Après avoir offert à la France ses premières messes, Day Before Us livre aujourd'hui une nouvelle offrande qu'une seule année sépare de sa devancière, "Adorned Path Of Stillness", poursuivant ainsi avec une belle régularité, une oeuvre dont la force sensitive est inversement proportionnelle à une exposition malheureusement bien trop timide.
AU PIF
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Northward | S/T (2018)
En 2007, alors que After Forever entame un sommeil auquel il ne survivra finalement pas, Floor Jansen ressent l'envie de s'éloigner du metal symphonique qui l'a rendue célèbre afin de goûter à d'autres plaisirs sonores et de s'aventurer en dehors d'un giron orchestral dont elle pense avoir fait le tour.
Unhold | Here Is The Blood (2018)
Si les Suisses d’Unhold ne nous ont pas autant fait patienter cette fois-ci entre "Here Is The Blood" et "Towering" (2015), comme ils l'avaient fait entre celui-ci et "Gold Cut" que sept années séparaient quand même, le fait est qu'ils demeurent toujours ce collectif aussi rare que précieux dont chaque nouvelle hostie est attendue comme le Graal sévère et aérien d'un post-hardcore atmosphérique.
Vouna | S/T (2018)
Les one-woman bands sont suffisamment rares pour s'arrêter un instant quand l'un d'entre eux vient à nous.
Esben And The Witch | Nowhere (2018)
Lorsque le doom atmosphérique se conjugue au féminin, cela aboutit à une musique parmi les plus belles qui soient, que l'on songe aux premières explorations de The 3rd And The Mortal ou du méconnu Skumring, par exemple. Esben And The Witch creuse ce sillon à la fois granitique et fantomatique.
Nochnoy Dozor | S/T (2018)
Sorti de la terre hellénique en 2015, Nochnoy Dozor offre enfin son premier signe de vie avec cet EP éponyme.
Madder Mortem | Marrow (2018)
En dépit de la bonne vingtaine d'années qu'il affiche au compteur, Madder Mortem n'a jamais réellement croisé qu'un succès d'estime. Trop singulier, son art ne correspond à aucun canon.
Nashville Pussy | Pleased To Eat You (2018)
Si, vingt ans après avoir craché à la face du monde le définitif "Let Them Eat Pussy'" et sa délicieuse pochette où deux bitches se font bouffer le minou, Nasvhille Pussy s'est (un peu) assagi et choque moins les pudibonds (encore que le titre de sa nouvelle rondelle est des plus équivoques), son rock'n'roll des familles demeure quant à lui inchangé.
Diamante | Coming In Hot (2018)
"Coming In Hot", voilà un titre alléchant, promesse de coups de reins lascifs. C'est celui qu'a choisi Diamante pour son galop d'essai.
Venues | Aspire (2018)
Oubliez l'étiquette "post-hardcore" qui lui est maladroitement accolée sur la figure et qui doit bien faire marrer les (vrais) amateurs du genre, Venues chasse en réalité très loin de ces terres énervées.
Two Of A Kind | Rise (2018)
Auteur d’un premier effort séduisant, enfanté il y a déjà onze années, nous avions (presque) oublié l’existence de Two A Of Kind mais pas toutefois la beauté des lignes vocales de sa paire de chanteuses, Esther Brouns et Anita Craenmehr dont la complicité ensorcelante a rappelé avec bonheur aux amoureux d’un A.O.R. fardé de voix féminines les heures dorées du Heart des sœurs Wilson.
KröniK | Midnattsol - The Aftermath (2018)
Nous attendions beaucoup de "The Aftermath", quatrième offrande de Midnattsol, au talent inversement proportionnel à une renommée injustement modeste. Parce que ses prédécesseurs nous avaient enchantés, écrin d'un nordic sympho folk metal glacial et boisé. Parce que si les Norvégiens ont toujours aimé se faire désirer, ils ont cette fois-ci (vraiment) pris leur temps, puisqu'il leur a fallu sept ans pour enfanter le successeur de "The Metamorphosis Melody" ! Parce que cet opus scelle l'alliance avec une recrue de choix, Liv Kristine, laquelle, après s'être fait virée de Leaves' Eyes par son ex-mari, rejoint naturellement le groupe de sa frangine Carmen Elise Espenæs. Pour toutes ces raisons, nous étions impatients de découvrir ce nouvel album.
La déception n'en est donc que plus grande. Non pas que "The Aftermath" soit mauvais, il s'écoute même très agréablement, mais à aucun moment il ne parvient à se hisser au niveau de ses aînés. Son fuselage sonore, au mieux old school, au pire poussif, qui ne lui fait pas honneur, n'est sans doute pas pour rien dans l'impression mitigée qu'il laisse en bouche. Combien les Scandinaves auraient été inspirés de faire à nouveau appel à Markus Stock qui avait produit "Nordlys" et son successeur, qu'il avait enrobés d'un son puissant à la fois épais et cristallin qui fait défaut à cette cuvée 2018. Une autre absence se fait sentir, celle du guitariste Daniel Droste qui, à la suite de Christian Hector (en 2008), son partenaire au sein de la formation de nautic funeral doom Ahab, a fini lui aussi par quitter le navire. Le vide qu'il laisse explique peut-être la relative fadeur d'un menu qui par ailleurs n'évite pas les longueurs. Du haut de ses neuf minutes, 'Her Mannelig' justifie-t-il cette durée excessive ? Au demeurant non dénué de beauté, ce titre aurait gagné en force avec quelques coups de ciseaux. Ajoutons à cela des aplats mélodiques et lignes de guitare éprouvés ('Ikje Glem Meg') et on obtient au final un effort qui ne laissera pas de durables sédiments dans la mémoire. Heureusement, la magie qui enveloppait "Where Twilight Dwells" ourle une bonne partie du programme, à l'image des 'Syns Sang', 'The Purple Sky' et surtout l'instrumental tout en progression 'Evaluation Of Time' et ce, quand bien même ces derniers n'échappent pas à un air de déjà-entendu. Louons enfin la performance des deux sœurs Espenæs qui se répondent avec charme et délicatesse. Le chant en norvégien confère à l'ensemble une poésie hivernale et folklorique ('Vem Kan Segla'). Il va sans dire que "The Aftermath" leur doit (presque) tout. Sans elles, il ne serait qu'un disque parmi tant d'autres. Reste que nous espérions bien plus de lui que ce recueil de chansons agréables mais vierges de la profondeur de leurs devancières... (15.07.2019) ⍖⍖
La déception n'en est donc que plus grande. Non pas que "The Aftermath" soit mauvais, il s'écoute même très agréablement, mais à aucun moment il ne parvient à se hisser au niveau de ses aînés. Son fuselage sonore, au mieux old school, au pire poussif, qui ne lui fait pas honneur, n'est sans doute pas pour rien dans l'impression mitigée qu'il laisse en bouche. Combien les Scandinaves auraient été inspirés de faire à nouveau appel à Markus Stock qui avait produit "Nordlys" et son successeur, qu'il avait enrobés d'un son puissant à la fois épais et cristallin qui fait défaut à cette cuvée 2018. Une autre absence se fait sentir, celle du guitariste Daniel Droste qui, à la suite de Christian Hector (en 2008), son partenaire au sein de la formation de nautic funeral doom Ahab, a fini lui aussi par quitter le navire. Le vide qu'il laisse explique peut-être la relative fadeur d'un menu qui par ailleurs n'évite pas les longueurs. Du haut de ses neuf minutes, 'Her Mannelig' justifie-t-il cette durée excessive ? Au demeurant non dénué de beauté, ce titre aurait gagné en force avec quelques coups de ciseaux. Ajoutons à cela des aplats mélodiques et lignes de guitare éprouvés ('Ikje Glem Meg') et on obtient au final un effort qui ne laissera pas de durables sédiments dans la mémoire. Heureusement, la magie qui enveloppait "Where Twilight Dwells" ourle une bonne partie du programme, à l'image des 'Syns Sang', 'The Purple Sky' et surtout l'instrumental tout en progression 'Evaluation Of Time' et ce, quand bien même ces derniers n'échappent pas à un air de déjà-entendu. Louons enfin la performance des deux sœurs Espenæs qui se répondent avec charme et délicatesse. Le chant en norvégien confère à l'ensemble une poésie hivernale et folklorique ('Vem Kan Segla'). Il va sans dire que "The Aftermath" leur doit (presque) tout. Sans elles, il ne serait qu'un disque parmi tant d'autres. Reste que nous espérions bien plus de lui que ce recueil de chansons agréables mais vierges de la profondeur de leurs devancières... (15.07.2019) ⍖⍖
We expected a lot from "The Aftermath", Midnattsol's fourth offering, whose talent was inversely proportional to an unjustly modest reputation. Because its predecessors had enchanted us, the setting of a icy and wooded nordic sympho folk metal sympho. Because if the Norwegians have always liked to be desired, this time they (really) took their time, since it took them seven years to give birth to the successor of "The Metamorphosis Melody"! Because this opus seals the alliance with a first-rate recruit, Liv Kristine, who, after being kicked out of Leaves' Eyes by her ex-husband, naturally joins the group of her sister Carmen Elise Espenæs. For all these reasons, we were eager to discover this new album. The disappointment is therefore even greater. Not that "The Aftermath" is bad, he even listens to himself very pleasantly, but at no time does he manage to reach the level of his elders. Its sound fuselage, at best old school, at worst dusty, which does it no credit, is probably not for nothing in the mixed impression it leaves in the mouth. How inspired the Scandinavians would have been to call again on Markus Stock who had produced "Nordlys" and his successor, whom he had coated with a powerful sound that was both thick and crystalline, which is lacking in this 2018 vintage. Another absence is felt, that of guitarist Daniel Droste who, following Christian Hector (in 2008), his partner in the nautic funeral doom Ahab formation, also ended up leaving the ship. The emptiness it leaves may explain the relative dullness of a menu that does not avoid lengths. From the top of his nine minutes, does'Her Mannelig' justify this excessive duration? Incidentally not without beauty, this title would have gained in strength with a few scissors blows. Add to this the proven melodic flat tones and guitar lines ('Ikje Glem Meg') and you have an effort that will not leave any lasting sediments in your memory. Fortunately, the magic that wrapped "Where Twilight Dwells" heralds a good part of the program, like the "Syns Sang", "The Purple Sky" and especially the ever-growing instrumental "Evaluation Of Time", even if they don't escape an air of déjà vu. Finally, let us praise the performance of the two Espenæs sisters who respond with charm and delicacy. The singing in Norwegian gives the ensemble a winter and folk poetry ('Vem Kan Segla'). It goes without saying that "The Aftermath" owes them (almost) everything. Without them, it would only be one of many records. Nevertheless, we expected much more from him than this collection of pleasant but virgin songs from the depth of their predecessors... (15.07.2019)
A lire | Octopus - Supernatural Alliance (2018)
A défaut de briller par sa personnalité, cet opus séduit par son écriture aussi ciselée qu’efficace et par l’aura charnel que dégage sa vocaliste
Si l’époque où Rise Above affolait l’érectomètre en publiant les rondelles de Diagonal, Astra, Circulus, Uncle Acid And The Deadbeats et autre Blood Ceremony, paraît un peu révolue, on peut cependant toujours compter sur le label de Lee Dorian (With The Dead et ex Cathedral bien sûr) pour nous faire découvrir des groupes excitants. Tel est donc le cas de Octopus dont le potentiel orgasmique est inversement proportionnel à la banalité de son patronyme. Nouveau venu peut-être, le combo de Detroit a été formé en 2008 par un guitariste qui lui, ne l’est pas, puisqu’il s’agit l’ex Electric Six, J. Frezzato.
La belle Masha Marjieh est à ses côtés dès le début au sein d’un line-up peu à peu complété, par un claviériste (Adam Cox) tout d’abord, puis par la section rythmique Matt O’Brien (basse) et Todd Glass (batterie). Comme on pouvait s’y attendre, Octopus officie dans un style rétro biberonné aux années 70, muse fertile dont on ne compte plus les groupes qui la butine avec une jouissance gourmande en évitant, pour le moment encore, l’indigestion. Bref, rien de neuf à première vue, à l’horizon de ces Américains qui cochent ainsi toutes les cases du hard rock vintage avec des seins. Prêtresse sexy, orgue humide qui dégouline de partout et riffs tour à tour groovy ou épais comme une marée noire alimentent ce « Supernatural Alliance » aussi sensuel que survitaminé. Mais ce galop d’essai a pour lui, outre son énergie contaminatrice, un sens imparable de l’écriture qui fait mouche, recueil de pépites qui toutes laissent d’immédiats stigmates dans la mémoire. A leur écoute, on devine qu’elles sont le fruit d’une longue macération, parfaitement rodées pour exploser les cages à miel. Leur potentiel scénique est évident comme si elles avaient été conçues pour mettre le feu à des amplis Orange dressés comme des totems enrobés de fumigènes. Si chacun de ces titres mériterait droit de cité, il convient de souligner plus particulièrement la puissance de séduction du reptilien ‘Black Dynamite’, l’ensorcelant ‘Child Of Destiny’ que gorgent des claviers aux couleurs progressives, sans oublier le quasi sabbathien ‘Dragonhead’ ou bien encore l’éponyme ‘Supernatural Alliance’ qui luit d’un éclat noir. Le point G est atteint avec ‘Fleetwood Mac’, titre séduisant et promesse d’une lente montée du désir, tendre d’abord avant d’exploser en un geyser psyché et seventies. Clé de voûte de l’édifice, le chant de Marsha n’est bien entendu pas étranger au charme magnétique qu’exerce ce premier album qu’elle enrobe d’une suavité moelleuse et féline, chatte qui ronronne de plaisir et sort les griffes en même temps. A défaut de briller par sa personnalité, cet opus séduit par son écriture aussi ciselée qu’efficace et par l’aura charnel que dégage sa vocaliste. Un groupe franchement prometteur à tout le moins. (05/09/2018)
Si l’époque où Rise Above affolait l’érectomètre en publiant les rondelles de Diagonal, Astra, Circulus, Uncle Acid And The Deadbeats et autre Blood Ceremony, paraît un peu révolue, on peut cependant toujours compter sur le label de Lee Dorian (With The Dead et ex Cathedral bien sûr) pour nous faire découvrir des groupes excitants. Tel est donc le cas de Octopus dont le potentiel orgasmique est inversement proportionnel à la banalité de son patronyme. Nouveau venu peut-être, le combo de Detroit a été formé en 2008 par un guitariste qui lui, ne l’est pas, puisqu’il s’agit l’ex Electric Six, J. Frezzato.
La belle Masha Marjieh est à ses côtés dès le début au sein d’un line-up peu à peu complété, par un claviériste (Adam Cox) tout d’abord, puis par la section rythmique Matt O’Brien (basse) et Todd Glass (batterie). Comme on pouvait s’y attendre, Octopus officie dans un style rétro biberonné aux années 70, muse fertile dont on ne compte plus les groupes qui la butine avec une jouissance gourmande en évitant, pour le moment encore, l’indigestion. Bref, rien de neuf à première vue, à l’horizon de ces Américains qui cochent ainsi toutes les cases du hard rock vintage avec des seins. Prêtresse sexy, orgue humide qui dégouline de partout et riffs tour à tour groovy ou épais comme une marée noire alimentent ce « Supernatural Alliance » aussi sensuel que survitaminé. Mais ce galop d’essai a pour lui, outre son énergie contaminatrice, un sens imparable de l’écriture qui fait mouche, recueil de pépites qui toutes laissent d’immédiats stigmates dans la mémoire. A leur écoute, on devine qu’elles sont le fruit d’une longue macération, parfaitement rodées pour exploser les cages à miel. Leur potentiel scénique est évident comme si elles avaient été conçues pour mettre le feu à des amplis Orange dressés comme des totems enrobés de fumigènes. Si chacun de ces titres mériterait droit de cité, il convient de souligner plus particulièrement la puissance de séduction du reptilien ‘Black Dynamite’, l’ensorcelant ‘Child Of Destiny’ que gorgent des claviers aux couleurs progressives, sans oublier le quasi sabbathien ‘Dragonhead’ ou bien encore l’éponyme ‘Supernatural Alliance’ qui luit d’un éclat noir. Le point G est atteint avec ‘Fleetwood Mac’, titre séduisant et promesse d’une lente montée du désir, tendre d’abord avant d’exploser en un geyser psyché et seventies. Clé de voûte de l’édifice, le chant de Marsha n’est bien entendu pas étranger au charme magnétique qu’exerce ce premier album qu’elle enrobe d’une suavité moelleuse et féline, chatte qui ronronne de plaisir et sort les griffes en même temps. A défaut de briller par sa personnalité, cet opus séduit par son écriture aussi ciselée qu’efficace et par l’aura charnel que dégage sa vocaliste. Un groupe franchement prometteur à tout le moins. (05/09/2018)
KröniK | Aghora - Formless (2006)
Si à l'époque de son premier jet éponyme du feu de dieu, Aghora avait pu passer auprès des auditeurs mal informés comme le nouveau joujou de l'ancienne et culte section rythmique d'un Cynic alors encore dans les limbes, son principal instigateur , le guitariste virtuose Santiago Dobles s'est vite chargé de corriger ce mal-entendu, l'ombrageux Sean Malone (Stick bass) n'ayant pas poursuivi la collaboration plus longtemps. La situation est donc beaucoup plus clair lorsque sort six ans plus tard Formless, le tardif successeur d'Aghora dont il reprend le style époustouflant où se conjugue Metal progressif épris de liberté, jazz Rock et chant féminin aérien.
D'aucuns regretteront sans doute l'absence de Danishta Rivero (néanmoins présente à travers quelques textes), dont on n'a malheureusement plus croisé la voix talentueuse par la suite. Bien qu'à l'origine de lignes vocales moins personnelles, Diana Serra, dotée d'un physique tout à fait charmant, ce qui ne gâte rien, n'a pourtant pas à rougir de la comparaison. L'effet de surprise éventée et désertant cette fois-ci quelque peu le terrain ethnique (hormis le temps des courts "Lotus" et "Purification", respectivement chargés d'ouvrir et de fermer le voyage) et parfois barré de son glorieux aîné, Formless étonne moins mais saura probablement séduire un public plus large, emporté par une armature rythmique hallucinante de technicité ("1316" où le thrash nest parfois pas loin) en particulier une basse volubile et généreuse. Mais quel plaisir de retrouver cette guitare tour à tour feutrée (les notes acoustiques ouvrant "Fade"), acérée, toujours éblouissante ainsi que cette qualité, rare chez les esthètes de la virtuosité, de savoir composer de vraies compositions qui ne se confondent jamais avec un assemblage vain de strates et de plans destinés à en foutre plein la vue. Au contraire, l'affolante maîtrise des musiciens (à noter que Sean Reinert est resté fidèle à Santiago), que ceux qui ont les oreilles rivées aux tablatures passeront des heures à décortiquer, n'étouffe jamais une écoute fluide et cristalline d'où jaillit une beauté tranquille et chaleureuse et dont on ne décroche pas en cours de route, ce qui est une gageure ! Bien que toujours lumineuses et émaillée par des aplats colorés, la musique d'Aghora a perdu en charme fusionnel ce qu'elle a finalement gagné en puissance. Faudra-t-il au groupe, toujours officiellement en activité, encore six années supplémentaires pour accoucher d'une nouveau joyau ? Si c'est pour enfanter un album de cet acabit, c'est là tout le mal qu'on lui souhaite.... (24.10.2013) ⍖⍖⍖
D'aucuns regretteront sans doute l'absence de Danishta Rivero (néanmoins présente à travers quelques textes), dont on n'a malheureusement plus croisé la voix talentueuse par la suite. Bien qu'à l'origine de lignes vocales moins personnelles, Diana Serra, dotée d'un physique tout à fait charmant, ce qui ne gâte rien, n'a pourtant pas à rougir de la comparaison. L'effet de surprise éventée et désertant cette fois-ci quelque peu le terrain ethnique (hormis le temps des courts "Lotus" et "Purification", respectivement chargés d'ouvrir et de fermer le voyage) et parfois barré de son glorieux aîné, Formless étonne moins mais saura probablement séduire un public plus large, emporté par une armature rythmique hallucinante de technicité ("1316" où le thrash nest parfois pas loin) en particulier une basse volubile et généreuse. Mais quel plaisir de retrouver cette guitare tour à tour feutrée (les notes acoustiques ouvrant "Fade"), acérée, toujours éblouissante ainsi que cette qualité, rare chez les esthètes de la virtuosité, de savoir composer de vraies compositions qui ne se confondent jamais avec un assemblage vain de strates et de plans destinés à en foutre plein la vue. Au contraire, l'affolante maîtrise des musiciens (à noter que Sean Reinert est resté fidèle à Santiago), que ceux qui ont les oreilles rivées aux tablatures passeront des heures à décortiquer, n'étouffe jamais une écoute fluide et cristalline d'où jaillit une beauté tranquille et chaleureuse et dont on ne décroche pas en cours de route, ce qui est une gageure ! Bien que toujours lumineuses et émaillée par des aplats colorés, la musique d'Aghora a perdu en charme fusionnel ce qu'elle a finalement gagné en puissance. Faudra-t-il au groupe, toujours officiellement en activité, encore six années supplémentaires pour accoucher d'une nouveau joyau ? Si c'est pour enfanter un album de cet acabit, c'est là tout le mal qu'on lui souhaite.... (24.10.2013) ⍖⍖⍖
If at the time of his first eponymous draft of the fire of God, Aghora had been able to pass through the uninformed listeners like the new toy of the old and cult rhythmic section of a Cynic then still in limbo, his main instigator, the virtuoso guitarist Santiago Dobles quickly took care of correcting this misunderstanding, the shady Sean Malone (Stick bass) not having continued the collaboration any longer. The situation was therefore much clearer when Formless, Aghora's late successor, was released six years later. He took up the breathtaking style of Aghora, combining progressive metal, jazz rock and aerial female vocals. Some will undoubtedly regret the absence of Danishta Rivero (nevertheless present through some texts), whose talented voice was unfortunately no longer crossed afterwards. Although Diana Serra created less personal vocal lines, she has a very charming physique, which does not spoil anything, but she has nothing to be ashamed of in comparison. The effect of stale surprise and deserting this time somewhat the ethnic terrain (apart from the time of the short "Lotus" and "Purification", respectively responsible for opening and closing the trip) and sometimes crossed by its glorious elder, Formless surprises less but will probably seduce a wider audience, carried away by a hallucinating rhythmic frame of technicality ("1316" where the thrash is sometimes not far) especially a voluble and generous bass. But what a pleasure to find this guitar, alternately felted (the acoustic notes opening "Fade"), sharp, always dazzling as well as this quality, rare among virtuoso aesthetes, to know how to compose real compositions that never merge with a vain assembly of layers and plans intended to amaze. On the contrary, the frightening mastery of the musicians (note that Sean Reinert has remained faithful to Santiago), that those who have their ears riveted to the tablatures will spend hours scrutinizing, never suffocates a fluid and crystalline listening from which springs a quiet and warm beauty and from which one does not stumble along the way, which is a challenge ! Although still bright and enamelled with colourful flat tints, Aghora's music has lost in fusional charm what it has finally gained in power. Will it take the group, still officially active, another six years to give birth to a new jewel? If it's to give birth to an album of this kind, that's all the evil we wish him..... (24.10.2013)
KröniK | Akin - The Way Things End (2011)
Akin. Ce groupe ne dira certainement rien à la majorité d'entre-vous qui pensera avoir affaire avec The Way Things End au jet séminal d'un jeune pousse. Mais ceux qui ont un peu suivi le parcours de l'éphémère label Sacral Productions et ont assisté aux premières partie de Within Temptation lors de la tournée française en support de Mother Earth, se souviendront peut-être de cette prometteuse formation dont Verse (2001) et l'EP Forecast (2003) ont dessiné un séduisant Metal atmosphérique entre Gothic, Dark et progressif. Etant restés sans nouvelles des lyonnais depuis ces débuts encourageants, nous pensions que le collectif s'était malheureusement éteint.
C'est donc avec surprise et joie que nous accueillons aujourd'hui ce deuxième opus que nous n'espérions plus. Comme tend à le confirmer la reprise des deux titres majeurs qui avaient illuminé Forecast, "The 92nd Flight" et "Cassandra", proposés dans des versions légèrement remaniées, Akin reprend les choses où celles-ci ont été laissées il y a huit ans. Si Verse ou la relecture du "Opium" de Moonspell avaient permis d'arrimer le groupe à la mouvance Dark à chanteuse, sous-chapelle qui avait au début des années 90 le vent en poupe grâce aux travaux de Tristania ou Trail Of Tears avec lesquels il nouait pourtant assez peu de liens, The Way Things End voit ses auteurs poursuivre une évolution vers un art plus feutré et tout simplement plus progressif. Aidé par un quatuor à cordes, dont il exploite les sonorités avec élégance et sobriété ("Resilience") et toujours emmené par la voix cristalline de Adeline Gurtner, Akin propose un album dont la longueur (plus d'une heure) et la densité ne grèvent néanmoins pas la fluidité. Au point que la quinzaine de compositions s'enchaîne sans temps mort, formant ainsi un ensemble d'une belle homogénéité en dépit de la variété des ambiances et des couleurs utilisées. Teintes orchestrales graves, arabesques orientales (comme sur le très beau "Miller's End" aux percussions envoûtantes), accroches progressives ("Coma") ou enlevées ("When") définissent ainsi une palette des plus riches dont on sent qu'elle est le fruit d'un long travail de construction et de réalisation. Mieux vaut tard que jamais ! Beaucoup découvriront donc Akin avec ce The Way Things End de bonne facture bien qu'il aurait mérité une prise de son plus enveloppée. Le groupe reste fidèle à une personnalité attachante et qui au final ne ressemble à nulle autre. De fait, nous ne saurions trop vous conseiller d'écouter les deux premiers efforts dont ce disque est le tardif complément plutôt que - on l'espère - la conclusion, aussi belle soit-elle... (19.05.2011) ⍖⍖⍖
C'est donc avec surprise et joie que nous accueillons aujourd'hui ce deuxième opus que nous n'espérions plus. Comme tend à le confirmer la reprise des deux titres majeurs qui avaient illuminé Forecast, "The 92nd Flight" et "Cassandra", proposés dans des versions légèrement remaniées, Akin reprend les choses où celles-ci ont été laissées il y a huit ans. Si Verse ou la relecture du "Opium" de Moonspell avaient permis d'arrimer le groupe à la mouvance Dark à chanteuse, sous-chapelle qui avait au début des années 90 le vent en poupe grâce aux travaux de Tristania ou Trail Of Tears avec lesquels il nouait pourtant assez peu de liens, The Way Things End voit ses auteurs poursuivre une évolution vers un art plus feutré et tout simplement plus progressif. Aidé par un quatuor à cordes, dont il exploite les sonorités avec élégance et sobriété ("Resilience") et toujours emmené par la voix cristalline de Adeline Gurtner, Akin propose un album dont la longueur (plus d'une heure) et la densité ne grèvent néanmoins pas la fluidité. Au point que la quinzaine de compositions s'enchaîne sans temps mort, formant ainsi un ensemble d'une belle homogénéité en dépit de la variété des ambiances et des couleurs utilisées. Teintes orchestrales graves, arabesques orientales (comme sur le très beau "Miller's End" aux percussions envoûtantes), accroches progressives ("Coma") ou enlevées ("When") définissent ainsi une palette des plus riches dont on sent qu'elle est le fruit d'un long travail de construction et de réalisation. Mieux vaut tard que jamais ! Beaucoup découvriront donc Akin avec ce The Way Things End de bonne facture bien qu'il aurait mérité une prise de son plus enveloppée. Le groupe reste fidèle à une personnalité attachante et qui au final ne ressemble à nulle autre. De fait, nous ne saurions trop vous conseiller d'écouter les deux premiers efforts dont ce disque est le tardif complément plutôt que - on l'espère - la conclusion, aussi belle soit-elle... (19.05.2011) ⍖⍖⍖
KröniK | Akentra - Asleep (2010)
Ne vous fiez pas trop à la présence paternelle à ses débuts de Didier Chesneau et Aymeric Ribot d'Headline car Akentra ne noue aucun lien avec la sphère progressive qu’elle soit métal ou non. De même, le fait que l’on retrouve derrière les manettes de ce premier jet, David Potvin de Lyzanxia ne signifie absolument pas que le collectif ait quelque rapport que ce soit avec la musique burnée. Certes, il y a bien de gros riffs, des guitares épaisses comme des jambons, seulement ces attributs sont mis au service de ce qu’on appelle faute de mieux le Métal gothique à chanteuse. Certains doivent déjà prendre leurs jambes à leur cou à l’énoncé de ce (sous) genre désormais à bout de souffle qui très souvent patauge dans les marais de l’indigence.
Pourtant, rassurez-vous, Akentra dont le nom, celui d’une plante carnivore apparemment, se veut l’illustration du double visage, à la fois lourd et angélique, que le groupe prétend afficher, mérite mieux que cela car il a dans le bustier une belle paire d’atouts. Tout d’abord, les Français comptent dans leur rang une chanteuse charmante, Lucia Ferreira, au timbre puissant et qui a le bon goût, ni de tomber dans la vulgarité, ni de souffrir d’une prononciation anglaise approximative et rédhibitoire, écueils qu’entachent malheureusement nombre de performances de ses consœurs. Ensuite, Akentra a compris qu’une belle voix ne suffit pas (plus). C’est pourquoi il a soigné ses compositions. Celles-ci se révèlent la plupart du temps inspirées. Elles ont de l’énergie et du relief, corsetées dans une production claire et gainée de plomb. Surtout, elles offrent une palette plutôt diversifiée, ne se contentant jamais de régurgiter sans imagination les automatismes qui grèvent le style. S’il sait faire parler l’émotion, le temps de pauses douces et poignantes ("Alone", "My Left Foot"), s’il n’hésite pas à recourir à quelques grognements de bête en rut masculins ("New Game"), Akentra libère avec largesse un Gothic Metal calibré peut-être, imparable sans aucun doute, habillé de bas résilles cousus avec des mélodies nerveuses et Heavy, à l’image des deux titres d’ouverture, "Alive" et "Do My Best". Pourtant, bien que réussis, ceux-ci sont l’arbre qui cache la forêt tant ce qui suit s’avère plus intéressant encore car moins facile. Ce sont des morceaux aux modelés plus nuancés, portés sur les ambiances, témoins les pesants "Daddy" et "Make Up" ou "Gimme Your Gun". On aime aussi ce "Just Close Your Eyes", qui fait tout simplement du bien ou "Twelve" qui paraît vouloir emprunter une direction assez sombre, ce qu’infirme un refrain étonnamment plus léger. Entre puissance et élégance, Asleep impose d’emblée ses auteurs à la tête des jeunes pousses d’un Gothic Metal français qui n’a franchement pas à rougir de la comparaison avec ses voisins européens. Bien au contraire même. C'est une bonne découverte ! (29.11.2010) ⍖⍖
Pourtant, rassurez-vous, Akentra dont le nom, celui d’une plante carnivore apparemment, se veut l’illustration du double visage, à la fois lourd et angélique, que le groupe prétend afficher, mérite mieux que cela car il a dans le bustier une belle paire d’atouts. Tout d’abord, les Français comptent dans leur rang une chanteuse charmante, Lucia Ferreira, au timbre puissant et qui a le bon goût, ni de tomber dans la vulgarité, ni de souffrir d’une prononciation anglaise approximative et rédhibitoire, écueils qu’entachent malheureusement nombre de performances de ses consœurs. Ensuite, Akentra a compris qu’une belle voix ne suffit pas (plus). C’est pourquoi il a soigné ses compositions. Celles-ci se révèlent la plupart du temps inspirées. Elles ont de l’énergie et du relief, corsetées dans une production claire et gainée de plomb. Surtout, elles offrent une palette plutôt diversifiée, ne se contentant jamais de régurgiter sans imagination les automatismes qui grèvent le style. S’il sait faire parler l’émotion, le temps de pauses douces et poignantes ("Alone", "My Left Foot"), s’il n’hésite pas à recourir à quelques grognements de bête en rut masculins ("New Game"), Akentra libère avec largesse un Gothic Metal calibré peut-être, imparable sans aucun doute, habillé de bas résilles cousus avec des mélodies nerveuses et Heavy, à l’image des deux titres d’ouverture, "Alive" et "Do My Best". Pourtant, bien que réussis, ceux-ci sont l’arbre qui cache la forêt tant ce qui suit s’avère plus intéressant encore car moins facile. Ce sont des morceaux aux modelés plus nuancés, portés sur les ambiances, témoins les pesants "Daddy" et "Make Up" ou "Gimme Your Gun". On aime aussi ce "Just Close Your Eyes", qui fait tout simplement du bien ou "Twelve" qui paraît vouloir emprunter une direction assez sombre, ce qu’infirme un refrain étonnamment plus léger. Entre puissance et élégance, Asleep impose d’emblée ses auteurs à la tête des jeunes pousses d’un Gothic Metal français qui n’a franchement pas à rougir de la comparaison avec ses voisins européens. Bien au contraire même. C'est une bonne découverte ! (29.11.2010) ⍖⍖
KröniK | After Forever - Invisible Circles (2004)
Préparé quelques mois auparavant par le EP Exordium, chargé de faire patienter et rassurer le fan suite au départ de Mark Jansen parti dans la foulée former son propre groupe, Invisible Circles est publié en mars 2004. Dans la rivalité naturelle bien qu'amicale, issue de cette séparation, entre After Forever et Epica, l'album souffre du fait d'arriver après The Phantom Agony avec lequel la comparaison est facile mais sans grand intérêt. Le premier opus du groupe de Mark Jansen ayant poursuivi avec la réussite que l'on sait le travail là où Decipher l'avait arrêté, mettant à jour le charme affolant autant que le talent d'une jeune recrue de choix, Simone Simons, Sanders Gommans et Floor Jansen se doivent donc de ne pas rater ce second chapitre de leur carrière.
Premier constat, s'il confirme l'orientation plus moderne, sensible sur Exordium, dont il reprend l'esthétique bleutée, Invisible Circles se révèle largement supérieur à son petit prédécesseur, émaillé qu'il est par de très solides compositions tels le furieux "Blind Pain", "Beautiful Emptiness" ou "Sins Of Idealism" aux teintes vaguement orientales. Surtout, en choisissant de s'appuyer sur un concept plus réaliste, alimenté par l'expérience pédagogique du guitariste, enseignant dans la vie de tous les jours, il nous dévoile un groupe plus mature, plus grave dans son propos et dans son univers, malgré le ridicule des tenues dont ses membres se sont sentis obligés de revêtir pour les photos promotionnelles. Corolaire de ce thème connecté à la vie réelle et basé sur les tourments d'une enfant dans un milieu parental troublé, les titres sont recouverts d'une couche sombre laquelle, bien que déjà présente sur Prison Of Desire ou Decipher, s'exprime ici avec plus de désespoir et de désenchantement car elle témoigne de la noirceur d'un monde à la recherche de ses repaires. En découle une œuvre complexe, aux arrangements extrêmement riches, bien que ceux-ci s'éloignent des canons du Gothic symphonique que ses géniteurs ont contribué à établir, au menu assez copieux (douze pistes pour quasiment une heure de musique) et vierge de véritables hymnes instantanés, et que rehaussent quelques touches progressives inédites. Assuré par Amanda Somerville, coach et vocaliste de l'ombre remarquable qui en a supervisé les lignes avec les fidèles Sascha Paeth et Miro, le travail sur le chant se révèle éblouissant. "Reflections", théâtre de multiples pistes vocales (féminines, masculines...) en constitue certainement le plus bel exemple. Floor y fait preuve d'une puissance dramatique qui touche le cœur. After Forever n'a opté ni pour la facilité ni pour le confort qu'aurait pu lui assurer la simple confirmation d'une signature à succès, préférant continuer de façonner son art, quitte à décevoir, certains regrettant une emphase pourtant toujours présente mais prenant forme d'une manière plus grave, plus sombre également. Œuvre plus nuancée que ne l'étaient ses devancières, Invisible Circles réclame nombre d'allers-retours avant de pouvoir en faire le tour, ceci expliquant sans doute son moindre succès. (28.11.2011) ⍖⍖⍖
Premier constat, s'il confirme l'orientation plus moderne, sensible sur Exordium, dont il reprend l'esthétique bleutée, Invisible Circles se révèle largement supérieur à son petit prédécesseur, émaillé qu'il est par de très solides compositions tels le furieux "Blind Pain", "Beautiful Emptiness" ou "Sins Of Idealism" aux teintes vaguement orientales. Surtout, en choisissant de s'appuyer sur un concept plus réaliste, alimenté par l'expérience pédagogique du guitariste, enseignant dans la vie de tous les jours, il nous dévoile un groupe plus mature, plus grave dans son propos et dans son univers, malgré le ridicule des tenues dont ses membres se sont sentis obligés de revêtir pour les photos promotionnelles. Corolaire de ce thème connecté à la vie réelle et basé sur les tourments d'une enfant dans un milieu parental troublé, les titres sont recouverts d'une couche sombre laquelle, bien que déjà présente sur Prison Of Desire ou Decipher, s'exprime ici avec plus de désespoir et de désenchantement car elle témoigne de la noirceur d'un monde à la recherche de ses repaires. En découle une œuvre complexe, aux arrangements extrêmement riches, bien que ceux-ci s'éloignent des canons du Gothic symphonique que ses géniteurs ont contribué à établir, au menu assez copieux (douze pistes pour quasiment une heure de musique) et vierge de véritables hymnes instantanés, et que rehaussent quelques touches progressives inédites. Assuré par Amanda Somerville, coach et vocaliste de l'ombre remarquable qui en a supervisé les lignes avec les fidèles Sascha Paeth et Miro, le travail sur le chant se révèle éblouissant. "Reflections", théâtre de multiples pistes vocales (féminines, masculines...) en constitue certainement le plus bel exemple. Floor y fait preuve d'une puissance dramatique qui touche le cœur. After Forever n'a opté ni pour la facilité ni pour le confort qu'aurait pu lui assurer la simple confirmation d'une signature à succès, préférant continuer de façonner son art, quitte à décevoir, certains regrettant une emphase pourtant toujours présente mais prenant forme d'une manière plus grave, plus sombre également. Œuvre plus nuancée que ne l'étaient ses devancières, Invisible Circles réclame nombre d'allers-retours avant de pouvoir en faire le tour, ceci expliquant sans doute son moindre succès. (28.11.2011) ⍖⍖⍖
Prepared a few months earlier by the EP Exordium, in charge of making the fan wait and reassure after Mark Jansen's departure to form his own band, Invisible Circles was released in March 2004. In the natural although friendly rivalry, resulting from this separation, between After Forever and Epica, the album suffers from the fact that it comes after The Phantom Agony with which the comparison is easy but without much interest. Mark Jansen's band's first opus having continued with the success that we know the work where Decipher had stopped him, revealing the frightening charm as well as the talent of a young recruit of choice, Simone Simons, Sanders Gommans and Floor Jansen must not miss this second chapter of their careers. First observation, if he confirms the more modern, sensitive orientation on Exordium, whose bluish aesthetics he takes up, Invisible Circles proves to be much superior to its small predecessor, enamelled that it is by very solid compositions such as the furious "Blind Pain", "Beautiful Emptiness" or "Sins Of Idealism" with vaguely oriental hues. Above all, by choosing to rely on a more realistic concept, fuelled by the guitarist's pedagogical experience, teaching in everyday life, he reveals a more mature group, more serious in its purpose and in its universe, despite the ridiculous outfits that its members felt obliged to wear for promotional photos. A corollary of this theme connected to real life and based on the torments of a child in a troubled parental environment, the titles are covered with a dark layer which, although already present on Prison Of Desire or Decipher, is expressed here with more despair and disillusionment because it reflects the darkness of a world in search of its lairs. The result is a complex work, with extremely rich arrangements, although they are far from the canons of the symphonic Gothic that its progenitors helped to establish, with a rather copious menu (twelve tracks for almost an hour of music) and without real instant hymns, and enhanced by a few new progressive touches. Assured by Amanda Somerville, coach and vocalist of the remarkable shadow who supervised the lines with the faithful Sascha Paeth and Miro, the work on the singing is dazzling. "Reflections", the theatre of multiple vocal tracks (female, male...) is certainly the most beautiful example. Floor shows a dramatic power that touches the heart. After Forever did not opt for the ease and comfort that could have been provided by simply confirming a successful signature, preferring to continue to shape his art, even if it meant disappointing, some regretting an emphasis that was still present but taking shape in a more serious, darker way as well. A more nuanced work than its predecessors, Invisible Circles requires a number of round trips before it can go around, which undoubtedly explains its lesser success. (28.11.2011)
KröniK | After Forever - Exordium (2003)
En raison des sempiternelles divergences musicales, dont témoigneront dès l'année suivante The Phantom Agony d'Epica et ce Exordium, After Forever se sépare en 2002 de celui qui fut à la fois son co-fondateur et son principal compositeur, Mark Jansen, lequel, ne partage alors plus la direction musicale envisagée par le reste du groupe, et notamment le couple formé par Floor Jansen et Sander Gommans, désireux de s'éloigner du rivage du pur Metal gothique et symphonique pour une plastique plus moderne, moins emphatique. Sans aller jusqu'à penser que le groupe ne réussirait pas à survivre à cette séparation (l'a-t-il pourtant réussi, son split final six ans plus tard paraît en effet le confirmer), nous pouvions tout de même nourrir quelques inquiétudes, même si le charme et la puissance vocale de la chanteuse permettaient de rester confiant en l'avenir.
Afin de faire patienter ses fans et d'offrir un avant-goût de l'album à venir, le futur Invisible Circles, les Bataves gravent en 2003 Exordium, EP riche de six titres dont la luxueuse édition sous forme de digibook (une spécialité chez Transmissions) s'accompagne d'un petit DVD avec clip vidéo, making of de ce dernier, reportage en studio. Et force est de reconnaître que, en dépit de la voix intacte et plus grandiose que jamais de Floor et de la présence des growls habituels (désormais assurés par Gommans), quoique ceux-ci semblent en retrait par rapport à l'ère Mark Jansen, After Forever a entamé la mue pressentie. La reprise énergique du "Evil That Men Do" d'Iron Maiden, dont le chant féminin ne la rend que plus intéressante, participe d'une cassure artistique avec les racines extrêmes du groupe, encore timide mais néanmoins bien réelle. La présence de deux ballades (soit un tiers d'un menu qui compte également une piste instrumentale en guise d'introduction), certes puissantes, procèdent d'une même évolution. Plus que "One Day I'll Fly Away", autre reprise, plus étonnante encore puisqu'il s'agit d'un titre de Randy Crawford, aux allures cinématographiques, "My Choice", la première d'entre-elle, demeure, avec la cover de la Vierge de Fer, l'intérêt majeur de cet apéritif. Floor chante comme si demain ne devait pas exister et nous donne des frissons partout. Le reste est composé de deux titres plus inégaux, "Glorifying Means", le plus agressif du lot mais où l'absence du démissionnaire se fait cruellement sentir, et surtout "Beneath", agréable sans être essentiel. Mitigé, Exordium n'en rassure pas moins, bien aidé il est vrai par les solides performances live d'un groupe au capital sympathie évident, et première étape vers une (re)construction poursuivie par Invisible Circles en 2004. (16.11.2011) ⍖⍖
Afin de faire patienter ses fans et d'offrir un avant-goût de l'album à venir, le futur Invisible Circles, les Bataves gravent en 2003 Exordium, EP riche de six titres dont la luxueuse édition sous forme de digibook (une spécialité chez Transmissions) s'accompagne d'un petit DVD avec clip vidéo, making of de ce dernier, reportage en studio. Et force est de reconnaître que, en dépit de la voix intacte et plus grandiose que jamais de Floor et de la présence des growls habituels (désormais assurés par Gommans), quoique ceux-ci semblent en retrait par rapport à l'ère Mark Jansen, After Forever a entamé la mue pressentie. La reprise énergique du "Evil That Men Do" d'Iron Maiden, dont le chant féminin ne la rend que plus intéressante, participe d'une cassure artistique avec les racines extrêmes du groupe, encore timide mais néanmoins bien réelle. La présence de deux ballades (soit un tiers d'un menu qui compte également une piste instrumentale en guise d'introduction), certes puissantes, procèdent d'une même évolution. Plus que "One Day I'll Fly Away", autre reprise, plus étonnante encore puisqu'il s'agit d'un titre de Randy Crawford, aux allures cinématographiques, "My Choice", la première d'entre-elle, demeure, avec la cover de la Vierge de Fer, l'intérêt majeur de cet apéritif. Floor chante comme si demain ne devait pas exister et nous donne des frissons partout. Le reste est composé de deux titres plus inégaux, "Glorifying Means", le plus agressif du lot mais où l'absence du démissionnaire se fait cruellement sentir, et surtout "Beneath", agréable sans être essentiel. Mitigé, Exordium n'en rassure pas moins, bien aidé il est vrai par les solides performances live d'un groupe au capital sympathie évident, et première étape vers une (re)construction poursuivie par Invisible Circles en 2004. (16.11.2011) ⍖⍖
Due to the endless musical differences, which would be reflected in Epica's The Phantom Agony and this Exordium the following year, After Forever separated in 2002 from its co-founder and principal composer, Mark Jansen, who had been its co-founder, no longer shares the musical direction envisaged by the rest of the group, and in particular the couple formed by Floor Jansen and Sander Gommans, who wanted to move away from the shore of pure Gothic and symphonic Metal for a more modern, less emphatic plastic. Without going so far as to think that the group would not succeed in surviving this separation (although it did succeed, its final split six years later seems to confirm this), we could still have some concerns, even if the singer's charm and vocal power allowed us to remain confident in the future. In order to make his fans wait and offer a preview of the upcoming album, the future Invisible Circles, the Bataves burned in 2003 Exordium, an EP rich with six tracks whose luxurious edition in the form of a digibook (a specialty at Transmissions) is accompanied by a short DVD with video clip, making of the latter, reporting in the studio. And it must be admitted that, despite Floor's intact and more grandiose voice than ever before and the presence of the usual growls (now provided by Gommans), although they seem to be behind the Mark Jansen era, After Forever has begun the anticipated moult. The energetic cover of Iron Maiden's "Evil That Men Do", whose female vocals make it all the more interesting, is part of an artistic break with the group's extreme roots, still shy but nevertheless very real. The presence of two ballads (one third of a menu that also includes an instrumental track as an introduction), certainly powerful, are the result of the same evolution. More than "One Day I'll Fly Away", another cover, even more surprising since it is a Randy Crawford song, "My Choice", the first of its kind, remains, with the cover of the Iron Virgin, the major interest of this aperitif. Floor sings as if tomorrow doesn't have to exist and gives us chills everywhere. The rest is composed of two more unequal titles, "Glorifying Means", the most aggressive of the lot but where the absence of the resigning member is cruelly felt, and especially "Beneath", pleasant without being essential. Mitigated, Exordium nevertheless reassures, well helped, it is true, by the solid live performances of a band with an obvious sympathy capital, and the first step towards a (re)construction continued by Invisible Circles in 2004. (16.11.2011)
KröniK | After Forever - Decipher (2001)
Malgré la réussite artistique de Prison Of Desire, publié l'année précédente, c'est véritablement grâce à son successeur que After Forever va s'imposer dans la cour des grands du Sympho-Gothic-Metal. On peut même affirmer que le groupe, sous sa configuration classique c'est-à-dire fonctionnant avec le binôme Mark Jansen/Sander Gommans, y apparait (déjà) à son apogée. Tout est en place, les hymnes sont là, le charme et l'empathie pour une troupe de musiciens encore innocents, aussi. S'il creuse un sillon identique à son aîné d'un an, Decipher l'amplifie par une prise de son plus enveloppée, donnant plus de corps et de puissance à une dimension orchestrale que le guitariste démissionnaire continuera d'explorer avec Epica alors que After Forever tendra, à partir de Exordium et Invisible Circles, à couler son identité dans une musique plus brute et réaliste tout en se voulant plus thrashy peut-être, évolution en demi-teinte qui lui permettra toutefois de se distinguer à la fois de son concurrent naturel et de la masse toujours plus grande des inévitables suiveurs qui ne manqueront pas les années suivantes de tenter de se frayer un chemin dans son sillage.
Basé sur l'accouplement, certes éprouvé mais efficace, entre chant opératique féminin, celui de la sculpturale Floor Jansen, et sur les grognements de bête en rut de son homonyme dont on a cru - à tort - qu'ils étaient frère et sœur ou bien époux, auquel les Hollandais greffent des modelés symphoniques qui, loin d'en limer la puissance lui confère une ténébreuse beauté, l'opus déroule une trame redoutable qui sera ensuite reprise par Epica : une intro grandiloquente pour commencer ("Ex Cathedra"), un titre pêchu aux allures d'hymne instantané qui lui embraye le pas ("Monolith Of Doubt"), un final sombre et grandiose ("Forlorn Hope") et entre, une succession de pièces soit épiques (l'immense "My Pledge Of Allegiance", qu'ouvrent des arabesques orientales, "Estranged"), brulots plus ramassés ("Zenith", "Emphasis") et pause où toute l'émotion dont est capable la belle éclate au grand jour ("The Key"). Aucune baisse de régime, aucun remplissage durant ce Decipher dont on peut estimer, sans prendre trop de risque, qu'il reste ce que le groupe a fait de mieux (avec son testament de 2007) et qu'il peut être envisagé comme une des pierres angulaires du genre avec bien entendu, The Phantom Agony de qui vous savez. Si l'on peut regretter que l'association aussi inspirée que complémentaire entre les deux guitaristes ait été (trop) éphémère, aboutissant à une implosion certainement inévitable eu égard aux directions musicales que les deux protagonistes emprunteront par la suite, mais survenue cependant bien trop vite, la scission de ces deux fortes individualités accouchera à la fois d'une seconde formation de qualité (Epica pour ne pas la nommer) et d'un After Forever aux atours différents, plus modernes mais non moins intéressants. (10.11.2011) ⍖⍖⍖
Basé sur l'accouplement, certes éprouvé mais efficace, entre chant opératique féminin, celui de la sculpturale Floor Jansen, et sur les grognements de bête en rut de son homonyme dont on a cru - à tort - qu'ils étaient frère et sœur ou bien époux, auquel les Hollandais greffent des modelés symphoniques qui, loin d'en limer la puissance lui confère une ténébreuse beauté, l'opus déroule une trame redoutable qui sera ensuite reprise par Epica : une intro grandiloquente pour commencer ("Ex Cathedra"), un titre pêchu aux allures d'hymne instantané qui lui embraye le pas ("Monolith Of Doubt"), un final sombre et grandiose ("Forlorn Hope") et entre, une succession de pièces soit épiques (l'immense "My Pledge Of Allegiance", qu'ouvrent des arabesques orientales, "Estranged"), brulots plus ramassés ("Zenith", "Emphasis") et pause où toute l'émotion dont est capable la belle éclate au grand jour ("The Key"). Aucune baisse de régime, aucun remplissage durant ce Decipher dont on peut estimer, sans prendre trop de risque, qu'il reste ce que le groupe a fait de mieux (avec son testament de 2007) et qu'il peut être envisagé comme une des pierres angulaires du genre avec bien entendu, The Phantom Agony de qui vous savez. Si l'on peut regretter que l'association aussi inspirée que complémentaire entre les deux guitaristes ait été (trop) éphémère, aboutissant à une implosion certainement inévitable eu égard aux directions musicales que les deux protagonistes emprunteront par la suite, mais survenue cependant bien trop vite, la scission de ces deux fortes individualités accouchera à la fois d'une seconde formation de qualité (Epica pour ne pas la nommer) et d'un After Forever aux atours différents, plus modernes mais non moins intéressants. (10.11.2011) ⍖⍖⍖
Despite the artistic success of Prison Of Desire, published the previous year, it is really thanks to its successor that After Forever will impose itself in the big league of the Sympho-Gothic-Metal. We can even say that the group, under its classic configuration, i.e. working with the duo Mark Jansen/Sander Gommans, appears (already) at its peak. Everything is in place, the hymns are there, the charm and empathy for a group of still innocent musicians, too. If he digs an identical groove to his one-year-old brother, Decipher amplifies it with a more enveloped sound recording, giving more body and power to an orchestral dimension that the resigning guitarist will continue to explore with Epica while After Forever will tend, from Exordium and Invisible Circles, to flow its identity into a more raw and realistic music while perhaps wanting to be more thrashy, an evolution in half-tone that will however allow it to distinguish itself both from its natural competitor and from the ever-increasing mass of the inevitable followers who will not fail in the following years to try to find their way in its wake. Based on the coupling, certainly tried and tested but effective, between the female operatic song, that of the sculptural Floor Jansen, and on the rutting grunts of her namesake, of whom we mistakenly believed that they were brother and sister or husband, to whom the Dutch graft symphonic models which, far from filing down their power gives them a dark beauty, the opus unfolds a formidable framework which will then be taken up by Epica: a grandiloquent intro to begin with ("Ex Cathedra"), a catchy track that looks like an instant anthem that engages her ("Monolith Of Doubt"), a dark and grand finale ("Forlorn Hope") and enters, a succession of pieces is epic (the immense "My Pledge Of Allegiance", opened by oriental arabesques, "Estranged"), more collected burns ("Zenith", "Emphasis") and a pause where all the emotion of which the beautiful burst into the open ("The Key"). No decrease in speed, no filling during this Decipher which we can estimate, without taking too much risk, that it remains what the group did best (with its will of 2007) and that it can be considered as one of the cornerstones of the genre with of course, The Phantom Agony of whom you know. While it is regrettable that the inspired and complementary association between the two guitarists was (too) ephemeral, leading to an implosion that was certainly inevitable in view of the musical directions the two protagonists would later take, but which occurred far too quickly, the split between these two strong individualities would give rise to both a second quality formation (Epica, not to mention it) and an After Forever with different, more modern but no less interesting attire. (10.11.2011)
KröniK | After Forever - Prison Of Desire (2000)
D'une certaine manière, et en exagérant un peu, on peut affirmer, nonobstant la qualité certaine des opus qui ont suivi, et notamment son testament éponyme, qu'After Forever ne s'est jamais vraiment remis du départ de Mark Jansen, parti en 2002 former Epica. Ce ne sont sans doute pas les fans de ce dernier qui contrediront ce constat. Onze ans après la découverte de cette formation hollandaise dont certains prédisaient alors qu'elle suivrait la même voie couronnée de succès que son compatriote Within Tempation, force est d'admettre en effet que le groupe n'a pas fait mieux que ses deux premières offrandes. C'est en 1995 que les deux guitaristes Sander Gommans et Mark Jansen unissent leur talent pour former Apocalypse, nom bien vite abandonné au profit de celui d'After Forever, tiré d'une chanson de Black Sabbath.
Les choses sérieuses ne commencent en réalité que deux ans plus tard avec l'embauche de la chanteuse soprano Floor Jansen, laquelle va permettre à la musique imaginée par l'hydre à deux têtes de prendre forme. Deux démos plus tard, c'est donc Prison Of Desire qui marque les débuts discographiques d'un groupe qui, tout en reprenant à son compte les référents du Gothic Doom scandinave (Tristania, Trail Of Tears...), lui injecte une dimension à la fois plus puissante et opératique. S'il doit encore beaucoup à ses ainés, comme le confirme l'allégeance au double chant féminin classique et grognements masculins (assurés par Jansen), ce galop d'essai se veut déjà pourtant bien supérieur aux précédents disques de ce style, supériorité qu'il doit à plusieurs facteurs. D'une part à l'incontestable talent de compositeurs de la paire Gommans/Jansen (on comprend mieux pourquoi le groupe n'a jamais renoué avec la même réussite suite à l'éviction du second), auteur de très belles pièces d'un sombre symphonisme, qu'il s'agisse des hymnes "Leaden Legacy" et "Follow In The Cry", des plus complexes "Black Tomb", "Yield To Tempation" (où l'on découvre la longue suite "The Embrace That Smothers" que Mark Jansen poursuivra avec Epica sur les albums The Phantom Agony et The Divine Conspiracy) ou du déchirant et terminal "Beyond Me", sur lequel Sharon Den Adel (Within Temptation) vient seconder l'imposante Floor pour un résultat d'une puissance dramatique belle comme un chat qui dort. D'autre part, c'est bien entendu à cette dernière que le groupe doit une bonne partie de son charme. Prison Of Desire y dévoile une présence vocale éblouissante, unique en cela qu'elle allie la grandiloquence baroque des cantatrices norvégiennes et la portée émotionnelle propre à l'école hollandaise (The Gathering, Orphanage). Malgré la réussite séduisante de ce premier jet, After Forever devra encore patienter quelques mois supplémentaires et la sortie de Decipher pour véritablement s'imposer comme une valeur sûre, seconde publication qui permettra à beaucoup de découvrir son prédécesseur passé relativement inaperçu en dehors des frontières bataves et de peaufiner un style dont les bases ont clairement été posées par Prison Of Desire et qu'il propulsera vers des sommets. (31.10.2011) ⍖⍖⍖
Les choses sérieuses ne commencent en réalité que deux ans plus tard avec l'embauche de la chanteuse soprano Floor Jansen, laquelle va permettre à la musique imaginée par l'hydre à deux têtes de prendre forme. Deux démos plus tard, c'est donc Prison Of Desire qui marque les débuts discographiques d'un groupe qui, tout en reprenant à son compte les référents du Gothic Doom scandinave (Tristania, Trail Of Tears...), lui injecte une dimension à la fois plus puissante et opératique. S'il doit encore beaucoup à ses ainés, comme le confirme l'allégeance au double chant féminin classique et grognements masculins (assurés par Jansen), ce galop d'essai se veut déjà pourtant bien supérieur aux précédents disques de ce style, supériorité qu'il doit à plusieurs facteurs. D'une part à l'incontestable talent de compositeurs de la paire Gommans/Jansen (on comprend mieux pourquoi le groupe n'a jamais renoué avec la même réussite suite à l'éviction du second), auteur de très belles pièces d'un sombre symphonisme, qu'il s'agisse des hymnes "Leaden Legacy" et "Follow In The Cry", des plus complexes "Black Tomb", "Yield To Tempation" (où l'on découvre la longue suite "The Embrace That Smothers" que Mark Jansen poursuivra avec Epica sur les albums The Phantom Agony et The Divine Conspiracy) ou du déchirant et terminal "Beyond Me", sur lequel Sharon Den Adel (Within Temptation) vient seconder l'imposante Floor pour un résultat d'une puissance dramatique belle comme un chat qui dort. D'autre part, c'est bien entendu à cette dernière que le groupe doit une bonne partie de son charme. Prison Of Desire y dévoile une présence vocale éblouissante, unique en cela qu'elle allie la grandiloquence baroque des cantatrices norvégiennes et la portée émotionnelle propre à l'école hollandaise (The Gathering, Orphanage). Malgré la réussite séduisante de ce premier jet, After Forever devra encore patienter quelques mois supplémentaires et la sortie de Decipher pour véritablement s'imposer comme une valeur sûre, seconde publication qui permettra à beaucoup de découvrir son prédécesseur passé relativement inaperçu en dehors des frontières bataves et de peaufiner un style dont les bases ont clairement été posées par Prison Of Desire et qu'il propulsera vers des sommets. (31.10.2011) ⍖⍖⍖
In a way, and by exaggerating a little, we can affirm, notwithstanding the certain quality of the opuses that followed, and in particular his eponymous will, that After Forever never really recovered from the departure of Mark Jansen, who left in 2002 to form Epica. It is probably not the fans of the latter who will contradict this observation. Eleven years after the discovery of this Dutch formation, some of which predicted that it would follow the same successful path as its compatriot Within Tempation, it must be admitted that the group did not do better than its first two offerings. In 1995, the two guitarists Sander Gommans and Mark Jansen joined forces to form Apocalypse, a name that was soon abandoned in favour of After Forever, based on a song by Black Sabbath. The serious things actually began two years later with the hiring of soprano singer Floor Jansen, who would allow the music created by the two-headed hydra to take shape. Two demos later, it was Prison Of Desire that marked the recording debut of a band that, while taking over the references of the Scandinavian Gothic Doom (Tristania, Trail Of Tears...), injected a more powerful and operatic dimension into it. If it still owes much to its elders, as confirmed by its allegiance to the double classical female voice and male growls (provided by Jansen), this trial run is already intended to be much superior to previous records of this style, a superiority that it owes to several factors. On the one hand, the undeniable talent of the composers of the Gommans/Jansen pair (it is easier to understand why the group has never returned to the same success following the ousting of the second), author of very beautiful pieces of dark symphony, such as the hymns "Leaden Legacy" and "Follow In The Cry", of the most complex "Black Tomb", "Yield To Tempation" (where we discover the long sequel "The Embrace That Smothers" that Mark Jansen will continue with Epica on the albums The Phantom Agony and The Divine Conspiracy) or the heartbreaking and terminal "Beyond Me", on which Sharon Den Adel (Within Temptation) comes to assist the imposing Floor for a result of dramatic power as beautiful as a sleeping cat. On the other hand, it is of course to the latter that the group owes much of its charm. Prison Of Desire reveals a dazzling vocal presence, unique in that it combines the baroque grandiloquence of Norwegian female singers with the emotional impact of the Dutch school (The Gathering, Orphanage). Despite the seductive success of this first draft, After Forever will still have to wait a few more months and the release of Decipher to really establish itself as a reliable value, a second publication that will allow many to discover its predecessor, which has passed relatively unnoticed outside the Batavian borders, and to refine a style whose foundations have clearly been laid by Prison Of Desire and which it will propel towards new heights. (02.11.2011)
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