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KröniK | Windir - Valfar, Ein Windir (2004)


Le groupe est toujours resté fidèle à ce black à la fois furieux, grandiose et mélodique, mais qui sait aussi ouvrir de longues plages atmosphériques.

Afin de clore l’histoire de Windir, suite au décès de son leader Valfar, mort d’hypothermie en 2004, le label Tabu Records publie aujourd’hui en guise d’hommage cet album hybride, lequel, rempli jusqu’à la gueule, propose sur deux disques plus de vingtaine de titres. L’intérêt pour les fans réside dans le premier volet, qui comprend en premier lieu quatre chansons inédites de haute volée, dont “ Stridsmann ”, l’ultime création de Valfar et l’entêtant “ Dans Pa Stemmehaugen ”, extrait de la première démo et dépoussiérée en 2004. Suivent cinq reprises du répertoire de Windir par d’autres groupes (Enslaved, Finntroll…).

Enfin, ce segment s’achève par deux titres live, capturés à Trondheim en 2003, dont le monumental “ Blodssvik ”, qui gagne encore en puissance sur scène. Le second disque est un best of et s’adresse donc essentiellement aux néophytes qui n’ont découvert Windir que récemment. Se succédant de manière chronologique, les douze titres retenus illustrent ainsi l’évolution du viking metal forgé par le groupe depuis Sognariket (1994) jusqu’à Likferd (2003). Drapés dans une production dépouillée et cradingue, conférant aux guitares ce son grésillant propre au black norvégien, les premiers morceaux possèdent beaucoup de charme et regorgent déjà d’idées, à l’image de l’épique “ Krigaren Si Gravferd ”. Le groupe est toujours resté fidèle à ce black à la fois furieux, grandiose et mélodique, mais qui sait aussi ouvrir de longues plages atmosphériques ; le tout guidé par des riffs envoûtants et des chœurs majestueux. Les meilleures chansons sont probablement tirées de Arntor (“ Arntor, Ein Windir ”) et de Likferd (“ Fagning ”). Les membres de Windir poursuivent aujourd’hui l’aventure avec une autre formation, Vreid, qui mise davantage sur l’efficacité que sur les ambiances, ce qui est bien dommage, mais qui leur permet de prendre leur distance par rapport à un passé douloureux. (2006)


KröniK | Windir - Likferd (2003)


Les qualités de cet album laissaient augurer encore de grandes choses de la part de Windir, mais le destin en a décidé autrement.

Du temps de son vivant, Windir n’était adulé que par une poignée de fans. Depuis la mort prématuré de son chanteur et leader, Valfar, le groupe jouit d’une sorte de culte et passe pour avoir été un des ténors de la scène viking norvégienne. On peut gloser longtemps sur l’importance des drames dans la reconnaissance d’un artiste, mais il faut bien admettre qu’il s’agissait effectivement d’un groupe prometteur, à défaut d’être réellement novateur, comme le démontre son quatrième et dernier album, Likeferd.

Sans avoir l’ampleur de celle d’Enslaved, ni son exceptionnelle réussite, la musique façonnée par Windir reste fidèle au canons du genre, mêlant avec brio la brutalité la plus échevelée (le furieux “ Resurrection Of The Wild ”) et la mélodie, sans négliger non plus les atmosphères. Le génial “ Blodssvik ” peut résumer à lui tout seul l’art de Valfar et de sa bande pour pondre des hymnes vikings grandioses et épiques qui sentent bon le drakkar, l’hydromel et les fjords éternels. Le morceau alterne parties déchaînées avec une batterie qui va à 200 à l’heure et passages atmosphériques planants, avant de s’achever sur des chœurs majestueux qui semblent tout droit sortis d’Hammerheart de Bathory (le référence ultime dans le genre). Chaque instrument a un rôle bien défini : les claviers plantent le décor, tandis que les guitares conduisent les chansons en tissant des mélodies entêtantes, à l’instar du monumental “ Fagning ”, véritable morceau de bravoure de ce Likferd qui pourtant n’en manque pas (“ Martyrium ”, “ Despot ”). Les qualités de cet album laissaient augurer encore de grandes choses de la part de Windir ; mais le destin en a décidé autrement. (06/04/06)