Porté par la puissance du couple formé par Spencer Tracy, dont c'est un des premiers grands rôle, et la magnifique Loretta Young, Ceux de la zone s'inscrit parfaitement dans l'oeuvre mélodramatique - dans le bon sens du terme - de Frank Borzage.
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Frank Borzage | Ceux de la zone (1933)
Porté par la puissance du couple formé par Spencer Tracy, dont c'est un des premiers grands rôle, et la magnifique Loretta Young, Ceux de la zone s'inscrit parfaitement dans l'oeuvre mélodramatique - dans le bon sens du terme - de Frank Borzage.
John Sturges | Un homme est passé (1955)
J'ai connu une époque, bien avant internet et les chaînes du câble, où France 3 (alors FR3), diffusait régulièrement des vieux films les après-midi. Je me souviens ainsi avoir découvert Un homme est passé un lundi où je n'étais pas à l'école. Il me semble que j'étais en sixième. Et depuis une trentaine d'années, je le visionne fréquemment. Il faut dire qu'il s'agit sans doute du chef-d'oeuvre de John Sturges, western moderne basé sur la classique unité de temps, de lieu et d'action, où les chevaux sont remplacés par des jeeps. Court - il dure moins d'une heure vingt - et épuré, Bad Day At Black Rock n'en est pas moins d'une grande richesse, jouant sur les contrastes entre le cinémascope et l'isolement de cette bourgade, en fait quelques baraques serrées et écrasées par un vaste paysage aride, entre la vulnérabilité trompeuse de son héros et la brutalité menaçante d"un ennemi patibulaire.
Ainsi, la grande idée du film est d'avoir choisi un manchot comme personnage principal et d'avoir choisi Spencer Tracy pour l'interpréter, habitué aux rôles bienveillants. Avec sa chevelure blanche, il a l'air d'être un grand-père tranquille et inoffensif pour lequel on s'inquiète vite, seule face à des habitants qui cherchent farouchement à défendre le terrible secret qui les lie. En fait, il n'en est rien. Ne se laissant pas intimider et maniant l''arme de l'ironie, il découvrira la vérité, glaçante. De ce point de vue, Un homme est passé s'inscrit dans la lignée d'un cinéma libéral, illustrant le sort peu connu réservé aux Japonais installés sur le sol Américain pendant la Seconde Guerre mondiale et après, rappelant l'existence de camps de concentration, sujet encore tabou aujourd'hui. Sans faire dans la démonstration facile, l'oeuvre interroge sur la lâcheté humaine et les préjugés. Rien nous est dit sur l'origine de MacCready qui traverse l'histoire comme une silhouette mystérieuse et tenace. Les circonstances de la mort de Komoko ne sont pas plus représentées à l'écran. Avec intelligence, Sturges laisse le spectateur les deviner et reconstituer le drame jusqu'à l'abstraction. Bien sûr, le film reste fameux également pour son affiche qui réunit Tracy donc mais aussi Walter Brennan, Dean Jagger, la belle Anne Francis et une remarquable brochette de salauds (Robert Ryan, Lee Marvin et Ernest Borgnine). (Vu le 21/03/2018 / Source : DVD)
Ainsi, la grande idée du film est d'avoir choisi un manchot comme personnage principal et d'avoir choisi Spencer Tracy pour l'interpréter, habitué aux rôles bienveillants. Avec sa chevelure blanche, il a l'air d'être un grand-père tranquille et inoffensif pour lequel on s'inquiète vite, seule face à des habitants qui cherchent farouchement à défendre le terrible secret qui les lie. En fait, il n'en est rien. Ne se laissant pas intimider et maniant l''arme de l'ironie, il découvrira la vérité, glaçante. De ce point de vue, Un homme est passé s'inscrit dans la lignée d'un cinéma libéral, illustrant le sort peu connu réservé aux Japonais installés sur le sol Américain pendant la Seconde Guerre mondiale et après, rappelant l'existence de camps de concentration, sujet encore tabou aujourd'hui. Sans faire dans la démonstration facile, l'oeuvre interroge sur la lâcheté humaine et les préjugés. Rien nous est dit sur l'origine de MacCready qui traverse l'histoire comme une silhouette mystérieuse et tenace. Les circonstances de la mort de Komoko ne sont pas plus représentées à l'écran. Avec intelligence, Sturges laisse le spectateur les deviner et reconstituer le drame jusqu'à l'abstraction. Bien sûr, le film reste fameux également pour son affiche qui réunit Tracy donc mais aussi Walter Brennan, Dean Jagger, la belle Anne Francis et une remarquable brochette de salauds (Robert Ryan, Lee Marvin et Ernest Borgnine). (Vu le 21/03/2018 / Source : DVD)
George Cukor | The Actress (1953)
En quelques mots : L'affiche était prometteuse : de grands comédiens devant la caméra du maître Cukor et un scénario autobiographique de Ruth Gordon dont on se souvient surtout des tardives prestations dans Rosemary's Baby, Harold et Maude ou la doublette Doux, dur et dingue / Ca va cogner ! Mais, statique, bavard et presque théâtral (c'est son origine), The Actress déçoit et ne passionne guère. On a connu le réalisateur plus inspiré et surtout plus concerné, même si sa direction d'acteurs demeure impeccable. De fait, seule sa distribution sauve le film de l'ennui sinon de l'oubli. Si Anthony Perkins, dont c'est le premier rôle au cinéma, prouve déjà que les personnages de jeune homme sain et inoffensif ne lui conviennent pas, Jean Simmons se veut piquante à souhait en fille de la campagne désireuse de devenir actrice face à un père bourru, parfaitement campé par Spencer Tracy, épais et écrasant mais pourtant capable de faire rire, témoin l'hilarante séquence de gymnastique où il perd plusieurs fois son pantalon ! Gageons que cette oeuvre, bien tenue quoique mineure dans la carrière de Cukor (il va sans dire que Madame porte la culotte et mademoiselle gagne tout, écrits aussi par Ruth Gordon, sont d'un autre niveau), lui doit beaucoup.
Chez RareFilm
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