un grand cru, Le 15h17 pour Paris n'en demeure pas moins intéressant. Et très curieux. Comme souvent, Eastwood n'emprunte pas la direction annoncée et son film est moins le récit de l'attaque du Thalys, qui ne remplit que quelques minutes de pellicule que le parcours de trois amis militaires destinés à accomplir un acte héroïque. En faisant le procès du réalisateur et non pas du scénario, les critiques se trompent de cible. Nombreux sont ceux à lui avoir ainsi reproché son patriotisme nourri à la Bible et au culte des armes à feu et son Europe de carte postale. Portraitiste de l'Amérique, Clint brosse au contraire un monde où la famille est éclatée, voyant ses membres se tourner vers l'Eglise ou l'Armée pour (re)trouver un cadre, des repères. La vision de l'Europe "selfie", bourrée de clichés, façon Herasmus, n'est que celle de Californiens terriblement banals. C'est à travers leurs yeux et non pas ceux du metteur en scène que l'Italie se résume à quelques lieux touristiques par exemple. Héros d'un jour, ces hommes n'en sont pas moins atrocement ordinaires, presque médiocres. De fait, ceux qui réduisent Le 15h17 pour Paris à une oeuvre cocardière et virile ont dû se tromper de film ! Ce qui a tout d'abord intrigué à son sujet tient dans le fait que ce sont les véritables Spencer Stone, Anthony Sadler et Alex Skarlatos qui jouent leurs propres rôles. Si le procédé n'est pas neuf (Clint s'est peut-être souvenu que L'enfer des hommes relatait la vie d'Audie Murphy interprété par Audie Murphy lui-même), il n'est pas sans poser un problème car le long-métrage n'est pas un documentaire mais bel et bien une oeuvre de fiction quand bien même celui-ci a cherché à se montrer le plus possible fidèle à la réalité. Mais la distance et le recul nécessaires à ce type d'entreprise en sont du coup absents. Nos trois héros ne déméritent pas en tout cas, notamment Spencer Stone dont on devine que c'est sa personnalité qui a le plus intéressé Eastwood. Il est le véritable "héros" du film. Enfin, d'aucuns ont cru voir en lui, après American Sniper et Sully, le dernier volet d'une trilogie consacrée à l'héroïsme. C'est bien mal connaître Clint que d'affirmer que ces trois films s'inscrivent dans un corpus programmé, lui qui ne fonctionne qu'à instinct. Un mot pour terminer sur l'attaque terroriste déjouée qui est emballée de main de maître avec sécheresse et intensité. En définitive, Le 15h17 pour Paris n'est pas l'infâme bouse décrite mais un film curieux, tourné trop vite peut-être, mineur sans aucun doute mais néanmoins attachant. (Vu le 06/05/2018)
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William Wellman | Escadrille Lafayette (1958)
Bien qu'en partie autobiographique, cet hommage à l'escadrille Lafayette inspire à William Wellman un film très décevant dont l'échec précipitera la fin de sa carrière. Si selon ses habitudes, le vétéran s'attarde moins sur l'héroïsme que sur les doutes et les tourments de ses personnages, ici l'histoire d'amour terne et convenue, ralentit fâcheusement un récit déjà paralysé par un Tab Hunter transparent. Enfin, le film ferme la première partie de carrière de Clint Eastwood qui, malgré de rares apparitions, impose une présence mutique, nous faisant regretter qu'il n'ait pu obtenir un rôle plus important comme Wellman l'aurait souhaité... | IMDb
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Jodie Copelan | Ambush At Cimarron Pass (1958)
Clint Eastwood, dont c'est l'une des dernières apparitions sur grand écran avec Escadrille Lafayette de William Wellman, avant qu'il n'entame une carrière télévisée à succès avec Rawhide dès l'année suivante, n'a jamais caché qu'il considérait Ambush At Cimarron Pass comme le plus mauvais western de l'histoire du cinéma. C'est pourtant un jugement sévère car le film, en dépit d'un budget anémique, est bien mené et bien campé par de solides acteurs tels que Scott Brady. Surtout, Eastwood y trouve alors enfin un rôle important, qui plus est moins propret et plus rude que d'ordinaire. Il semble du coup plus à l'aise et s'il serait exagéré d'affirmer que son interprétation annonce les rôles à venir chez Leone, on sent que son jeu a mûri et s'est incontestablement étoffé. | IMDB / You Tube
Joseph Pevney | Brisants humains (1956)
Malgré toute la sympathie qu'on peut avoir pour Joseph Pevney dont on garde de bons souvenirs de La légion du Shara (1953), La maison sur la plage (1955), Intrigue au Congo (1955) ou L'homme aux milles visages (1960), force est de reconnaître que Brisants humains fait partie de ces drames guerriers qu'on n'aime pas trop regarder. En dépit de gros moyens, l'ensemble est ennuyeux et on se prend à rêver de ce que Raoul Walsh aurait fait de cette histoire. A aucun moment, on ne ressent une quelconque tension dans l'affrontement qui oppose Jeff Chandler et George Nader.
Pourtant, la Universal a enrôlé tous les acteurs de la maison, de Lex Barker à Jock Mahoney, en passant, outre les deux vedettes déjà citées, par Richard Boone et même Clint Eastwood dans un rôle encore une fois minuscule. Dommage d'ailleurs que Julie Adams et John McIntire soient si peu présents.
Pourtant, la Universal a enrôlé tous les acteurs de la maison, de Lex Barker à Jock Mahoney, en passant, outre les deux vedettes déjà citées, par Richard Boone et même Clint Eastwood dans un rôle encore une fois minuscule. Dommage d'ailleurs que Julie Adams et John McIntire soient si peu présents.
Arthur Lubin | La VRP de choc (1956)
Si Lee Marvin ou Lee Van Cleef ont très vite été les seconds couteaux de grands films, Clint Eastwood a dû se contenter de ternes apparitions dans des productions Universal mineures, à l'exception de Tarantula. Dans La VRP de choc, il est enfin crédité au générique et tient virtuellement le cinquième rôle mais il n'en sort pas grandi pour autant, mal à l'aise dans la peau d'un cavalier franchement niais.
L'abattage d'une Ginger Rogers en fin de carrière sauve à peine cette série B, (malheureusement) plus comédie que western, confirmant en cela que le genre convient mal à Arthur Lubin qui les a pourtant enchaînées entre les Francis et les Deux nigauds alors que Vendredi 13 avec Boris Karloff, Le fantôme de l'opéra avec Claude Rains, Impact avec Brian Donlevy et Des pas dans le brouillard avec Stewart Granger témoignaient d'une réelle conviction dans le polar ou dans le fantastique...
L'abattage d'une Ginger Rogers en fin de carrière sauve à peine cette série B, (malheureusement) plus comédie que western, confirmant en cela que le genre convient mal à Arthur Lubin qui les a pourtant enchaînées entre les Francis et les Deux nigauds alors que Vendredi 13 avec Boris Karloff, Le fantôme de l'opéra avec Claude Rains, Impact avec Brian Donlevy et Des pas dans le brouillard avec Stewart Granger témoignaient d'une réelle conviction dans le polar ou dans le fantastique...
Charles Haas | La corde est prête (1956)
Western "attentiste" comme Le train sifflera trois fois ou plus tard 3h10 pour Yuma, sans posséder la même force, La corde est prête a les qualités et le défauts des productions Universal des années 50. Les qualités ? Un scénario habile, une psychologie plus fouillée qu'à l'accoutumée, notamment trois personnages féminins antagonistes, une photographie profonde qui met en valeur de bons décors intérieurs. Les défauts ? Un budget maigrelet (ce n'est pas, grave) et un acteur principal inodore et incolore (John Agar), auxquels s'ajoutent une ritournelle aussi envahissante qu'agaçante, une mise en scène maladroite qui cherche pourtant à exister et une Mamie Van Doren certes mignonne mais rien d'autre.
Dommage pour Richard Boone qui sauve par sa seule présence ce western malgré tout de bonne facture où l'on repère un jeune Clint Eastwood dans un rôle (encore une fois) non crédité...
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